Ai-je rêvé ?

  • cette moiteur tropicale épuisante
    – mes retrouvailles avec Carmen 9 mois après son départ de BA, la sensation qu’on s’était quitté la veille
    – son appartement dans son quartier favelesque
    – les fourmis qui sortaient de nulle part dès qu’on faisait tomber un morceau de mangue sur le sol de sa cuisine
    – les fenêtres ouvertes la nuit pour respirer, qui nous laissaient entendre la vie nocturne de son quartier qui ne dort jamais, la musique non-stop, les conversations, les rares voitures, le coq des voisins, ce coq putain que j’avais envie d’égorger (ça me rappelle celui de la voisine maman)
    – cet après-midi inoubliable sur la terrasse du toit de son immeuble
    – notre amitié au sein de cette communauté italo/franco/israelo/brésilienne, la preuve vivante que tout est possible dans ce monde
    – nos conversations en anglais et en espagnol suivant les interlocuteurs pour se comprendre tous, alors que ce n’était la langue d’aucun d’entre nous, parce que personne ne parlait la langue de personne. Nos fous rires et nos traductions simultanées qui nous épuisaient en fin de soirée
    – notre chef israëlien maître de la cuisine chinoise, Carmen aux commandes pour les pâtes et moi pour les crêpes (j’avais amené ma poële, sic)
    – Itay nous corrigeant à tous notre accent en anglais, l’hijo de puta.
    – Carmen bilingue demandant « a pilow to not vomiting on the boat »
    – nos adieux et les pleurs sur la plage
    – toutes ces chansons dans cette langue que je ne comprenais pas, envoutantes, que je n’entends pas ici, que je n’entendrai plus, à moins que Carmen me fasse le CD qu’elle m’a promis mais j’ai comme un doute…
    – ces défilés de danseurs, de musiciens, de percussionnistes, ces explosions de sons, de couleurs, d’allégresse, de danse, de démesure, cette foule interminable
    – ces stars locales chantant leurs tubes depuis des estrades sur des camions géants avec maxi sono, maxi éclairages, avec équipes TV et fans sautant partout à leurs côtés
    – cette organisation étonnamment parfaite pour un événement de cette ampleur, digne d’un festival de Cannes mais puissance 10 000
    – ces cortèges qui suivent chaque camion/char
    – ces plats délicieux aux saveurs et noms inconnus
    – ces couleurs vives, partout, les vêtements, les fruits, les panneaux publicitaires, les bijoux des femmes, même leur ombre à paupière. Le beige, le bleu marine et le noir n’existent pas dans ce pays.
    – ces nombreux fruits dont j’ignorais l’existence, sous forme de jus, de cocktails sucrés dangereux qui te saoûlent sans que tu t’en aperçoives
    – ces rues pavées, ces maisons et bâtiments chargées d’histoire coloniale
    – les couleurs de peau qu’on ne voit pas en Argentine, toutes les variantes de bronzé, doré, café au lait, métis, blancs et noirs, témoins de l’histoire, de l’esclavage et parfois des yeux clairs qui jaillissent par surprise
    – ces corps de femmes incroyables, ces silhouettes parfaites à faire changer une blanche de trottoir pour ne pas souffrir de la comparaison
    – la musique omniprésente
    – la musique en continu
    – les favelas à perte de vue qui entourent la ville
    – l’eau de cette île encore plus chaude que celle du Mexique (perdon Mexico lindo mais j’ai trouvé plus chaud que toi)
    – ces corps de mâles soigneusement musclés toute l’année durant, aux torses imberbes méticuleusement épilés, des neurones qui ont passé plus de temps à transpirer sur des vélos d’appartement que dans des bibliothèques c’est certain
    – cet affichage de fric vraiment too much, cette exubérance féminine lors de mon escale à Sao Paolo, une concentration maximale de sacs et valises Vuitton au mètre carré, ces mains et pieds manucurées/pédicurés, ces lunettes de soleil sur le nez à 23h dans un aéroport, ces talons hyper-hauts, ces chaussures encore jamais vues, ces cheveux longs impeccables, ces archétypes vivants et clichés bien réels de la latina cheta (arg) / fresa (mex) / pija (esp) / posh (uk) / qui a du pèse et qui veux que ça se sache (fr), qui me faisait sentir une clocharde mochilera à côté d’elles. J’avais pas été prévenue qu’il fallait prendre l’avion sapée comme à un bal des débutantes.
    – ces Brésiliens de New York rencontrés à l’aéroport, qui rentrent au pays une fois par an, précisément à ce moment de l’année, parce qu’ils ne rateraient cet événement pour rien au monde…

    C’était le carnaval de Salvador de Bahia et je ne m’en suis pas encore remise.
    Le prochain sera ailleurs, là-bas si les orishas le veulent bien…

Le tube de l’été au Brésil, Rebolation

A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

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