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A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

La Villa 31, un des plus grands quartiers de bidonvilles de Buenos Aires

Un moment étrange la semaine dernière, dans le train de la ligne San Martin entre la station de Retiro et celle de Palermo, en plein centre de Buenos Aires. J’allais filmer le chanteur de folklore puis j’ai été happée par la vision des bidonvilles de la Villa 31 qui défilait sous mes yeux.

Le contraste entre la bande sonore et les images m’a troublée. Fruit du hasard, si j’avais été assise de l’autre côté du train, j’aurais filmé les beaux immeubles de Recoleta.

L’Argentine et ses extrêmes…

Pour en savoir plus sur le quartier de la Villa 31
en espagnol : http://es.wikipedia.org/wiki/Villa_31
http://es.wikipedia.org/wiki/Carlos_Mugica

en français : http://www.liberation.fr/monde/2014/08/31/buenos-aires-villas-au-bord-de-l-amer_1090853

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De l’importance du feu pour un Argentin (et d’être autorisé à en faire en pays étranger)

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Mon ami argentin Roberto vit en France à Toulouse depuis une dizaine d’années. La faute à un voyage organisé avec ses amis de Buenos Aires pour aller voir la Coupe du Monde 98 en France. La faute à une française rencontrée à Toulouse. La faute à l’amour, le voilà depuis Toulousain et papa.

Il est plutôt heureux en France mais par moment il a le spleen. Il me raconte qu’il y a des choses qui ne passent pas. Notre esprit parfois trop étriqué, le trop de cases, d’étiquettes, de règles, de routes à suivre déjà toutes tracées. Parfois il voudrait juste suivre sa propre voie, aller dans la même direction que les autres mais emprunter un sentier parallèle. Malheureusement ce n’est pas trop possible.

Une chose toute simple qui le rend heureux, c’est faire un feu sur sa terrasse. Pas mettre le feu, non, faire un feu, nuance, avec ou sans viande par-dessus d’ailleurs. Son bonheur tient à peu de choses finalement : quelques planches, des branches mortes, des cageots et éventuellement des feuilles de papier journal pour que ça prenne plus vite.

En Argentine le feu remplit différentes fonctions:

  • faire un asado et donc faire griller la viande de bœuf. C’est l’usage le plus connu. Capital pour un argentin un dimanche pour déjeuner, en Argentine et où qu’il soit dans le monde.
  • se réchauffer à l’extérieur par temps de froid. Idéal, romantique, efficace, authentique. Le feu peut se faire bien sûr aussi à l’intérieur d’une maison dans une cheminée mais en Argentine j’en ai surtout vu à l’extérieur
  • parfumer. L’uruguayen qui fait battre mon cœur (et partage comme tous ses compatriotes beaucoup de coutumes argentines) laisse parfois ses habits près du feu pour qu’ils en prennent l’odeur. Sic.
  • crâner. Le même, à la fin de l’asado, aime également mettre la graisse de la viande sur les flammes -> la fumée et l’odeur de grillade deviennent alors encore plus fortes -> on s’assure ainsi que les voisins ont bien compris qu’il y avait un asado chez nous -> fierté de l’asador
    NB : ASADOR : terme qui désigne celui qui fait l’asado. Peut être une féminin, ma copine aux nouvaux seins est d’ailleurs une asador de puta madre mais c’est plus rare. On a l’habitude d’applaudir l’asador en début ou fin de repas en guise de remerciement « un aplauso para el asador »)
  • le plaisir

Le feu pour le PLAISIR

Ce dernier usage, si vous n’avez pas eu la chance comme moi d’être Scout (Eclaireuses de France pour être précise ie scoutisme laïc), peut sembler étrange, voire inutile, mais je vais tenter de vous expliquer le concept. Faire un feu est synonyme de fête, c’est le compagnon idéal pour célébrer le moment présent, communier avec la nature. Le feu apaise ceux qui le regardent, il les écoute, leur répond et les console avec le spectacle de ses flammes. Il se suffit à lui-même et ne nécessite pas de bande-sonore autre que des voix ou un grattement de guitare. Moi je l’aime silencieux, en fin de soirée, en petit comité.

Parfois le feu remplit plusieurs fonctions à la fois. On entretiendra les braises de l’asado pour se réchauffer après manger. Ou le feu nous réchauffe d’abord avant de devenir ensuite l’élément central de la fiesta. Je me souviens d’un nouvel an en Patagonie à Villa La Angostura près de Bariloche. Nous avions une magnifique maison pour rester au chaud mais durant toute la soirée, les conversations, les rires et les danses se sont finalement déroulés autour du feu, en manteau.

Ma théorie du feu 

J’ai souvent observé mes compagnons de feu argentins avec attendrissement. De tous les feux auxquels j’ai assistés, j’en ai déduit une théorie. L’argentin, surtout celui de province qui n’a pas grandi en appartement, entretient avec la nature un rapport différent de celui que nous avons en France. L’argentin vit dans un pays grand comme 5 fois le notre mais avec moitié-moins de population. Il a l’habitude des grands espaces, des no man’s land, des forêts, des lacs, des champs, des plaines, des collines et des montagnes A PERTE DE VUE. La nature est omniprésente, moins domptée, moins clôturée. Au cours de sa vie, l’argentin traverse les grands espaces de son pays durant des dizaines d’heures en bus ou en voiture.  Il ressent une sensation de vide, de liberté totale, loin de toute organisation, civilisation, ordre établi ou panneau d’interdiction. Quoi de mieux pour faire un feu ? De l’espace, de la liberté, de la convivialité… un cocktail difficilement imaginable pour nous, pauvre hexagonaux que nous sommes.

Le feu pour l’ASADO

En Argentine, le feu de l’asado est tout terrain. Dans la traditionnelle parilla (barbecue construit en dur) au fond du jardin, de la cour ou sur les toits des immeubles. Ou bien dans une parilla mobile (portative), ou bien dans un lieu improvisé, comme la rue (j’ai vu maintes dois des asados préparés sur les trottoirs à Buenos Aires), ou bien sur  un lopin de terre dans un jardin.

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Parilla dans la rue
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Parilla personnelle avec des braises en dessous dans un restaurant, pour que la viande reste chaude
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Taille astronomique d’un bife de chorizo

On notera également la créativité extrême de l’Argentin pour fabriquer une parilla en moins de deux : 2 briques, une grille récupérée d’un vieux four, et l’affaire est dans le sac. Toute fascination féminine face à la dextérité du mâle allumant un feu est évidemment hors contexte ici, mais elle est toutefois indéniable, j’en conviens.

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Mon copain Alejandro utilisant un sèche-cheveux pour raviver le feu de l’asado, dans la parilla de son immeuble. Toujours créatifs les Argentins…

L’asado se fait avec des braises un point c’est tout. Il va sans dire que l’Argentin n’utilisera pas de barbecue électrique, sinon sous la torture, car c’est contraire à sa religion. Ne parlons même pas d’essence, ça c’est pour nous, sauvages européens. Non, l’argentin sait faire un feu dans les règles de l’art, c’est comme ça.

L’asado se fait dans les restaurants qui servent de la viande, les parillas (qui ont le même nom des barbecue construits en dur, pour ceux qui suivent). Midi et soir. Chez soi, midi (version famille le week-end) et soir (version festif entre amis n’importe quel jour de la la semaine). D’où cette odeur de braises permanente et unique, si caractéristique de Buenos Aires et dont je parle dans ce billet : Les bruits et les odeurs de Buenos Aires

L’argentin qui se respecte aura l’impérieuse nécessité de faire brûler un feu une fois par semaine. Chose on ne peut plus banale en Argentine comme on l’a vu, mais très difficile en France pour qui n’a pas de jardin. Roberto, du coup, avec son appart en rez-de-jardin dans sa copropriété proprette toulousaine, ben il est dans la mouïse. A chaque asado qu’il improvise sur sa terrasse avec sa parilla faite maison, un voisin grognon se plaint. Il laisse des mots de réprimande qu’il affiche dans les espaces communs de l’immeuble. Parce que vous comprenez, c’est INTERDIT, et l’odeur de la fumée le dérange.

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Récemment le voisin s’est vraiment fâché et a même commencé à faire du porte à porte pour monter les autres voisins contre Roberto. Evidemment, si un quidam faisait un barbecue dans son jardin de l’autre côté de la rue, le voisin devrait la boucler car la fumée et les odeurs de grillade n’ont pas de frontière, pas plus que la bêtise humaine. Mais Roberto, lui, a la malchance de faire son feu dans le mauvais pays, du mauvais côté de la rue, là où il  interdit de se faire plaisir.

Pour démontrer sa buena onda et tenter se convertir ses voisin en Argentins, Roberto a écrit ce message. L’#ArgentinAttitude ne pourrait pas mieux se résumer, non ?

ps : Promis, je ne manquerai pas de vous tenir au courant de la suite des événements dans la copropriété de Roberto.

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Comment Blablacar a changé ma façon de voyager

@http://roomseventeenstyle.blogspot.fr
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Je ne pensais pas un jour écrire un billet sur une marque autre que Nutella, mon seul amour. Comme quoi tout arrive. Aujourd’hui je souhaitais vous parler d’un service que j’utilise intensivement depuis ces quelques mois passés en France: le covoiturage. Il n’existe pas que Blablacar. Il y a aussi covoiturage-libre.fr sans aucune commission, d’où son nom, laroueverte.com sur le même principe, karzoo.fr, covoiturage-dynamique.eu. Même la SNCF a le sien, que je ne citerai pas, parce si je fais du covoiturage en tant que passagère pour chacun de mes déplacements, c’est aussi parce que je refuse de donner un seul centime à une entreprise qui me facture 15 euros un trajet de 80 km assuré en 1h20 (ie Auch-Toulouse).

C’est aussi par économie donc, mais pas que. A bien y réfléchir je ne vois pas de meilleure opportunité de rencontrer des personnes d’horizons divers et variés, de tous âges, de toutes professions, et d’avoir une conversation spontanée qui peut durer de quelques minutes à plusieurs heures. Cela me rappelle  un peu mes chers taxis de Buenos Aires, ces moments de bavardages et de confidences que j’affectionne tant. Je retrouve ce plaisir de parler avec un(e) inconnu(e), un peu par politesse au début, pour rompre le silence pour rendre le voyage plus agréable, puis finalement par plaisir. La voiture et son espace confiné a ceci de bon qu’elle nous oblige à sociabiliser, exercice que nous ne pratiquons pas souvent finalement. Quelle est la dernière fois que vous avez parlé 30 minutes avec un/e inconnu/e ?

Mon premier covoiturage il y a 6 ans de cela m’avait amenée à rencontrer un étudiant d’histoire marseillais, ex marin et futur ami. Dernièrement j’ai connu d’autres belles surprises, des rencontres pleines d’humanité. Des chanteuses australiennes en tournée en Europe et qui ont chanté quelques morceaux sur une aire d’autoroute. François, chef d’entreprise, qui a bravé la tornade qui s’est abattue mardi soir sur Montpellier et a finalement réussi à me déposer à domicile. Sinon il envisageait de nous offrir, à ma co-passagère malgache et moi, le toit et couvert chez sa cousine qui habitait à proximité. Hier soir, Corinne, une retraitée hyper-active, m’a conduite jusqu’à chez moi après m’avoir raconté les histoires d’amour de ses enfants et à quel point elle se sentait gâtée par la vie après que son fils handicapé lui ait donné un petit-fils. Ce matin, se souvenant que je n’étais pas parvenue à joindre ma mère durant notre trajet et que cela m’avait paru étrange, elle m’a envoyé un message me demandant si tout allait bien.Sic. Je me souviens aussi d’un trajet Nice-Florence avec Maurizio, un italien qui s’est arrêté en chemin et nous a fait découvrir, ma co-passagère cubaine et moi, une spécialité culinaire de San Remo. Razvan, un musicien roumain de l’orchestre de Malaga, m’a raconté sa vie de musicien itinérant du fin fond de l’Andalousie jusqu’à Madrid. J’ai promis à Sophie de Toulouse de la revoir pour prendre un verre et lui parler de l’Argentine, et à Cyril de lui faire signe si je passais à Barcelone.

Rencontres éphémères, conversations passagères, distances que l’on ne voit pas défiler… Blablacar embellit ma manière de voyager et ces quelques lignes sont pour remercier ces conducteurs de m’avoir transportée, au sens littéral et figuré !

Suis-je vraiment une blogueuse de voyages ? Ou comment j’ai quand même participé au 1er salon de blogueurs francophones du voyage à Cannes

Les blogueurs participants au 1er salon des blogueurs de voyage à Cannes - 18/19 septembre 2014
Les blogueurs participants au 1er salon des blogueurs de voyage à Cannes – 18/19 septembre 2014

Tout a commencé il y a quelques mois, en surfant sur la toile. Je lus que Xavier Berthier, blogueur de 4 coins du monde, organisait pour la première fois en France un salon des blogueurs de voyage au Palais des Festivals de Cannes les 18 et 19 septembre 2014. Mot d’ordre sur Twitter #WeAreTravel14.

J’avais justement participé l’année dernière à un événement similaire à Buenos Aires, organisé par la Red ViajAr, un équivalent argentin du Collectif des blogueurs de voyage (sic les Argentins nous ont devancé). J’ai donc d’abord été hyper emballée par l’idée, puisque par chance je me trouvais en France à ces dates. Puis, en y réfléchissant bien, je me suis demandé si finalement cela me concernait. J’avais fait un tour sur les blogs participants, puis sur le mien et quelque chose clochait. Je recherchais la trace d’un billet qui traite d’une visite, d’une balade, d’une recommandation ou d’un quelconque conseil de voyage sur l’une des 23 provinces que compte l’Argentine. Sur un pays grand comme presque 5 fois la France, il y avait de quoi raconter quand même. Ô rage ô désespoir, je n’ai trouvé rien de tout cela. Nada.
NB: J’ai quand même une petite explication à cela. Le fait d’avoir été conseillère voyages Argentine/Chili/Bolivie ces 4 dernières années, d’avoir organisé tous les jours des parcours dans ces 3 pays et d’en parler toute la journée à mes passagers fait qu’évidemment, le soir venu, j’étais moyen motivée pour continuer sur mon blog.

Mais alors de quoi puis-je donc bien parler, depuis bientôt 6 ans que ce blog existe ? Si ce n’est pas de tourisme ? D’expériences messieurs dames, d’histoires, d’anecdotes et de rencontres. De ces surprises de la vie qui me font vibrer à Buenos Aires et me donnent le sentiment d’être en voyage perpétuel. J’écris sur les argentins et leur ArgentinAttitude, les taxis porteños, les (difficiles) rapports homme-femme sous cette latitude, la chirurgie esthétique (de mes copines), le foot en période de Coupe du Monde, le vélo version Masa Critica, les expressions foutage de gueule qui me font marrer, la fête de Noël, la vie nocturne trépidante, les jacarandas en fleur et que sais-je encore.  Et beaucoup aussi sur l’expatriation, bien sûr.

Destino Buenos Aires est-il alors un blog de voyages ? A vous de me le dire ! Mes lignes vous font-elles voyager ? Ou sont-elles surtout informatives sur la culture argentine ? Vous motivent-elles pour venir en vacances en Argentine ou en Amérique du sud ? Je serais très curieuse d’avoir vos avis, queridos lectores. Adeline de www.voyagesetc.fr nous parlait justement pendant le salon de l’importance  pour un blog de voyage d’avoir une « niche », de maintenir un angle, un parti-pris. Le mien fut dès le premier jour de relever ce qui me semble étrange, amusant, émouvant dans ma vie quotidienne à Buenos Aires. Rien de plus. J’ai commencé à écrire pour mes proches et leur faire partager ma passion de l’Argentine. Qu’ils ne me prennent pas/plus pour la grande folle trentenaire qui a lâché un CDI pour tenter l’aventure. Je n’ai jamais songé à donner mes bons plans, mes quartiers préférés, mes adresses de parillas ou de glaciers. Le devrais-je ? J’ai pensé jusqu’alors que l’intérêt de mon blog était d’être une petite souris de l’intérieur et que pour tout le reste on a le Lonely Planet.

Je crois qu’il existe autant de blogs de voyages que de façon de voyager. Et heureusement ! Le voyage tel que je l’aime implique 3 points :
– parler la langue du pays visité, ou moins des rudiments, mais idéalement, parler la langue, j’y tiens
– rester assez longtemps dans une capitale pour s’y faire des amis/connaissances. 2 mois me paraissent une minimum, comme j’en discutais avec Corinne de www.vie-nomade.com
– avoir un simili de « chez soi », un trousseau de clés d’une maison, d’une chambre, d’un logement, qui ne soit pas forcément un hôtel, manière de se sentir un « local ».

Ceci est l’apologie du slow travel me direz-vous. C’est bien de cela dont il s’agit en effet. C’est celui que j’ai moi-même expérimenté. Au cours de ces 15 dernières années, j’ai posé mes valises dans 4 capitales étrangères et suis restée de plusieurs mois à plusieurs années: Dublin, Mexico, Londres et Buenos Aires. Je suis fière d’avoir eu dans chacun de ces pays ma carte de sécurité sociale, mon visa de travail lorsque c’était nécessaire, un compte en banque, un job, un salaire local, des collègues, des amis. Alors oui, c’est en évoquant ces destinations que je peux être intarissable, parce que je les ai connues de l’intérieur, que je m’y suis sentie chez moi un moment dans ma vie. Je ressens donc à la fois une folle inspiration et une légitimité à en parler.

Du coup, j’aime lire les blogs d’autres expatriés ou ceux de voyageurs au long cours.  Quand Aline de www.nowmadnow.com écrit autant de billets sur la Bolivie, je devine qu’elle n’y est pas restée que 3 semaines (ce qui est mon cas, bouuuu) mais bien plusieurs mois. Donc je sais qu’en la lisant je vais Voyager avec un V majuscule, que j’apprendrai sur ce territoire et lirai des histoires que je n’ai pas eu le temps de vivre.

Mes autres « voyages » dans une vingtaine de pays, ceux d’une, deux ou trois semaines, m’ont davantage laissé un arrière-goût de vacances interrompues, jamais assez longues, un peu comme des survols, enrichissants, passionnants, dépaysants, certes, mais trop courts pour suffisamment m’inspirer (mais ça c’était avant le salon).

C’est chargée de tous ces a priori sur les blogs de voyage que je me suis inscrite à ce salon. J’ai pensé que rien de tel que de sauter dans la piscine pour dépoussiérer tout ça et repartir sur de nouvelles idées. Et je n’ai pas regretté.

Pour les rencontres avec les autres blogueurs qui partagent avec moi le goût des mots loin devant celui de la SEO. C’est quand même rigolo que la première personne avec qui j’ai discuté ait été le seul latino des 50 blogueurs participants, le colombien Jerson du célèbre blog Blogtrip. J’ai connu celles qui ont eu l’idée géniale d’aller au concert de U2 en voyageant en stop jusqu’à Moscou ou encore d’avoir voyagé au Brésil pour assister aux matches de la Coupe du Monde, le tout gratuitement bien sûr, sinon c’est pas drôle. J’ai nommé Emilys de travelandfilm.com et Sarah de leblogdesarah.com. Des nanas rock’n’roll très inspirantes.

Bxza1_MIEAAM1aP                @travel me happy - Blogtrip Cannes Cinéma

Pour la visite guidée de Cannes dont je parlerai dans un autre billet très bientôt, et des nouvelles idées qui ont germé

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Pour les rencontres avec certaines marques et opérateurs de tourisme. Après avoir travaillé dans une ancienne vie pour des offices de tourisme  (Tourism Australia, Atout France, OT de Toulouse), je me suis sentie cette fois-ci de l’autre côté de la barrière,  comme un petit bureau de promotion à moi toute seule, mais cette fois-ci sur l’Argentine, à expliquer le pourquoi ce pays, ce que j’aime là-bas etc. Le temps dira si ma promo aura porté ses fruits !

Pour tous ces instants, MUCHAS GRACIAS Xavier, nos vemos en 2015 #WeAreTravel15

P1070663   @Fanny Dumond - sur le balcon de mon hôtel Belle Plage Brougham à Cannes

Le déclic, ou le jour où j’ai décidé de vivre en Argentine

 

 

Parfois il suffit de peu de choses, un déclic, un signe que l’on interprète dans le sens qui nous arrange, un destin qui nous semble tracé mais que nous dessinons nous-mêmes, finalement. Ce jour-là, le 15 août 2008, il y aura bientôt 6 ans de cela, j’ai vu une invitation, un appel, un panneau qui me disait « bienvenida ».  Je finissais mes courtes vacances de 2 petites semaines à Buenos Aires. C’était mon deuxième séjour en Argentine, et je me sentais en réalité « toute chose ». La première semaine avait été intense en retrouvailles et sorties nocturnes. La deuxième avait été plutôt mélancolique, anxieuse, avec des idées saugrenues qui m’assaillaient l’esprit, des questions bizarres du style « Et si je revenais à Buenos Aires pour de bon ? Cap ou pas cap ? ». Je m’apprêtais à retrouver à contre-coeur ma vie française, mes collègues, mon appartement, ma vie toulousaine un peu trop rose fané à mon goût. 30 ans c’était finalement bien jeune pour se résigner, non ?

Ce matin-là, le jour même de mon départ et à quelques heures de mon vol retour vers la France, je décidai de visiter l‘hôtel des immigrants, un bâtiment historique de 4 étages qui accueillit des milliers et des milliers de candidats à l’immigration de 1911 à 1953 (plus de 500 000, je cherche encore le chiffre exact). J’avais entendu parler de ce lieu et son histoire me semblait fascinante, comme celle d’Ellis Island à New York. Ce bâtiment étant reconverti en musée, je partis en cette journée d’hiver fraîche mais ensoleillée en direction du quartier de Retiro, toute curieuse de le découvrir. Sans le connaître encore, je devinais que je me rendais dans un lieu unique. J’avais la sensation de faire un pélerinage dans la maternité d’un pays, la salle d’accouchement d’un peuple dont les générations se comptent encore sur les doigts d’une seule main, chez une nounou qui aurait nourri tous ces aventuriers débarqués de paquebots avec la faim au ventre et des rêves de meilleure vie dans le coeur.

Argentine une terre à peupler, un Eldorado à conquérir pour ces hommes et ces femmes du vieux monde. A leur arrivée au port, une équipe de douaniers montait directement à bord des bateaux et vérifiait l’identité de chacun avant d’autoriser le débarquement. Un contrôle sanitaire se faisait également à bord. Après un contrôle des bagages les immigrants étaient dirigés vers les bureaux de travail destinés à faciliter leur recherche d’emploi et leur transfert sur le lieu de travail (Buenos Aires, province etc). On enseignait aux hommes l’usage de machines agricoles, les tâches domestiques aux femmes. Des interprètes étaient présents. On délivrait des papiers d’identité provisoires. Banco Nacion faisait des opérations de change. Un hôpital était également prévu pour soigner les éventuelles maladies dûes à la mauvaise alimentation et aux pénuries durant le voyage. Entre 1880 et 1930, l’immigration vers l’Argentine fut inférieure à celle en partance pour les Etats-Unis, mais en proportion par rapport à la population locale existante, de toute les Amériques c’est l’Argentine qui reçut la plus forte vague d’arrivée d’étrangers. Au recensement de 1914, soit il y a exactement un siècle, un tiers de la population de Buenos Aires était composésd’hommes et de femmes venus d’ailleurs. A 70 % d’Espagne et d’Italie, les 30 % restants de France (en 3ème position), Pologne, Russie, Arménie, Syrie etc.

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L’hotel de los Inmigrantes, lui, comptait un immense réfectoire et des cuisines au rez-de-chaussée. Dans les étages des dortoirs étaient répartis par sexe, femmes et enfants au 1° etage, époux au 2°, hommes célibataires au 3°. Trois mille personnes pouvaient y être logées simultanément, hommes femmes et enfants. Petit déjeuner, déjeuner, goûter pour les enfants et dîner, toute une organisation était rodée pour offrir tous les repas à différents horaires par groupe de 1.000 personnes. Chaque nouvel arrivant avait le droit de rester 5 jours, gratuitement, et davantage s’il n’avait pas trouvé d’emploi. La majorité restait environ 2 semaines. L’histoire prouve que l’Argentine ne tint pas toute ses promesses car au fil des années la moitié des migrants revinrent finalement sur leur terre d’origine. Mais un siècle plus tard, combien de migrants, de Lampedusa, de Tijuana et d’ailleurs, rêveraient de pouvoir tenter leur chance dans de telles conditions ? Quel autre endroit au monde, avec Ellis Island aux Etats-Unis, a pu concentrer autant d’origines géographiques, de destins, d’espoir, de peur, de fatigue, de soulagement, de tristesse pour la terre et les familles laissées au pays, de courage, de rage de vaincre, d’esprit d’aventure ? Quelles pensées devaient s’échapper de ces dortoirs le soir venu, une fois la lumière éteinte ? Personnellement, tous les migrants de tous les temps me fascinent, leur histoire, leur déclic du départ, leur prise de risque, leur nouvelle vie, leurs joies et leurs désillusions.

Je rentrai donc dans le musée, enfin, je le croyais, mais la première salle que j’ai entrouverte était en réalité le bureau de Migraciones. Migraciones, salle où je me rendrai tant de fois pour mon visa de travail durant les années suivantes et mot que je prononcerai mille fois par la suite, souvent en soupirant. Mais cela je l’ignorais encore. J’ai jeté un oeil, curieuse, sur ces candidats qui avaient choisi d’émigrer dans un pays au drapeau bleu et blanc et un soleil souriant en son milieu. Avec le recul, j’aurais dû deviner que ça me ferait tomber dans le panneau, le coup du soleil souriant… J’ai finalement passé un porche, traversé une grande cour, pour finalement accéder à l’hôtel.

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La salle du rez-de-chaussée,
l’ancien réfectoire, était visiblement occupée par une réunion. J’aperçus un panneau qui mentionnait le nom de diverses associations italiennes de Buenos Aires. Cela semblait être une sorte de congrès, des chaises étaient installées, un video-projecteur, j’ai eu l’impression de déranger et je me suis vite engouffrée dans l’unique salle du musée. J’attendais mille et une merveilles, des objets d’époque exposés, une visite des étages… Que nenni. J’ai seulement pu voir  quelques reliques et surtout des photos d’époques et des panneaux qui relataient des histoires de plusieurs familles d’immigrants. J’ai passé environ une heure dans cette salle de musée déserte, temps amplement suffisant ( je crois que le musée est maintenant bien mieux présenté mais il faudra que j’aille vérifier cela par moi-même). Puis je repris le chemin de la sortie, bizarrement attirée par une bonne odeur qui chatouillait mes narines.

Photo d'époque, copyright Direccion National de Migraciones
Photo d’époque, copyright Direccion National de Migraciones

Je ne rêvais pas, le temps de ma visite, l’ancien réfectoire s’était littéralement reconverti en réfectoire. Les personnes qui assistaient à la réunion étaient en train de faire une file vers une large table où des cuisinières servaient des plats chauds. Un vrai service de restauration à leur disposition… et du coup à la mienne par la même occasion ! Ceux qui me connaissent savent que je ne refuse jamais un bon plat. C’est donc tout naturellement que j’ai rejoint la file et fait mine d’assister moi aussi d’appartenir à ces associations italiennes. Ni vue ni connue, j’ai remercié les cuisinières et je me suis assise sur un long banc, un peu à l’écart, pour déguster tranquillement ce déjeuner cadeau surprise. Puis j’ai levé les yeux, et j’ai vu cela, cette image qui occupait tout le mur latéral du réfectoire, cette photo prise à l’époque lorsque l’hôtel de los Inmigrantes servait à manger à des milliers d’hommes et de femmes venus commencer une nouvelle vie en Argentine.

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Je regardai de nouveau mon assiette, puis la photo, et je me suis vue, moi la Française pourrie gâtée du 21ème siècle, aucunement comparable avec ces vrais aventuriers, mais aspirante elle aussi à une nouvelle vie. Je me retrouvais fortuitement et gracieusement nourrie par l’Argentine, dans cette salle chargée d’histoire, avec un bon plat chaud au milieu de l’hiver porteño, face à la photo des premiers immigrants attablés dans ce même réfectoire. Et le déclic s’est produit. L’Argentine ce jour-là m’envoya un grand BIENVENIDA. Le soir je partis à l’aéroport, soulagée, le sourire aux lèvres, ma décision prise, et je me fendis d’un « hasta pronto » au douanier qui m’apposa un tampon Argentina sur mon passeport. Des tampons comme celui-là,  il y en aurait beaucoup encore, et cela je le savais déjà.

PS 1 – Depuis 6 ans, cette histoire, je l’ai racontée à plusieurs de mes amis porteños, et je ne comprends pas qu’ils ne connaissent pas l’existence de ce bâtiment, ou qu’ils en aient à peine entendu parler. Pourtant certains de leur grands-parents ou arrière grands-parents sont peut être passés par là et ils l’ignorent, comble de l’histoire.
PS 2 – A l’Hôtel de los Inmigrantes un bureau est à disposition de ceux qui recherchent la trace de l’arrivée de leurs ancêtres à Buenos Aires. Et ça marche ! Avec l’année de naissance, un nom et un prénom, à partir d’une certaine date toutes les personnes ayant désembarqué ont été répertoriées et on peut même se faire imprimer une copie de l’acte d’arrivée de son ancêtre.
PS 3 – Pour la petite histoire, lors de mon dernier passage à Migraciones en mars 2014, j’ai constaté que l’ex-réfectoire a été reconverti en de nouveaux bureaux de Migraciones. Et maintenant cette salle accueille les migrants latinos, asiatiques et africains. L’histoire est un éternel recommencement !
PS 4 – A l’heure où l’Argentine est soi-disant en « default »,  je tiens à souligner la qualité que j’admire le plus chez elle, c’est à dire sa politique migratoire, ouverte et généreuse comme il en existe peu dans le monde. L’Argentine aurait bien des leçons à donner en la matière à ceux qui lui en donnent en finances. Pour preuve ce panneau qui trône au-dessus du bâtiment de Migraciones. J’ai pris cette photo le jour où j’ai obtenu ma résidence permanente.
« Pour tous les hommes du monde qui veulent habiter le sol argentin » extrait du préambule de la constitution argentine
Nos, los Representantes del pueblo de la Confederacion Argentina, reunidos en Congreso General Constituyente por voluntad y eleccion de las Provincias que la componen, en cumplimiento de pactos preexistentes, con el objeto de constituir la union nacional, afianzar la justicia, consolidar la paz interior, proveer á la defensa comun, promover el bienestar general , y asegurar los beneficios de la libertad para nosotros, para nuestra posteridad, y para todos los hombres del mundo que quieran habitar el suelo argentino: invocando la proteccion de Dios, fuente de toda razon y justicia: ordenamos, decretamos y establecemos esta Constitucion para la Confederacion Argentina.

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Pour en savoir plus :

– http://www.argentina.gob.ar/pais/poblacion/49-inmigraci%C3%B3n.php

hotel de los Inmigrantes / wikipedia

– http://buenosairesconnect.com/hotel-immigrants-histoire-argentine/

nos ancêtres les gascons

– http://www.histoire-tango.fr/grands%20themes/immigration%20argentine.htm

Nationalités en Argentine – https://argentin.wordpress.com/tag/immigration/

– http://www.sciencespo.fr/opalc/content/prologue-i-l-immigration-europeenne-en-argentine-un-phenomene-controverse

– http://fr.wikipedia.org/wiki/Franco-Argentins

Lire entre les lignes en Argentine ou ce que Google Translator ne te dira jamais

aprender-castellano

 

Qui aime bien châtie bien comme on dit, et comme je n’ai plus à prouver que j’aime l’Argentine depuis le premier jour, je m’auto-proclame le droit de charrier un peu les autochtones. Après les 3 expressions foutages de gueule, j’étais un peu restée sur ma faim… alors j’ai eu envie de recommencer de plus belle. C’est parti mon kiki.

 

SALUTATIONS Je reprends ici certaines expressions déjà utilisées dans le Mode d’emploi de survie sentimentale à Buenos Aires à l’usage des âmes romantiques
Hola linda ! = Hola ma jolie = Hola
Hola linda ! como te extrañe ! = Hola, comme tu m’as manqué = Hola
Hola linda ! te queda divino este vestido = Hola, cette robe te va super bien
= Hola, ta robe me donne envie de la soulever

 

DRAGUE
Hola ! de donde sos ?  = Hola, d’où viens tu ?
= Hola, j’ai toujours eu un faible pour les étrangères
Que bien que hablas castellano, no se te nota el acento = Tu parles très bien espagnol
= Tu parles hyper mal mais ton accent frenchy me rend fou
Cuanto tiempo te quedas en Argentina ? = Combien de temps restes-tu en Argentine ?
= Y’a moyen de se revoir et de conclure avant que tu ne repartes ?
Y te gusta Argentina ? = L’Argentine te plaît ?
= S’il te plaît flatte mon ego et dis-moi, même si je le sais déjà, que mon pays est le meilleur
Y que te gusta de Argentina ? = Qu’est-ce que tu aimes en Argentine ?
= Je n’en ai rien à faire de ce que tu aimes, c’est juste parce que ton accent frenchy me rend fou
Y como te tratan, bien ? = Comment mes compatriotes t’accueillent-ils, bien ?
= Est-ce que l’un de mes compatriotes a déjà eu le temps de te briser le coeur ou pas encore ?  (Si tu réponds oui, c’est un message subliminal qui lui signifie que la voie est libre)
Sos una buena mina / Tu es adorable
= Tu es adorable mais il ne va rien se passer de plus entre nous
Estas buena = Tu es sexy/bonne (d’où la méga-importance entre « ser buena » y « estar buena »)
Te acompaño hasta tu puerta = Je t’accompagne jusqu’à ta porte
= Je t’accompagne jusqu’à ta porte genre je suis galant mais je tenterai une fois de plus devant ton palier
Tomas mate ¿ Queres venir a casa a tomar uno ¿ = Tu bois du maté, tu veux venir en boire un à la maison ¿
= Invitation déguisée pour te faire aller chez lui/elle. (Je me demande encore s’il reste une seule étrangère à Buenos Aires à qui on n’ait pas fait le coup du maté à la maison)

 

ARGENT
A cuanto me haces el dollar ? = à quel taux tu me fais le dollar ?
= à combien de pesos tu me vends le dollar au marché parallèle et de combien tu comptes m’enfler sur une échelle de 1 à 5. Si la réponse est « Mira…. » ça sent déjà mauvais cette histoire.
Estoy sin un mango, estoy en rojo, estoy en pelotas = je n’ai plus d’argent

 

HORAIRES et REPAS/PREVIAS/SOIREES
Nos vemos mañana si o si = On se voit demain dans tous les cas
= Rappelle moi demain pour confirmer
Tipo 7
> vers 7 heures = A partir de 8h30
Venis a comer a casa ¿ = Tu viens manger à la maison ?
= tu viens manger à la maison à partir de 13h30 (déjeuner) ou 21h30 (dîner)?
Venis para el asado ¿ = Tu viens pour le barbecue ?
= flou artistique total se faire toujours préciser l’horaire
Hacemos una previa en casa = on fait une pré-fiesta chez moi
= Ramène-toi avec des bouteilles, on va boire de 22h à 24h, avant de sortir dans les bars
Salimos en boliche = On va en boîte
= Entrée prévue en boîte entre 2h et 3h30 du matin, en gros, fais une sieste comme les argentins de 20h à 22h
Pedimos para comer = On se fait livrer ?
= On se fait livrer de la pizza ou des empanadas?
Tengo hambre = j’ai faim
= tu ne vas pas me nourrir d’une salade et j’ai besoin de viande grillée ou de milanesa
Tengo ganas de postre = j’ai envie d’un dessert
= J’ai envie d’un flan au dulce de leche, seul dessert que je connaisse en fait
No me gusta el pescado = Je n’aime pas le poisson
= Je n’ai pas besoin d’avoir goûté le poisson une fois dans ma vie pour savoir que je préfère la viande
Quiero una guarnicion = Je veux un accompagnement avec ma viande
= Je veux des frites ou de la salade avec ma viande et j’ignore de toute façon s’il existe d’autres alternatives
Tengo ganas de un helado = J’ai envie d’une glace
= je veux mon quart de kilo de glace à moi tout(e) seule et je ne compte évidemment pas le partager
A mi no me gusta el picante = je n’aime pas le piquant
= je n’aime pas le piquant et mon expérience en la matière s’arrête de toute façon au chimichuri
Que queres tomar ? = Que veux tu boire ?
= Que veux tu boire ? Il y a de la bière Quilmès, du Fernet avec du coca cola, au choix.

 

AMBIANCE au TRAVAIL 
Buenisimo = Fanstastique = c’est bien
Sos un capo
= Tu es un as = c’est bien
Nos llego una carta del AFIP =
On a reçu un courrier des impôts = alerte générale
Viene un inspector del AFIP =
Un inspecteur des impôts va venir = sauve qui peut !

 

ETUDES
Estudio psychologia, cine, teatro ect = J’étudie la psycho, le cinéma, le théâtre
Tout d’abord, non, tu n’as pas forcément en face de toi un post-pubère de 18 à 25 ans, non, l’autochtone en question peut avoir 40 piges. A Buenos Aires on étudie de tout et toute sa vie, toutes les matières s’enseignent de jour comme en soirée. En gros ici l’inculture n’est pas pardonnable. « Estudio » veut dire que tu vas à la fac 3 fois par semaine le soir après le travail ou que tu prends des cours sur tes temps de loisirs 2 heures par semaines. Donc « estudiar » est à « relativizar », capito ? Ce point éclairci, passons aux sujets des études. Tu remarqueras dans tes conversations une forte recrudescence de sciences humaines : sociologie, psychologie, et de matières artistiques : cinéma, théâtre…. Bienvenue en Argentine. C’est hyyyyyper à la mode à Buenos Aires de prendre des cours de théâtre, de cirque, de clown, de tout ce qui peut paraître singulier et original, et bien sûr de langues. Autour de moi  j’en connais 2 qui étudient le russe, et juste pour l’amour de l’art. En revanche, je n’ai jamais encore entendu quelqu’un me dire qu’il prenait des cours de physique ou de mathématiques. Sûrement pas assez funky.

 

LOISIRS / PROFESSION
Tu auras l’impression en arrivant à Buenos Aires d’être un gros/se nul/le. C’est normal, à les entendre tu as l’impression que tout le monde
– est multi-casquette,
– étudie 2  filières universitaires à la fois : genre droit + psycho ou histoire + psycho (beaucoup de psycho toujours, ça fera l’objet d’un prochain billet)
– a 2 métiers : agent d’assurances + photographe, chef + réalisateur de ciné.
– a plusieurs talents dont il semble vivre : « soy fotografo y guitarista » ou « soy profe de yoga y actriz… »
Tu te diras du coup que tu n’es finalement qu’un gros naze à n’avoir étudié que la mécanique, que l’hôtellerie ou que les sciences. Même en cherchant bien tu ne te souviendras plus de  la dernière fois où tu as exercé un quelconque talent artistique (la vidéo pourrie que tu as réalisée au mariage de ton cousin ne compte pas, non). Tu comptes d’ailleurs bientôt faire un procès à tes parents. C’est vrai quoi, ils auraient dû te mettre à l’école du cirque, à la guitare et en cours d’art plastique tout en même temps  dès 6 ans et tu serais peut être arrivé/e à la cheville des Argentins, ces surdoués de la life. Alors je t’arrête tout de suite, halte-là l’auto-lynchage, reprenons du début.
– Soy fotografo = je suis photographe = j’aime prendre des photos et j’ai un appareil qui va bien. A ne pas confondre avec la version française : je suis photographe et j’en vis. Tu vois la nuance ? En France on relie l’art à l’argent et à sa capacité à remplir son frigo. En Argentine on revendique un goût pour un art et on le fait sien. Dans beaucoup de cas, la seule fois que le soit-disant photographe a vendu donné une de ses « œuvres », c’était pour le journal du lycée, tu vois le délire ? Bon j’exagère un brin peut-être mais l’idée est là quand même. En plus, par chance, la part de subjectivité est quand même énorme en photo, un peu de chamuyo et on te fait croire que tu parles à un/e avant-gardiste.  
– Soy guitarista
= je suis guitariste. Là encore, on parle de loisirs. Comprendre, à 90% de probabilité : je joue avec mes potes du lycée tous les samedis après midi et on fait 5 dates par an (pour les anniversaires des gars du groupe)
– Soy escritor = je suis écrivain = j’ai un blog sur lequel j’écris et toute ma famille me lit
– Soy artista = je suis un/artiste = je n’ai pas beaucoup de blé, ne t’enflamme pas poulette, on ira davantage au bar qu’au resto.

Enfin, pour clore le sujet, si tu dois faire un CV en Argentine, souviens-toi, ici tout le mode prétend être Musclor ou SuperWoman alors vas-y balance la sauce et argentinise-toi 🙂
ps : retrouvez ici un très bon article de Chmily sur le même sujet

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