la Mama en Argentina

La Mama, avant de sauter en parapente à la Cumbre, province de Cordoba.
A l’heure où j’écris ces lignes, ma mère vole très haut dans le ciel et retourne au bercail, dans notre Gascogne. 17 jours et nuits avec moi à parcourir Buenos Aires, un peu d’Uruguay, Cordoba et les terres de la pampa argentine.
Drôle de sensation que de recevoir ma mère dans un nouveau chez moi, dans cette ville qui ne m’est pas complètement familière.
Drôle de sensation que de faire la mama à mon tour, de la surveiller, de la contrôler « Et tu sais aller là-bas toute seule ? Tu ne vas pas te perdre? Tu ne sais même pas demander ton chemin ! »
Mais surtout quelle fierté de la voir venir jusqu’ici, toute seule comme une grande qu’elle est, du haut de ses 1,50m !
– « Fanny un vol à 500 euros je ne vais pas rater ça !!! Je viens maintenant même si tu n’es partie qu’il y a 3 mois !
-Oui maman… »
Pour la famille et les amis, je dresse un résumé best-of de son séjour mémorable ! Pour les autres, vous allez connaître le phénomène…
Ma mère
– a eu l’extrême gentillesse de venir la valise pleine de toutes les bonnes choses ou presque que j’avais commandées à Maman Noël
– a enfin laissé friser ses cheveux, fini les éternels brushings, vive les boucles, et ça lui va carrément bien. Ce qui est bizzare, c’est qu’il s’est passé la même chose pour moi ici et que c’est depuis que je suis à Buenos Aires que je fais un peu Tina Turner au réveil…
– a pris son premier repas en Argentine dans mon restaurant péruvien préféré, pas très typique argentin tout ça mais c’est mon resto QG, kitsch et traditionnel à souhait, idéal pour s’en mettre plein le cornet d’un bon ceviche (Sophie je t’y emmèrerai c’est promis!)
– a adoré mes colocs italiennes Carmen et Nicla, a longuement écouté nos histoires de coeur et autres égarements avec les mâles autochtones, a connu mes amis et dîné chez M qu’elle avait reçu chez elle 2 ans plus tôt
– s’est sentie comme une reine dans sa chambre rose et comme chez elle à Buenos Aires dès le 2ème jour « Fanny c’est très facile Buenos Aires ! » me dit-elle après s’être promenée toute seule une matinée
– a adoré l’Ateneo, ce magnifique théâtre reconverti en une des plus belles librairies du monde, où l’on peut prendre un café sur la scène
– en bonne bibliothécaire, a pris en photos toutes les bibliothèques qu’elle a croisées sur son chemin
– a bénéficié chez Carrefour sans le faire exprès de 10% de réduc accordés aux retraités « Comment ? Je fais si retraitée que ça ? » Elle a tiré un peu la tronche mais après elle en a bien rigolé
– a fait une cure de viande et a élu la pizza Ideal Guerin la meilleure de sa vie
– a aussi trouvé que les Argentins sont d’une gentillesse et d’un accueil hors du commun
– s’est parfois sentie comme au Mexique, lorsqu’elle était venue me voir là-bas il y a 9 ans déjà
– a enfin connu la famille de sa belle-fille, les cousins éloignés des Rigou mais n’a pas trouvé la trace de l’oncle de son père parti en Argentine au début du siècle dernier
– a découvert en vrac San Telmo, le Micro Centro, le quartier du Congreso, Recoleta, la Boca, la feria du livre, le jardin botanique de Palermo, Puero Madero, les îles du Tigre, le Malba, le musée de l’Immigration, le musée d’Eva Peron, Colonia en Uruguay, Cordoba, Alta Gracia, le musée du Che Guevara « Mais qu’est-ce qu’il était beau quand il était jeune ! » et le village de la Cumbre
– a bien rigolé des Uruguayens qui se baladent tous avec leur thermos d’eau chaude et leur maté
a eu droit a une visite privée d’une estancia jésuite fermée au public, juste parce qu’on a sympatisé avec la directrice qui voyageait dans le même bus que « ça n’arrive qu’à nous ces choses là ! »
– s’est fait draguer ouvertement !
– a assité à des spectacles de tango, de flamenco, de folklore argentin, a écouté du jazz et même ma copine Laura chanter a la Catedral !
– a pris le métro, le taxi, le collectivo (bus de ville), le ferry pour aller en Uruguay, la péniche sur le delta du Tigre, le bus de luxe pour aller à Cordoba « Mais c’est mieux que l’avion ! Un repas chaud, un steward, des sièges inclinables à 180 ° et même un whisky avant de dormir ! »
– malgré son dictionnaire de poche, n’a appris que 2 mots d’espagnols en 17 jours : « hola », « gracias »… Bientôt bilingue la madre ! Elle s’est un peu perdue aussi à la maison entre l’italien et l’espagnol
– est dégoûtée parce qu’elle n’a pas ramené d’artisanat « Non Maman, ici ce n’est pas Madagascar, mais tes copines comprendront »
internaute assidue depuis 10 ans, a pu se connecter tous les jours à Wanadoo et à Facebook, à son grand soulagement
– la soixantaine pimpante, a voulu sortir et faire qqch tous les soirs, TOUS, quand moi je m’écroulais, et me décrétait à 8h30 tous les matins, TOUS, qu’elle n’était pas en vacances pour dormir.
– se porte aussi comme un charme après une nuit en bus « Comment, tu veux faire une sieste maintenant ? » et ne connaît pas le décalage horaire ou la fatigue après un voyage de 14h en avion. Elle me met KO !
a pris une montagne de photos que je devais systématiquement tous les jours copier sur mon ordinateur et sa clé USB au cas où…Vous avez dit ch…? Nooooo !
– a connu une panne de péniche à Tigre et le trajet de collectivo le plus long de l’histoire (2h) par la faute de sa fille qui s’était mélangé les pédales dans son guia T
– a envoyé 21 cartes postales. 21. « Parce que tu comprends, moi j’en reçois toujours de X, Y… »
– pensait qu’elle ne referait plus de cheval (la dernière fois c’était il y a 30 ans) et n’aurait jamais cru non plus qu’elle ferait un jour du parapente avec sa fille. Et pourtant…
– va se moucher en me lisant, je la connais, j’ai hérité de cette même incontinence lacrymale, récurrente et irrépressible, si incommodante parfois et malheureusement incurable ! Tsimanin !
– va crâner un max à son retour c’est certain, et elle aura de quoi
Maman je ne dirai qu’un seul mot qui marche dans les 2 langues : BRAVO !!! Et un dernier pour la route : TE QUIERO ! (cherche un peu dans ton dictionnaire, ça te fera les pieds…)
PS : Merci aux Blanchets et à Michèle qui me lisent pour veiller toujours sur Zoë et François en son absence

PS bis : pour en savoir plus sur la Mama de l’Expat, lire Patxi ici et , si bien écrit et tellement drôle, ma mère aussi est fan et s’est reconnue !

A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

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