Le bruit et les odeurs

Jamais je n’avais autant identifié à une ville à ses bruits, à ses sons, à sa musique et à ses odeurs que Buenos Aires. 

La ville est parmi l’une des capitales les plus bruyantes au monde, paraît-il. Le centre est envahi de taxis jaunes et noirs tel un New York européo-latino. Autant le réseau de métro est très peu développé, autant les colectivos, eux, quadrillent toute la ville jour et nuit. Donc à n’importe quel endroit de la capitale on écoutera le colectivo passer et dévaler les avenues et les moindres petites rues sans trop de limitation de vitesse. Au point que vivre dans une rue où ne passe pas de collectivo est un gage de tranquilité sonore. Visuellement, les colectivos sont différents selon chaque ligne et chaque compagnie privée qui les exploite. Certains, les plus drôles, sont « tunnés » façon voitures des kékés de la côte méditerrannée, couleurs et dégradés bleutés sur le parebrise, la radio et la musique au goût du chauffeur, parfois le chapelet qui pend au rétroviseur, comme j’ai connu à Mexico. Pas de virgen de Guadalupe mais la photo des enfants du chauffeur, de la novia… Bref, un univers différent à chaque trajet.

Les voitures sont parfois d’une autre époque, un bon tiers ne passerait pas le contrôle technique je pense, mais elles roulent. Et font du bruit. En proportion il y a quand même beaucoup moins de voitures qui circulent dans le centre que dans des capitales européennes. Situation économique oblige, ci on est très loin d’une voiture par famille, c’est collectivo et subte (metro) pour tous.

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La musique typique que l’on peut entendre par hasard comme ça, en passant dans la rue, est bien-sûr le tango. Quelques notes, un air, une chanson, s’échappant d’un attrape-touristes, d’un magasin de disques de l’avenue Corrientes, d’une fenêtre, d’un taxi, en passant le soir devant un bar, une milonga (salon où on danse le tango), une école de danse…

En plus du tango, je suis toujours ravie d’entendre à la radio toute la musique que j’aime et que je ne pouvais écouter que dans mon MP3 depuis des années. Au bureau pendant la journée j’écoute Andrès Calamaro, los Rodriguez, los Fabulosos Cadillacs, du folklore argentin, Mercedes Sosa, Mana, tous les tubes latinos du moment ou les classiques, mon Chichi Peralta adoré, un peu de salsa, de merengue, bachata… C’est comme si je faisais une sélection de ma musique préférée, sauf qu’elle passe toute seule à la radio !

L’autre bruit qui me semble très typique de Buenos Aires sont les enthousiasmes télévisuels dominicaux provoqués par les matches de foot. Cris, hurlements, explosions de joie ou de colère, insultes, beaucoup d’insultes, aux joueurs, entraîneurs, arbitres, spectateurs supporters de l’équipe adverse…, c’est le fond sonore habituel d’un dimanche calme à la maison les fenêtres ouvertes… Cet après-midi c’était Boca contre River, c’est à dire un match entre 2 équipes mythiques de la ville pour lesquelles les inchas (les supporters) se couperaient un bras pour voir leur joueurs gagner. Et je me suis dis en entendant à plusieurs reprises des hurlements dans toute la cuadra (le paté de maison) que ça me rappelait la France pendant le Mondial, lorsque l’équipe de France joue, sauf qu’ici c’est le Mondial tous les week-ends.

Et les odeurs, vous me direz quelles odeurs ??? Je vous répondrai sans hésiter l’odeur des braises ardentes, de la grillade, dès 10h du matin, ce filet de fumée qui vient des restaurants alentours et qui me taquine les narines quand je suis au bureau et me fait calculer que la pause déjeuner se rapproche. Car les Argentins qui peuvent dépenser 20 pesos (article écrit en 2009) vont s’enfiler une bonne viande à midi, forcément cuite au feu de bois. C’est l’asado, la parilla,la parillada, bref tout ce vocabulaire de grillades et de barbecue que l’on apprend ici en arrivant. C’est le plat de prédilection,  incontournable pour un dimanche en famille, une soirée entre amis, improvisable à toute heure, en hiver ou en été. J’en ai vu qui installaient les braises par terre dans la rue. Ici on trouve des braises à acheter aussi facilement qu’une bouteille d’eau. L ‘odeur des braises est dans toute la ville. Dans les restaurants en semaine, dans les jardins et terrasses les week-ends… et dans ma mémoire olfactive pour toujours.

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A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

2 commentaires pour “Le bruit et les odeurs

  1. Je suis rentrée en France pour quelques semaines…et en te lisant je me rends compte que Buenos Aires me manque plus que je ne le pensais…
    Plus qu’une semaine et je pourrai à nouveau savourer un bon vacio!

  2. Me junto con un amigo a ver el partido y, cuando termina, antes de subir al bondi, me clavo un sanguich de vacío, quizás un chori. Tal vez los dos. Sí, puede ser. Puede que el trío al que aludís tenga algol que ver con lo que pasa en esta ciudad. Me pone muy contento que te guste. Ojalá lo disfrutes por mucho tiempo.
    Salud! Martín

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