Lire entre les lignes en Argentine ou ce que Google Translator ne te dira jamais

aprender-castellano

 

Qui aime bien châtie bien comme on dit, et comme je n’ai plus à prouver que j’aime l’Argentine depuis le premier jour, je m’auto-proclame le droit de charrier un peu les autochtones. Après les 3 expressions foutages de gueule, j’étais un peu restée sur ma faim… alors j’ai eu envie de recommencer de plus belle. C’est parti mon kiki.

 

SALUTATIONS Je reprends ici certaines expressions déjà utilisées dans le Mode d’emploi de survie sentimentale à Buenos Aires à l’usage des âmes romantiques
Hola linda ! = Hola ma jolie = Hola
Hola linda ! como te extrañe ! = Hola, comme tu m’as manqué = Hola
Hola linda ! te queda divino este vestido = Hola, cette robe te va super bien
= Hola, ta robe me donne envie de la soulever

 

DRAGUE
Hola ! de donde sos ?  = Hola, d’où viens tu ?
= Hola, j’ai toujours eu un faible pour les étrangères
Que bien que hablas castellano, no se te nota el acento = Tu parles très bien espagnol
= Tu parles hyper mal mais ton accent frenchy me rend fou
Cuanto tiempo te quedas en Argentina ? = Combien de temps restes-tu en Argentine ?
= Y’a moyen de se revoir et de conclure avant que tu ne repartes ?
Y te gusta Argentina ? = L’Argentine te plaît ?
= S’il te plaît flatte mon ego et dis-moi, même si je le sais déjà, que mon pays est le meilleur
Y que te gusta de Argentina ? = Qu’est-ce que tu aimes en Argentine ?
= Je n’en ai rien à faire de ce que tu aimes, c’est juste parce que ton accent frenchy me rend fou
Y como te tratan, bien ? = Comment mes compatriotes t’accueillent-ils, bien ?
= Est-ce que l’un de mes compatriotes a déjà eu le temps de te briser le coeur ou pas encore ?  (Si tu réponds oui, c’est un message subliminal qui lui signifie que la voie est libre)
Sos una buena mina / Tu es adorable
= Tu es adorable mais il ne va rien se passer de plus entre nous
Estas buena = Tu es sexy/bonne (d’où la méga-importance entre « ser buena » y « estar buena »)
Te acompaño hasta tu puerta = Je t’accompagne jusqu’à ta porte
= Je t’accompagne jusqu’à ta porte genre je suis galant mais je tenterai une fois de plus devant ton palier
Tomas mate ¿ Queres venir a casa a tomar uno ¿ = Tu bois du maté, tu veux venir en boire un à la maison ¿
= Invitation déguisée pour te faire aller chez lui/elle. (Je me demande encore s’il reste une seule étrangère à Buenos Aires à qui on n’ait pas fait le coup du maté à la maison)

 

ARGENT
A cuanto me haces el dollar ? = à quel taux tu me fais le dollar ?
= à combien de pesos tu me vends le dollar au marché parallèle et de combien tu comptes m’enfler sur une échelle de 1 à 5. Si la réponse est « Mira…. » ça sent déjà mauvais cette histoire.
Estoy sin un mango, estoy en rojo, estoy en pelotas = je n’ai plus d’argent

 

HORAIRES et REPAS/PREVIAS/SOIREES
Nos vemos mañana si o si = On se voit demain dans tous les cas
= Rappelle moi demain pour confirmer
Tipo 7
> vers 7 heures = A partir de 8h30
Venis a comer a casa ¿ = Tu viens manger à la maison ?
= tu viens manger à la maison à partir de 13h30 (déjeuner) ou 21h30 (dîner)?
Venis para el asado ¿ = Tu viens pour le barbecue ?
= flou artistique total se faire toujours préciser l’horaire
Hacemos una previa en casa = on fait une pré-fiesta chez moi
= Ramène-toi avec des bouteilles, on va boire de 22h à 24h, avant de sortir dans les bars
Salimos en boliche = On va en boîte
= Entrée prévue en boîte entre 2h et 3h30 du matin, en gros, fais une sieste comme les argentins de 20h à 22h
Pedimos para comer = On se fait livrer ?
= On se fait livrer de la pizza ou des empanadas?
Tengo hambre = j’ai faim
= tu ne vas pas me nourrir d’une salade et j’ai besoin de viande grillée ou de milanesa
Tengo ganas de postre = j’ai envie d’un dessert
= J’ai envie d’un flan au dulce de leche, seul dessert que je connaisse en fait
No me gusta el pescado = Je n’aime pas le poisson
= Je n’ai pas besoin d’avoir goûté le poisson une fois dans ma vie pour savoir que je préfère la viande
Quiero una guarnicion = Je veux un accompagnement avec ma viande
= Je veux des frites ou de la salade avec ma viande et j’ignore de toute façon s’il existe d’autres alternatives
Tengo ganas de un helado = J’ai envie d’une glace
= je veux mon quart de kilo de glace à moi tout(e) seule et je ne compte évidemment pas le partager
A mi no me gusta el picante = je n’aime pas le piquant
= je n’aime pas le piquant et mon expérience en la matière s’arrête de toute façon au chimichuri
Que queres tomar ? = Que veux tu boire ?
= Que veux tu boire ? Il y a de la bière Quilmès, du Fernet avec du coca cola, au choix.

 

AMBIANCE au TRAVAIL 
Buenisimo = Fanstastique = c’est bien
Sos un capo
= Tu es un as = c’est bien
Nos llego una carta del AFIP =
On a reçu un courrier des impôts = alerte générale
Viene un inspector del AFIP =
Un inspecteur des impôts va venir = sauve qui peut !

 

ETUDES
Estudio psychologia, cine, teatro ect = J’étudie la psycho, le cinéma, le théâtre
Tout d’abord, non, tu n’as pas forcément en face de toi un post-pubère de 18 à 25 ans, non, l’autochtone en question peut avoir 40 piges. A Buenos Aires on étudie de tout et toute sa vie, toutes les matières s’enseignent de jour comme en soirée. En gros ici l’inculture n’est pas pardonnable. « Estudio » veut dire que tu vas à la fac 3 fois par semaine le soir après le travail ou que tu prends des cours sur tes temps de loisirs 2 heures par semaines. Donc « estudiar » est à « relativizar », capito ? Ce point éclairci, passons aux sujets des études. Tu remarqueras dans tes conversations une forte recrudescence de sciences humaines : sociologie, psychologie, et de matières artistiques : cinéma, théâtre…. Bienvenue en Argentine. C’est hyyyyyper à la mode à Buenos Aires de prendre des cours de théâtre, de cirque, de clown, de tout ce qui peut paraître singulier et original, et bien sûr de langues. Autour de moi  j’en connais 2 qui étudient le russe, et juste pour l’amour de l’art. En revanche, je n’ai jamais encore entendu quelqu’un me dire qu’il prenait des cours de physique ou de mathématiques. Sûrement pas assez funky.

 

LOISIRS / PROFESSION
Tu auras l’impression en arrivant à Buenos Aires d’être un gros/se nul/le. C’est normal, à les entendre tu as l’impression que tout le monde
– est multi-casquette,
– étudie 2  filières universitaires à la fois : genre droit + psycho ou histoire + psycho (beaucoup de psycho toujours, ça fera l’objet d’un prochain billet)
– a 2 métiers : agent d’assurances + photographe, chef + réalisateur de ciné.
– a plusieurs talents dont il semble vivre : « soy fotografo y guitarista » ou « soy profe de yoga y actriz… »
Tu te diras du coup que tu n’es finalement qu’un gros naze à n’avoir étudié que la mécanique, que l’hôtellerie ou que les sciences. Même en cherchant bien tu ne te souviendras plus de  la dernière fois où tu as exercé un quelconque talent artistique (la vidéo pourrie que tu as réalisée au mariage de ton cousin ne compte pas, non). Tu comptes d’ailleurs bientôt faire un procès à tes parents. C’est vrai quoi, ils auraient dû te mettre à l’école du cirque, à la guitare et en cours d’art plastique tout en même temps  dès 6 ans et tu serais peut être arrivé/e à la cheville des Argentins, ces surdoués de la life. Alors je t’arrête tout de suite, halte-là l’auto-lynchage, reprenons du début.
– Soy fotografo = je suis photographe = j’aime prendre des photos et j’ai un appareil qui va bien. A ne pas confondre avec la version française : je suis photographe et j’en vis. Tu vois la nuance ? En France on relie l’art à l’argent et à sa capacité à remplir son frigo. En Argentine on revendique un goût pour un art et on le fait sien. Dans beaucoup de cas, la seule fois que le soit-disant photographe a vendu donné une de ses « œuvres », c’était pour le journal du lycée, tu vois le délire ? Bon j’exagère un brin peut-être mais l’idée est là quand même. En plus, par chance, la part de subjectivité est quand même énorme en photo, un peu de chamuyo et on te fait croire que tu parles à un/e avant-gardiste.  
– Soy guitarista
= je suis guitariste. Là encore, on parle de loisirs. Comprendre, à 90% de probabilité : je joue avec mes potes du lycée tous les samedis après midi et on fait 5 dates par an (pour les anniversaires des gars du groupe)
– Soy escritor = je suis écrivain = j’ai un blog sur lequel j’écris et toute ma famille me lit
– Soy artista = je suis un/artiste = je n’ai pas beaucoup de blé, ne t’enflamme pas poulette, on ira davantage au bar qu’au resto.

Enfin, pour clore le sujet, si tu dois faire un CV en Argentine, souviens-toi, ici tout le mode prétend être Musclor ou SuperWoman alors vas-y balance la sauce et argentinise-toi 🙂
ps : retrouvez ici un très bon article de Chmily sur le même sujet

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A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

7 commentaires pour “Lire entre les lignes en Argentine ou ce que Google Translator ne te dira jamais

  1. Hahaha le coup des 3000 jobs c’est tellement ça ! Je comprenais rien au début quand les gens se présentaient… Quoi, tu es « philosophe » et « artiste » ? Ah non d’accord ça veut dire que tu as fait des études de philo, t’aimes bien l’art et en attendant tu bosses comme serveur dans un resto….

  2. Nous qui allons ensuite vers l’Argentine, je cherchais une liste de mots typiques et la je tombe sur ton article, juste excellent 🙂
    Cela m’aidera à déchiffrer !

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