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Parler d’amour avec les taxis porteños

taxi

S’il y a une chose facile à faire, c’est bien de faire parler des Argentins.
De tout, de ce qu’ils savent ou pas bien ou pas du tout, de les faire commenter, disserter, opiner, relater, raconter, parler, parlare !!! L’influence italienne n’y est pas pour rien. A la différence de la France, ici on parle beaucoup plus de football, très peu de la météo (il fait soleil 320 jours par an, c’est donc un non-sujet), très peu du travail, beaucoup moins de vacances et « où on va partir en week-end » (forcément quand on n’a que 2 semaines par an le sujet est vite épuisé). En revanche on parle beaucoup d’activités extra-professionnelles (très souvent on m’a demandé ce que je faisais « en dehors de mon travail », partant du principe que les loisirs définissent autant une personne que son gagne-pain). On parle du présent, du passé, très peu du futur (généralement la plus longue échéance s’arrête au week-end prochain). Mais surtout, au croisement du 34° parallèle sud et du 58° méridien ouest de la mappemonde, on parle de sa vie privée, de sentiments, et d’amour. Cette particularité m’a fait vivre des moments uniques avec les chauffeurs de taxi porteños.

Depuis ces quasi 3 années passées ici, parmi les innombrables voyages effectués dans ces voitures jaunes et noires que j’affectionne tant, en plus des franches rigolades, des surprises musicales et autres conversations « buena onda », j’ai en mémoire beaucoup de confidences, d’histoires, et d’anecdotes qui tournent autour de « EL AMOR ». Voici les dernières dont je me souviens, véridiques et fidèlement retranscrites. Toute ressemblance avec une personne réelle n’est absolument pas fortuite.

  • Pablo est un rebelle. Son père, immigré du sud de l’Italie, lui a toujours parlé de la mère patrie et de comment étaient les paysages, le goût des tomates, les femmes de là-bas, le bleu de la Méditerranée etc. Tellement excédé par ces éternelles comparaisons avec le vieux continent, il a pris le contre-pied et n’a jamais voulu parler italien, même s’il comprend tout. Il demandait à son père pourquoi, si l’Italie était si bien, il en était parti. C’est qu’à l’époque, en Italie, son père ne mangeait pas à sa faim. Mais ça, le vieux ne l’admettait  pas. Pablo considère que l’Argentine a tout donné à ses parents et lui il est fier de son pays. De son enfance dans la province profonde il en a retiré une grande soif d’aventure. Il prit la route très jeune et a parcouru avec son poids-lourd toutes les routes du pays, celles du Paraguay et du sud du Brésil. Bien sûr, cela n’a pas aidé sa vie sentimentale. Il ne s’est jamais marié. Il n’est d’ailleurs jamais vraiment tombé amoureux dans sa vie. La seule femme qui lui plaisait un tant soit peu dans sa jeunesse, il n’a jamais osé l’aborder. Aujourd’hui, à 50 ans passés, il est heureux. Il a toujours plu aux femmes et a eu celles qu’il voulait, me raconta-t-il en toute modestie. Il s’est reconverti en chauffeur de taxi pour avoir une vie plus sédentaire. Et puis aussi parce que ça aide quand même pour les femmes ! Peut-être qu’un jour, tout bien réfléchi, il fera plaisir à son père qui le regarde de là-haut, et il ira faire un tour en Italie. Après tout, il comprendrait tout là-vas, et parlare ne doit pas être tant difficile.
    Le 24 juin 2011 en allant à la despedida de Carole, d’en bas de chez moi à Las Heras y Scalabrini Ortiz
  • Il y a celle aussi du 25 décembre 2010 au soir, entre les Bosques de Palermo et chez moi, quand je n’avais pas le moral et que le Gers me semblait trop loin. Je ne me rappelle plus ce qu’on s’est dit mais je me souviens que le chauffeur de taxi m’a fait passer des larmes au rire en 2 secondes chrono. Rien que pour ça je voulais lui rendre hommage.
  • David m’a demandé directement si c’était un homme qui m’avait fait rester en Argentine tout ce temps ou non. Devant mes soupirs désabusés il a m’a parlé de ses AMORES à lui. Il est resté 11 ans avec une femme, plus âgée que lui. Quand il l’a rencontrée, il était très jeune et a quitté ses parents et la maison familiale du quartier de Caballito, à l’âge où ses copains ne pensaient qu’au foot. Il est devenu un homme avec elle, il s’est mis à travailler de suite, comme taxi, pour faire vivre le ménage. Vers les 30 ans, il s’est séparé. Elle avait un caractère de chien et il n’en pouvait plus. Il lui a laissé la maison, tous les meubles et est reparti en slip vivre dans une pension. Puis, très vite, il a connu le vrai AMOUR avec sa 2ème femme, qui avait déjà 4 garçons, séparée. Avec elle, ce fut le coup de foudre. « Sabes cuando hay piel con una persona, hay piel, no podes hacer nada en contra ». Ils eurent 2 filles ensemble. Il peut dire qu’il a connu 29 ans d’amour et de bonheur, sans beaucoup d’argent, jusqu’à ce qu’un cancer emporte sa femme il y a 4 ans.  Il considère qu’il est toujours avec elle, la preuve, il m’a montré son alliance encore à son doigt. Il a emménagé avec elle un 28 novembre 1978 et considère donc qu’ils se sont unis à cette date précise. Dans la réalité ils n’étaient pas vraiment mariés car sa dernière conjointe n’a jamais officiellement divorcé. A l’époque, ça ne se faisait pas trop. Du coup pour l’état civil il est toujours un « jeune » célibataire et ça le fait marrer.
    Entre mon travail et Plaza Francia, le 28 septembre 2011
  • Il m’a demandé ce que je venais de faire ce soir-là, je lui répondis que je sortais d’un spectacle de tango et Edgar a enchaîné direct sur le thème du tango. Son père et sa mère étaient de grands amateurs et ont gagné plusieurs concours de danse, à l’époque où chaque quartier avait ses danseurs de compétition. Lui, il est raide comme un piquet et n’a jamais su trop danser quand il était jeune. Enfin, il est modeste. Parce que le minimum, il le sait. Il a eu 4 enfants avec sa première femme et s’est séparé, soulagé. Avec elle, pas de tango, pas le temps, il fallait travailler. Il s’est retrouvé célibataire à 50 ans, sans trop savoir comment approcher les femmes. Mais il s’est souvenu que le tango fait faire des rencontres. Il eût raison. A sa première sortie en célibataire, dans une milonga à l’angle de Corrientes et Riobamba, il a rencontré sa deuxième femme. Il avoue, avant de lui parler, il a surtout regardé ses jambes et sa robe noire moulante. Et le goût des femmes lui est revenu aussitôt. Comme c’était une danseuse très sollicitée, il s’est littéralement planté devant elle, a attendu patiemment que les autres danseurs lui laissent 2mn de répit et lorsque ce fut son tour il a tout donné. Visiblement, il ne s’est pas trop mal débrouillé car depuis 10 ans ils ne se lâchent plus. Justement, en parlant de tango, il s’est rappelé que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas « sorti » sa señora un samedi soir pour aller danser, et que ça lui ferait certainement plaisir… Et oui « EL AMOR » ça s’entretient m’a-t-il dit.
    d’Abasto à chez moi un soir après un concert de tango, mercredi 21 septembre 2011
  • Enfin, je ne pouvais pas finir sans parler de GUSTAVO, le meilleur pour la fin, rencontré début 2009 soit quelques mois après mon arrivée. Il nous a emmenées, ma mère et moi, de l’Avenida de Mayo à la gare de Retiro pour prendre notre bus pour Cordoba. Gustavo nous a fait tant rire que je lui ai tout de suite demandé sa carte et lui ai donné mes coordonnées. Arrivées à Cordoba 10h plus tard, nous avions déjà un mail de lui nous demandant si nous avions fait bon voyage… Bien sûr, c’est lui que j’ai appelé pour qu’il emmène ma mère à l’aéroport d’Ezeiza à son retour en France. Et de l’aéroport il a eu la gentillesse de m’envoyer un texto pour me rassurer et me dire qu’il l’avait bien déposée…
    Depuis, Gustavo a transporté toutes mes affaires lors de mes divers déménagements et m’emmène toujours à l’aéroport. Mes amis d’ici, collègues et connaissances l’ont tous appelé au moins une fois. De la même façon, mes amis de France venus en visite à Buenos Aires sont tous repartis avec lui à l’aéroport. Il a rajouté tout ce petit monde sur Facebook et  leur envoie régulièrement ses amitiés, en français s’il vous plaît, depuis qu’il a découvert Google Translator. Maintenant, les amis de mes amis l’appellent et lui disent qu’ils ont eu son numéro par une certaine Fanny qu’ils ne connaissent pas directement. La réputation de la buena onda de Gustavo m’a donc dépassée ! Ce soir il m’a envoyé une photo prise avec son portable, pendant qu’il conduisait. Une boulangerie qui s’appelle « La Francesa d’Almagro » (Almagro est un quartier de Buenos Aires). Sans blague la voici.
Franchement, ces taxis porteños, c’est pas des amours ? Pour lire d’autres histoires sur les taxis porteños, c’est par ici
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Etre une femme à Buenos Aires, mode d’emploi

PIERNAS Y BANDONEON © 2004 por daniel machado

Parlons des femmes, des hommes, d’amour, de drague, de sexe et de rock’n’roll ! Beaucoup à dire, beaucoup à raconter, mais commençons par le commencement.

« Femmes je vous aime » pourrait bien résumer mon propos.
1- Ici femme tu es, de l’instant que tu franchis la porte de chez toi le matin et jusqu’au soir. Tu n’es pas dans le métro à Paris. Te ne passeras jamais inaperçue. Transparente tu ne seras pas, même pas la nuit sur un trottoir mal éclairé.
2 – Ici tu es una mina, una piba, una chica, una mujer, una señorita, una señora. Ici ta féminité prend tout son sens, prépare-toi. En ton honneur on a même appelé le pont le plus célèbre de la ville le « puente de la Mujer ». Pour te dire.
3 – Si tu es jolie et/ou que tu as de bonnes fesses (una linda cola), et/ou des seins (lolas) qui se remarquent tous seuls ou que tu montres un tant soit peu, tu es hermosa, muy linda, un bombon
4 – Tous les hommes de 7 à 77 ans te perçoivent, te voient et te regardent. Tous. C’est la tradition, la culture, dans les gênes, comme tu voudras mais c’est un fait. Si tu es déjà allée un jour en Italie du sud, dans des pays sud-américains ou arabes, tu sais ce que je veux dire.

Etre une femme te donne donc quelques avantages et passe-droits, alors autant en user.
– on te cède facilement la place dans le métro ou dans le bus
– on te laisse monter la première dans le wagon de métro ou dans le bus
– parfois le chauffeur de colectivo veut te montrer que tu ne lui déplais pas et ne te fait pas payer le ticket (vécu)
– ou il s’arrête pour te faire descendre juste là où tu lui as dit que tu comptais aller, même s’il n’y a pas d’arrêt (vécu)
– ou il s’arrête dans la rue pour te faire monter, même s’il n’y a pas d’arrêt (vécu)
Ceci est aussi possible pour les hommes mais ça marche moins systématiquement. D’ailleurs, sans réfléchir, j’ai voulu tenter la même chose lors de mon dernier séjour en France, tellement habituée, j’ai voulu héler un bus dans la rue comme on hèlerait un taxi ! Je me suis bien ramassée comme une vieille chaussette
– tu peux négocier de super tarifs au vidéoclub, et rendre les films plus tard que prévu, avec un sourire ça s’arrange toujours (vécu)
– d’une manière générale, personne ne te parle mal ou n’est agressif.

Tous les hommes argentins de 7 à 77 ans donc, potentiellement, peuvent se retourner sur ton passage, arrêter  deux secondes leur conversation, te lancer un compliment, te demander un numéro de téléphone, te suivre quelques mètres dans la rue…. Ils ont partout dans le monde cette réputation de tombeurs et après 2 ans ici je peux témoigner que c’est bien mérité. On l’aura compris, inactif et timide, l’homme argentin n’est pas. Bien au contraire, il avance et ne recule jamais de peur de se prendre un « NO ». Ici  un dicton célèbre dit « El no ya lo tenes », littéralement « Le non tu l’as déjà », donc tu ne peux que gagner un oui. Bien vu, non ? Donc pas d’orgueil mal placé, ou de peur du ridicule, on essaie, on tente, et que le meilleur séducteur gagne. Te voilà prévenue.
Illustrations concrètes : tu ne seras pas surprise que ton élève de français de 24 ans tente sa chance auprès de toi, prof trentenaire, tout comme celui qui en a 60 (vécu). Pas plus que si un médecin te propose à la fin de la consultation d’aller boire une bière un de ces 4, tout en portant une belle alliance (vécu). Ou qu’un fonctionnaire te cherche et te rajoute en ami sur Facebook environ 2h après l’avoir vu dans un bureau (vécu).

Les argentins, homme et femmes, ont un don inné pour la conversation, ils s’intéressent à toi, te posent toujours des questions etc. Donc le séducteur argentin n’a aucun mal à nouer le contact, imagine-toi. Tu ne l’as pas vu arriver qu’il est déjà à côté de toi. (Il faut savoir par ailleurs qu’il peut disparaître aussi vite qu’il est rentré dans ta vie, mais là n’est pas le sujet). Il vient généralement t’aborder sans trop attendre, seul, ou en groupe accompagné de congénères. Je n’ai jamais encore entendu ici l’histoire d’une fille qui ait eu besoin de faire le premier pas. Pour les timides, c’est assez pratique. Il paraît même qu’avant les hommes étaient encore plus entreprenants. 2 amis m’ont raconté comme s’étaient connus leur parents. Pour l’un, le père a flashé sur la mère dans le colectivo, est descendu au même arrêt qu’elle et l’a suivie dans la rue pour lui demander son numéro de téléphone. Pour l’autre, son père était en train de conduire quand il a vu sa mère rentrer dans un magasin, s’est arrêté, y est rentré lui aussi, s’est rendu compte qu’elle y travaillait et l’a attendue le soir à la sortie. Ca laisse rêveur non ?

Le prédateur argentin est toujours très démonstratif, très expressif, toujours. Ajoutez à cela que l’argentin moyen a oublié d’être moche (c’est mon avis), cela crée parfois un cocktail explosif. Attention aux nouvelles arrivées (et mêmes aux vétérantes), risque accru de perdre la tête, gardez la tête froide ! Il embrasse sans gêne (qui n’a pas vu un couple de porteños se rouler des pelles en public n’a rien vu). Et il aime embrasser. J’ai remarqué d’ailleurs une certaine obsession pour le « beso ». On entendra facilement « me das un beso ? » ou « te puedo robar un beso ? ». Cela semble au début un peu enfantin, passé l’âge de la puberté, mais on s’y habitue. Le premier beso accordé lui donne un avant-goût de victoire.

L’argentin manie l’art du piropo, du compliment, plus ou moins subtilement, mais toujours très spontanément (et avec toutes les nanas tu penses bien). Que lindos ojos, que boca preciosa, sos mas linda que el Obelisco, du plus classique au plus kitch.
L’apothéose de cet art se démontre tous les jours dans la rue. Tu t’habitues aux sifflements et commentaires du style « me enamore », « me caso con vos », « te quiero dar 3 hijos » bla bla bla. Un test qui réussit à tous les coup, tu passes devant un chantier en construction. Effet push-up auto-estime assuré ! Si aucun homme ne te fait de commentaire, de compliment ou ne te siffle, alors fais-toi du soucis.(voir liste plus bas de compliments à la sauce argentine )

Détail croustillant, comme partout en Amérique du sud, il existe à Buenos Aires une offre pléthorique de « télos » (verlan de hôtel), qui se reconnaissent aux néons rouges le soir et à leur entrée de parking souterrain, toute en discrétion. Dans ses hôtels on loue des chambres à l’heure, à la demi-nuit, à la nuit. des hôtels de passe on dirait chez nous, saut que c’est pour Monsieur et Madame tout le monde. Du plus basique au plus chic, avec jacuzzi, matelas à eau, miroir au plafond, chambres à thème. Tout est question de budget. On en trouve dans tous les quartiers, avec une forte proportion dans les quartiers de bureaux, comme par hasard. Tout le monde y va, le petit frère de 16 ans qui n’a nulle part où emmener sa petite amie, les jeunes adultes qui n’ont pas les moyens de quitter la maison de papa maman, le couple qui vient de se rencontrer en boîte, les amants, maîtresses, patrons, secrétaires, collègues de bureau de 5 à 7. Amours adolescentes, amours fugaces, amours clandestines, amours occasionnelles ou histoires fraîches, tout le monde va au télo. Toi parfois tu marches dans la ville, tu reconnais leur devanture si spéciale, tu penses à ce qui se passe à l’intérieur et ça te fait sourire…
Tu vas voir, Sexy Aires va te plaire, on parie !

ps : Voir la suite de ce billet : le Mode d’emploi de survie sentimentale à Buenos Aires à l’usage des âmes romantiques

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L’art du piropo
Trouvés sur internet, les meilleurs « piropos » (compliments) argentins:
Detrás de una mujer hay un enigma y vos tenés un flor de misterio.
¿Vos existís o yo te estoy inventando?
Por vos subiría al cielo en bicicleta y bajaría sin frenos.
Dejaré de volar el día que aterrices en mi vida.
¡Nena, con esa delantera ganamos el mundial!
Estoy con fiebre y encontré el antibiótico justo
Si no creés en el amor a primera vista esperá que vuelvo a pasar
Encandilame con esos faroles así chocamos de frente.
Tus ojos son dos luceros que iluminan mi camino, pero un día los cerraste y me hice bosta contra un pino
Esta maceta necesita de una flor como vos
Realmente estoy luchando contra la necesidad de hacerte esta noche la mujer más feliz del mundo.
Estoy buscando Diosas para una nueva religión… Y acabo de elegirte.
Hola. Soy un ladrón y lo primero que quiero robar es tu corazón.
Perdona, ¿no tendremos algún amigo en común para que nos pueda presentar?
Sos el complemento ideal para terminar de decorar mi dormitorio.
¿Me dejás sacarte una foto?
Quiero enviársela a mis amigos y demostrarles que los ángeles existen.
Hermosa, Tienes que estar mareada de dar tantas vueltas en mi cabeza.
Tengo que comprarme un diccionario, desde que te vi me he quedado sin palabras!
 ¿Te molesta si te observo un ratito?
Es que quiero recordar bien tu cara para mis sueños.
Sos tan dulce, que solo con mirarte me duele la muela.
Disculpa, ¿Vos existís o yo te estoy inventando?
Quisiera ser gato, para pasar 7 vidas a tu lado.
¿Te hiciste daño al caer del cielo?
¡Vos con esas curvas y yo sin frenos!
Eres tan dulce que sólo con mirarte engordo.
 ¿De qué juguetería te escapaste muñeca?
¡Cómo avanza la tecnología… porque hasta las flores caminan!
 Sos la rueda de auxilio de mi corazón en llanta.
¡Policía, policía! No persigan al ladrón, persigan a ese chico que me ha robado el corazón.
En que estarían pensando los piratas, cuando abandonaron semejante tesoro.
 ¿Sabes que es lo más bonito de dormir?… El saber que puedo soñar contigo…. Y lo más bonito de despertar es que no eres un sueño, sino que eres real.
Si la felicidad es agua y el amor es fuego,
¡Como me gustaría ser tu bombero!
Me gustaría ser tu ropa para poderte abrazar y decirte todos los días lo buena que estás.
Si tuviera que regalarte algo te regalaría un espejo por que después de ti lo mas hermoso es tu reflejo.
Rubita, sol de los soles, tu cara es una custodia; y tu pecho una escalera para subir a la gloria.
Se te cayó un papel.El que te envuelve, bombón.
Ser esclavo de tu amor, es tener como prisión el Paraíso.
Sources
http://www.foroamor.com/piropos-argentinos-25756/
http://chenegro.com.ar/2009/02/coleccion-de-piropos-argentinos.html
http://www.piroposcortos.com/piropo/category/piropos-argentinos/

Argentine anti-blues

photo de linternaute.com

Si un jour cela doit t’arriver toi aussi,
prendre un avion sans trop savoir pourquoi,
traverser l’océan et laissser derrière tes parents, tes mamies, ton brother et tes meilleurs amis
voyager toujours seul(e) sans personne à côté
savoir qu’à l’aéroport personne ne t’attend,
ressentir le blues du gitan, le vague à l’âme du voyageur, le tournis,
arrange-toi ce jour-là pour que ce soit destino Buenos Aires, aéroport d’Ezeiza.

 

Démonstration n°1:
Me voilà de retour après une longue pause estivale, chaude et régénératrice made in France. Arrivée à l’aéroport de Buenos Aires à 4.25 du matin, un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid soudain (10°C) après la chaleur de Barcelone, envie de me coucher, c’est tout.
Je me dirige vers la douane et me rends compte que j’ai oublié le petit papier distribué dans l’avion pour l’immigration. C’est mon tour, je passe devant la cage en verre du douanier, et lui dis que je n’ai pas le formulaire, j’ai dû le laisser dans l’avion.
De l’autre côté du verre il y a Pablo le douanier, appelons-le Pablo, d’une cinquantaine d’année, qui voit passer la 200ème touriste de la nuit, moi. Il a dû se lever à 2h du mat peut-être, ou il ne s’est pas couché du tout. Il ne fait pas un boulot passionnant, tamponner des passeports dans une cage en verre. Toute sa vie il aura vu passer des voyageurs qui sortent de l’avion, avion qu’il n’a certainement jamais pu prendre vu ce qu’il doit gagner. Mais il s’en fout, parce que Pablo, même un matin d’hiver à 5h du mat, il a le SMILE, la patate, l’envie de déconner, la gentillesse, le mot qui fait rire, il est argentin.
Il a dû penser que j’avais un air de chien battu, alors il s’est dit qu’il allait essayer de me dérider.
Il me regarde et me dis :
– « Ah toi, je sais, t’as perdu la tête, t’es amoureuse, et du coup tu perds tout, les papiers etc » !
Il guette ma réaction et évidemment je souris, il m’a eue. Je ne m’y attendais pas à celle-là. Je ne rentre pas dans les explications du pourquoi je perds tout et que c’est héréditaire et que y’a qu’à voir ma mère et ma grand-mère et que mon frère a le pompon de la famille, non, il s’en fout.
Je souris, et il me dit
– « Ma poupée t’en fais pas, prends ce papier et complète-le moi ».
Je le remercie d’être si gentil. Un peu de réconfort ce matin-là n’était pas de trop.
Je lui ramène le papier et il me demande combien de temps je reste. Ayant mon visa de travail périmé, je suis cette fois-ci touriste (charme de la bureaucratie argentine) et demande poliment d’avoir 3 mois, le maximum.
Et là Pablo il se dit qu’il a tout compris, on la lui fait pas à lui, la nana seule qui débarque et qui demande 3 mois, et s’écrie
– « Ca y est, j’ai compris, tu as trouvé un fiancé argentin !!! Bravo !!! Je te félicite ! T’es trop forte ! Mais attention aux fiancés argentins, c’est des filous, je t’aurais prévenue ! Vraiment je te félicite ! Bravo ! Je suis content pour toi !  »
Ses collègues des cages en verre à côté se retournent, me regardent, je ne sais pas trop où me mettre, et ils me sourient, rient en regardant Pablo, et reprennent leur tamponnage de passeport.
Et là je me suis franchement marrée, à 5h05 un matin d’hiver, un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid soudain et envie de me coucher. Pablo, il était trop fort. Ici tu ne peux pas être triste, c’est pas admis et ils ont bien raison. Car à la réflexion, mes petits soucis ce matin-là n’étaient juste qu’une petite fatigue d’une nana bien gâtée par la vie.

 

Démonstration n°2
5 mn après avoir laissé Pablo et retrouvé mes bagages, je pars dans un taxi. J’ai le temps de marcher quelques mètres et de ressentir le charme des températures hivernales de Buenos Aires, en d’autres mots de me cailler les miches, et là je tombe sur le taxi Jorge, avec sa doudoune et sa bonne bouille. Sitôt démarré qu’il allume le poste radio et met un CD d’Aventura, la bachata dominicaine qui me fait toujours si chaud au coeur. J’hallucine, car en Argentine ce n’est pas hyper courant, et voilà qu’une grande conversation s’engage avec Jorge après l’avoir félicité pour sa musique.
– « Mais oui je les adore aussi, Aventura c’est les meilleurs, je les ai vus en concert au Luna Park en juin, tu y es allée aussi ? Tu sais qu’ils vont se séparer, c’était leur dernière tournée ensemble ! »
Je réponds que je les ai ratés, je suis dégoutée, il me dit qu’il va me mettre le dernier CD. Là il baisse le pare-soileil, et je vois une rangée de 15 CD gravés, que de la bachata. Il en prend un, le passe et me dit
– « Ecoute ça ma chérie ! »
Et là c’est parti mon kiki, 5h30, Aventura au taquet dans la voiture, et Jorge qui chante  » mi amor, mi corazon », emmitouflé dans sa doudoune, en conduisant son taxi pourri. Lui non plus il n’a peut-être pas dormi de la nuit, pas plus que Pablo, il prendra jamais l’avion non plus. Mais ici, y’a pas d’heure pour être heureux. Je me pince, me dis que l’Argentine me donne une bienvenue incroyable et que j’ai trop de chance.
Je lui demande de me passer « Alexandra ». Pas de soucis, il change de CD, prend le 9ème sur la gauche derrière son pare-soleil, sans se tromper, et me la passe. Oui, ma chanson adorée !
Et là ben comme il la chante, je la chante aussi, bref nous chantons. Il est 6h, Buenos Aires s’éveille, le jour se lève et dans un taxi jaune 2 fans de bachata s’éclatent, Jorge et moi. Moi qui pourtant une heure avant était un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid envie de me coucher c’est tout, ben ça y est, je suis contaminée à mon tour, j’ai moi aussi le SMILE, la patate, l’envie de déconner, la gentillesse, le mot qui fait rire ! S’en suivent un échange de mail, la promesse qu’il va m’envoyer les prochaines soirées de salsa et bachata dont il entend parler, les dates des concerts du groupe de salsa dans lequel il joue…. et le CD.
Ben oui, parce que Jorge il est content, il m’a dit qu’il n’avait jamais chanté de bachata avec un passager, et encore moins si tôt un matin, alors le CD il me me l’offre et que c’est lui qui me remercie. Jorge il est comme ça, ici c’est comme ça, des fois ça me donnerait envie de chialer.

 

Des anecdotes comme ça chacun ici en a 10 000. J’ai encore la chance de m’en émouvoir à chaque fois, d’observer ces Argentins à la façon d’un anthropologue car l’Argentine me fascine toujours et encore. Et du coup je me suis souvenue de pourquoi j’avais pris cet avion.

 

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Le tango du collectivo

C’est un sport pratiqué de tous à Buenos Aires, pour qui prend les bus de ville, les collectivos.
Le tango du collectivo n’a pas comme bande son Gardel ou un autre chanteur des années 30, non, rien à voir. Ca se pratique au son de la circulation, des sirènes, des klaxons, d’une insulte échappée d’une voiture qui double par la droite, d’un « hijo de puta » laché par le conducteur… c’est beaucoup plus vivant comme musique ! La musique est saccadée, rythmée au gré des nids de poule et des rues défoncées (nombreuses ici), des amortisseurs du bus qui jadis existèrent, des coups de freins et des accélérations intempestives.

Le tango du collectivo consiste à monter dans un bus, qui redémarre sitôt que l’on monte la marche, à payer, s’assoir, tout en tanguant, mais sans s’étaler par terre. On se cramponne donc au premier objet qui passe, la personne devant, la vitre, le premier siège libre. On atteint tant bien que mal la machine à avaler le peu de monnaie qui nous reste, car oui, en 2010 à Buenos Aires, on paie son trajet de 1,25 pesos en petites pièces sonnantes et trébuchantes. Pas de carte magnétique comme dans le métro, ce serait trop simple et donc ce ne serait pas l’Argentine. Non, des pièces, alors que dans ce pays on en manque cruellement, mais passons. Là commence l’acrobatie artistique. La main gauche appuyée où on peut, moi je mets carrément un bras autour d’un des piliers métalliques, le porte monnaie dans une main tandis que de l’autre cherche péniblement les 1,25 pesos. On cherche, on se stresse, le collectivo roule à  vive allure, je ne préfère pas savoir à combien, on prie pour avoir assez de monnaie, si on n’a pas de bol on a 2 personnes qui attendent derrière nous, on reprie pour ne pas faire tomber le porte-monnaie ni tomber soi-même. On insère les pièces, le chauffeur freine comme un enfoiré, y’a pas d’autre mot, on se tient comme une malade au pilier, on reprend sa respiration, on en était à 90 centimes, donc on cherche les petites pièces manquantes, on retrouve des pièces chiliennes, voir des centimes d’euro, on comprend pas, on continue à fouiller dans le porte-monnaie, ça re-accélère, on se tient encore plus au pilier, on trouve enfin, mince la dernière pièce n’a pas été acceptée, on commence à avoir une crampe au bras gauche, on la reglisse enfin dans la machine, OUF ça passe, OUF on récupère ce petit billet blanc !!!

A ce moment-là, la première crise cardiaque évitée, la deuxième partie de plaisir commence. On cherche maintenant à atteindre un siège libre tandis que le collectivo roule, et plutôt comme un dératé à très vive allure. Par chance, on trouve un siège pour poser son derrière et on étale littéralement notre masse dessus. On se fiche de savoir si notre assise n’est pas des plus gracieuses, c’est ça ou on tombe par terre, because le collectivo vient justement de rouler sur un trou béant dans la chaussée. Des travaux sûrement…ou pas forcément. Peut-être une course poursuite avec le collectivo de devant, qui sait, tout est possible. On respire. On est content d’être enfin assis . On savoure son trajet et on prie qu’aucune femme enceinte ou vieillard ne monte après nous pour qu’on n’ait pas à leur céder la place. C’est laid mais c’est ce qu’on pense, avouons-le.

Tango 3ème round. On s’approche de notre destination alors on se lève, et le rodéo tango recommence, comme au Texas quand on monte des chevaux sauvages. On marche direction le fond du collectivo qui roule toujours comme un dératé, y’a toujours pas d’autre mot. La main droite sur un siège à droite, la main gauche sur un siège un peu plus loin à gauche, on marche en canard comme ça, les bras crispés. On appuie sur la sonnette pour indiquer qu’on veut descendre au prochain arrêt.

Là vient la partie rigolotte, un vrai sketche à la Benny Hill. Les portes arrières s’ouvrent, alors qu’on roule encore à je ne sais pas combien, je ne veux toujours pas savoir. On est exactement pile poil en face des portes grandes ouvertes, à deux marches au dessus, à se dire que si nos poignets lâchent on va dévaler le mètre qui nous sépare du trottoir à la vitesse de l’éclair. Marrant, non ? Pourquoi on n’attend pas d’être à l’arrêt pour les ouvrir ? T’en poses des questions toi ! Dangereux ? Mais naaaaaaaan, ah ces Européens chochottes du primer mundo, un rien ne les effraie ! Non, on les ouvre bien avant, quand tu es bien tout devant, comme ça on te donne des petits frissons tout plein avant de rentrer chez toi. Ici on n’a pas besoin de Space Montain chez Disney, l’aventure tu l’as pour 1,25 pesos, le goût du risque, avec en bon-cadeau surprise le risque réel, bien réel même, de te casser un bras, une jambe, les deux, les quatre… C’est d’la balle le tango du collectivo !!! Je t’avais dit, c’est l’Argentine.

Je descends donc, mes bras contracturés peuvent se relâcher, ils ont fait le sport de la matinée. Je marche la dernière cuadra avant d’arriver chez moi en imaginant la scène, m’explosant les fesses en tombant d’un collectivo en marche. Même pas choquée, je me marre même carrément toute seule. Et là je me dis que je me suis argentinisée !

PS : dédicace à Viki, Gaby, Lucia 1, Lucia 2, Caro, Amina…mes franco-argentines !

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Partir…

Appareiller à Puno, lac Titicaca

 

Drôle de sensation, inexpliquée et de plus en plus inexplicable, malgré les printemps qui s’ajoutent à l’état civil. La certitude que l’ailleurs mérite toujours d’être connu, que si ce n’est pas mieux, ce sera certainement et forcément plus fort, plus intense que ce que je connais déjà.

Appareiller, boucler son ceinturon, brûler la politesse, circuler, débarrasser le plancher, re-commencer à zéro, débuter..

Serait-ce pour mon enfance et mon adolescence provinciale ? le profond ennui que je ressentais enfant, en regardant la vue panoramique sur ma ville depuis les fenêtres de chez mon père ? Et le peu de voitures qui traversaient les ponts du Gers les dimanches après-midi. Ce sentiment d’étroitesse, de petit, de minuscule. Je demandais à mon père « Dis Paris c’est grand comment? » Il me répondait qu’Auch était comme un arrondissement de Paris et que Paris en comptait 20. Et ça me faisait rêver. Une ville faisait 20 fois la mienne. Je calculais alors que des fenêtres de Paris, ou même de la Tour Effeil, on ne risquait pas de voir de champs autour de la ville.
Seraient-ce tous les récits de mon grand-père et ses yeux qui brillaient lorsqu’il nous parlait de Madagascar ?
Serait-ce cette musique de flûte de pan, la toute première de mon enfance, « le Condor pasa », qui s’échappait du tourne-disque? Ce vinyle, un 45 tours, et sa pochette dont je me souviens très bien, une photo d’un train dans les Andes embrumées.
Les heures passées devant les Cités d’Or ?
La fascination pour ma cousine franco-péruvienne, pour ses traits, ses cheveux et sa couleur de peau, tant différents des miens?


Décamper, dégager, déguerpir, déloger, démarrer, déménager, déserter, détaler, disparaître…

La frénésie de partir, le « jamais assez », le « encore une fois », le « c’était pas cher », le « je pars retrouver untel », le « c’était cette fois-ci ou jamais », le « je pouvais pas refuser l’invitation », toujours toujours une bonne raison pour justifier un départ. Et les soupirs de ma mère qui se demande comment elle a pu faire une gitane pareille.

s’échapper, émigrer, ficher le camp, filer à l’anglaise, gagner le large, lever le siège, lever l’ancre, marcher, mettre les voiles…

L’excitation du départ, l’idée de comment ce sera, prendre le bus, le ferry, la lancha, le bateau, le train ou l’avion… De l’instabilité peut-être, de la curiosité sûrement, l’envie d’aventure, d’ailleurs et surtout d’autrement. La lassitude de l’acquis, du train-train, du déjà-vu, déjà fait. La fascination pour la différence, le recommencement, le tout à refaire et tout à réapprendre.

re-partir, plier bagage, prendre congé, prendre la poudre d’escampette, prendre le large, prendre ses cliques et ses claques…

A bien y réfléchir, ça commence d’ailleurs dès que je prépare un sac. Pour le week-end, pour une semaine, ou plus encore. Plus j’en mets et plus je suis contente. Ca veut dire alors que je partirai pour longtemps. Est-ce le souvenir et l’habitude d’avoir fait des sacs toute ma vie, au moins 2 par semaine, aussi loin que je me souvienne ? Le sac pour chez maman, le sac pour chez papa… les enfants de divorcés comprendront ce que je veux dire. Ceux qui ont eu durant leur enfance 2 maisons, voir 3 avec celle les grands-parents, deviennent des experts de sacs, il faut le savoir. Dans mon cas j’ai hérité d’un sentiment d’être chez moi partout, de dormir comme un bébé dans n’importe quel lit ou sofa ou dortoir. Comme quoi tout a du bon.

Prendre son baluchon, prendre ses jambes à son cou, quitter, s’absenter, s’échapper, s’éclipser, s’embarquer, s’en aller…

Ce compteur qui tourne inexorablement et qui ne nous permettra pas de revenir en arrière, cette chance, une, qui nous est donnée de vivre, d’habiter un temps cette planète. Savoir qu’on a un seul tour, un seul essai, un seul passage, un one shot, que c’est la première et dernière partie, le premier et le dernier chapitre, le premier et dernier round, un aller simple…

S’enfuir, s’envoler, sauter, se barrer, se casser, se retirer, se sauver, se tailler, se tirer, tirer sa révérence et voyager… 

Flotter sur la mer morte, voir Jérusalem, boire un thé à la menthe à Marrakech et un thé à la pomme au Bazar égyptien d’Istambul, voguer sur le Bosphore, passer une nuit au DF, prendre une lancha sur le Nil, visiter le Caire, regarder le coucher de soleil à Santorin et le lever dans la baie d’Along, faire une sieste au bord du lac Atitlan, du shopping à Chichicastenango, danser la salsa à Cali, se baigner dans le Pacifique, manger un ceviche à Mancora avec Sophie, une paella à Valence, partir à Venise en amoureux, découvrir la Corse, embarquer pour Capri, connaître le Salerno de Carmen, m’échapper à Ouarzazate et m’enfoncer dans le désert, essayer Essaouira, plonger à Ko PhiPhi, me faire masser à Bangkok, visiter New York sans la neige mais Prague avec, voir un jour en vrai des girafes et des zèbres, des lionceaux et des kangourous, revenir à Madagascar avec la mama…

Une vie ne suffira pas peut-être, mais ça vaut le coup d’essayer, non ?

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Costumbres argentinas

En une semaine j’ai découvert de nouvelles coutumes argentines

Cette année premières fêtes de fin d’année en Argentine, 1er Noël en (belle-)famille. On me prévient  de m’organiser asez tôt pour venir car dès la fin de l’après-midi, le 24 comme le 31 décembre, les commerces ferment beaucoup plus tôt, les bus passent au compte-goutte, plus de métro à partir de 20h… La ville et sa frénésie s’arrêtent quelques heures. Et ce n’est pas pour me déplaire que le système, à défaut de s’arrêter complètement,  ralentisse. Et que les chauffeurs de bus et de métro puissent manger en famille, comme moi.
Noël ici ça donne qu’on est tout transpirant, on arrive avec sa bouteille d’eau, on se retrouve en tongues autour du sapin, à se mettre du Off (l’anti-moustique) sur les jambes, c’est franchement surréaliste. On pense qu’au pays les routes sont bloquées par la neige, que sa mère doit être les fesses scotchées au radiateur et que le frérot en Lituanie doit être à moins 20°C. On essaie d’imaginer mais on n’arrive pas trop à réaliser. Par chance on échappe ici au matraquage publicitario-commercial des affaires/offres/idées cadeau de Noël dans les magasins. Pas non plus de vitrine redécorée en rouge et papa Noël comme chez nous, quasi pas de guirlande dans la ville, juste un sapin blanc pseudo-enneigé sur l’avenida 9 de Julio au pied de l’Obelisco, qui semble être tombé d’un avion tellement on n’y croit pas une seconde.
Maintenant que le décor est planté je rentre dans le vif du sujet. 1ère découverte, tout d’abord, le goût, voire la passion ici pour les pétards, fusées, ballons montgolfières et autres gadgets et accessoires qui volent dans le ciel et/ou font du bruit et de la fumée. Il me semble qu’en France on arrête d’y jouer vers les 17 ans (sauf mon ami John qui se reconnaîtra…), mais ici les pères de familles autant que leurs fistons, les filles et les plus grands s’y donnent à coeur joie. Ca donne une cacophonie de pétards dès le matin, puis de fusées éclairantes et feux d’artifices à la nuit tombée, le 24 et le 31 décembre. L’heure de pointe est de 23h à 1h du matin, et là, c’est la folie. On ne s’entend plus, ça résonne dans les manzanas, les pleurs des bébés et jeunes enfants s’échappent des fenêtres… Chez ma belle-soeur, chaque année le chat se cache sous le lit toute la journée et toute la nuit. Il connaît la musique attend que ça passe…pobrecito. Ca commence à s’engueuler aussi, de balcon à balcon, on demande que ça s’arrête, qu’il y a des enfants ici qui ne peuvent pas dormir. Sauf que Gustavo et son fiston sur la terrasse d’à côté, il est au taquet depuis 1 an. Il a fait le plein à Cotto (le supermarché) de tous ces gadgets, des nouvelles fusées volantes « encore plus de bruit encore plus loin »…et que cette année il veut en mettre plein la vue et plein les oreilles à ses voisins… Le bordel bien latino comme je les aime. Il faut le voir et surtout l’entendre pour le croire, à côté nos fêtes sont bien silencieuses en comparaison ! Et bien entendu, dès 1h du mat on entend quelques ambulances et sur la chaîne TV Chronica, on donne les premières infos sur les premiers accidents, premiers blessés, premières mains brûlées de l’année… Inévitable !

Souvenir du nouvel an sur une terrasse d’Almagro…

Ensuite, autre petite anecdote, celle 30 décembre. Le matin en partant travailler je trouvais les rues particulièrement sales, ou plus exactement jonchées de petits papiers blancs, et pensais que les rues n’avaient pas été nettoyées depuis la veille… Erreur, c’est la coutume ici pour les employés de bureau de jeter des milliers de petits papiers par les fenêtres pour fêter la fin de l’année !

Ce qui donnait ça vu de mon bureau :

Enfin, vu sur les plages ce week-end, alors que j’étais sur le point de m’endormir, j’ai entendu un groupe de personnes tout près de moi applaudir, puis les gens derrière, puis devant, puis partout, tous debout les yeux fixés vers le rivage. Plusieurs secondes je me suis demandée pourquoi, impressionnée par un tel spectacle, jusqu’à ce que l’on m’explique que c’était la coutume, un geste solidaire, lorsque des parents perdaient leur enfant sur la plage, où qu’un enfant se manifestait après s’être perdu, de faire passer un message d’alerte pour que les familles se retrouvent. Chaque parent retrouve sa marmaille et scrute si un enfant se trouve seul… Je ne pense pas que ce soit typiquement argentin mais plutôt sud-américain. En tout cas c’est un spectacle assez angoissant quand on connaît pas, qu’on comprend pas, cet applaudissement qui n’en finit pas, assourdissant, qui dure et qui dure, jusqu’à l’heureux dénouement.
Chacun ensuite retrouve sa serviette, son maté, repart se baigner comme si de rien n’était. Il restait juste une boluda émue devant tout ça, encore et toujours plus convaincue qu’ici décidément, certaines choses de passent bizzares, étranges, exemplaires et touchantes.

un exemple de scène trouvée sur youtube

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Le bruit et les odeurs

Jamais je n’avais autant identifié à une ville à ses bruits, à ses sons, à sa musique et à ses odeurs que Buenos Aires. 

La ville est parmi l’une des capitales les plus bruyantes au monde, paraît-il. Le centre est envahi de taxis jaunes et noirs tel un New York européo-latino. Autant le réseau de métro est très peu développé, autant les colectivos, eux, quadrillent toute la ville jour et nuit. Donc à n’importe quel endroit de la capitale on écoutera le colectivo passer et dévaler les avenues et les moindres petites rues sans trop de limitation de vitesse. Au point que vivre dans une rue où ne passe pas de collectivo est un gage de tranquilité sonore. Visuellement, les colectivos sont différents selon chaque ligne et chaque compagnie privée qui les exploite. Certains, les plus drôles, sont « tunnés » façon voitures des kékés de la côte méditerrannée, couleurs et dégradés bleutés sur le parebrise, la radio et la musique au goût du chauffeur, parfois le chapelet qui pend au rétroviseur, comme j’ai connu à Mexico. Pas de virgen de Guadalupe mais la photo des enfants du chauffeur, de la novia… Bref, un univers différent à chaque trajet.

Les voitures sont parfois d’une autre époque, un bon tiers ne passerait pas le contrôle technique je pense, mais elles roulent. Et font du bruit. En proportion il y a quand même beaucoup moins de voitures qui circulent dans le centre que dans des capitales européennes. Situation économique oblige, ci on est très loin d’une voiture par famille, c’est collectivo et subte (metro) pour tous.

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La musique typique que l’on peut entendre par hasard comme ça, en passant dans la rue, est bien-sûr le tango. Quelques notes, un air, une chanson, s’échappant d’un attrape-touristes, d’un magasin de disques de l’avenue Corrientes, d’une fenêtre, d’un taxi, en passant le soir devant un bar, une milonga (salon où on danse le tango), une école de danse…

En plus du tango, je suis toujours ravie d’entendre à la radio toute la musique que j’aime et que je ne pouvais écouter que dans mon MP3 depuis des années. Au bureau pendant la journée j’écoute Andrès Calamaro, los Rodriguez, los Fabulosos Cadillacs, du folklore argentin, Mercedes Sosa, Mana, tous les tubes latinos du moment ou les classiques, mon Chichi Peralta adoré, un peu de salsa, de merengue, bachata… C’est comme si je faisais une sélection de ma musique préférée, sauf qu’elle passe toute seule à la radio !

L’autre bruit qui me semble très typique de Buenos Aires sont les enthousiasmes télévisuels dominicaux provoqués par les matches de foot. Cris, hurlements, explosions de joie ou de colère, insultes, beaucoup d’insultes, aux joueurs, entraîneurs, arbitres, spectateurs supporters de l’équipe adverse…, c’est le fond sonore habituel d’un dimanche calme à la maison les fenêtres ouvertes… Cet après-midi c’était Boca contre River, c’est à dire un match entre 2 équipes mythiques de la ville pour lesquelles les inchas (les supporters) se couperaient un bras pour voir leur joueurs gagner. Et je me suis dis en entendant à plusieurs reprises des hurlements dans toute la cuadra (le paté de maison) que ça me rappelait la France pendant le Mondial, lorsque l’équipe de France joue, sauf qu’ici c’est le Mondial tous les week-ends.

Et les odeurs, vous me direz quelles odeurs ??? Je vous répondrai sans hésiter l’odeur des braises ardentes, de la grillade, dès 10h du matin, ce filet de fumée qui vient des restaurants alentours et qui me taquine les narines quand je suis au bureau et me fait calculer que la pause déjeuner se rapproche. Car les Argentins qui peuvent dépenser 20 pesos (article écrit en 2009) vont s’enfiler une bonne viande à midi, forcément cuite au feu de bois. C’est l’asado, la parilla,la parillada, bref tout ce vocabulaire de grillades et de barbecue que l’on apprend ici en arrivant. C’est le plat de prédilection,  incontournable pour un dimanche en famille, une soirée entre amis, improvisable à toute heure, en hiver ou en été. J’en ai vu qui installaient les braises par terre dans la rue. Ici on trouve des braises à acheter aussi facilement qu’une bouteille d’eau. L ‘odeur des braises est dans toute la ville. Dans les restaurants en semaine, dans les jardins et terrasses les week-ends… et dans ma mémoire olfactive pour toujours.

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