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Avoir une amie brésilienne

 

Avoir une amie brésilienne et vivre le Carnaval de Rio avec elle est sans doute l’une de mes plus belles expériences de voyage. Pour l’anecdote, Aline s’appelle Aline car sa mère, dans les années 70 à Rio, chantait à tue-tête « pour qu’elle revienne ». Véridique.

Entre Aline et moi tout a commencé dans un aéroport, celui de Buenos Aires, Ezeiza, un dimanche soir à minuit passés. Elle revenait du carnaval de Rio, moi de celui de Salvador de Bahia. Vu l’heure tardive, les taxis nous annonçaient à chacune des prix faramineux pour aller dans le centre. Je lui ai alors proposé d’en partager un ensemble et je m’en suis souvent félicitée. Les 45 minutes de trajet nous ont suffit pour nous lier d’amitié, nous étions deux étrangères vivant en Argentine depuis quasiment le même moment. On se quitta ce soir-là en se promettant de se revoir, et ce fut chose faite, maintes et maintes fois, durant les années suivantes. Aline est maintenant repartie dans sa terre carioca (Rio), et je me devais d’aller la voir cette année. Après tout, c’est suite à un carnaval que nous nous étions rencontrées, il était donc logique d’en passer un ensemble.

Avoir une amie brésilienne, c’est l’entendre te dire, la semaine avant que les festivités du Carnaval ne commencent, qu’elle est déjà toute émue. Et c’est la regarder bizarrement sans trop comprendre.

Avoir une amie brésilienne, c’est l’entendre te proposer de faire une manucure et une pédicure à J-1, pour être « prêtes ». Et c’est la suivre.

Etre chez une amie brésilienne,  c’est avoir la télévision allumée avec en fond sonore les télénovelas (les séries locales romantico) et c’est devoir entendre l’histoire personnelle de chaque acteur, comme s’il faisait partie de sa famille. Et c’est s’en balancer, vraiment.

Etre chez une amie brésilienne,  quand elle te montre son quartier, c’est la voir t’indiquer fièrement son nouveau gymnasium, quand toi, en France, tu lui aurais montré la meilleure boulangerie. Et c’est te remettre en question.

Se préparer pour sortir avec une amie brésilienne, c’est l’entendre dire, d’un air dépité devant sa glace, qu’elle a vraiment besoin d’une paire de seins. Et c’est lui répondre que c’est une grande folle.

Aller se baigner à Rio avec une amie carioca, c’est la suivre les yeux fermés car elle sait à quel « poste » de la plage se trouvent les plus beaux spécimens mâles. Et c’est constater qu’elle ne s’est effectivement pas trompée.

Etre à la plage avec une amie brésilienne, c’est l’entendre dire avec une assurance sans faille si telles ou telles fesses ont été refaites. Et c’est la croire.

Aller au carnaval avec une amie brésilienne, c’est l’entendre te chanter toutes les chansons diffusées dans la rue et t’expliquer les paroles de chacune d’elles. Et c’est penser, sans oser lui dire, qu’elles sont  toutes un peu les mêmes.

Passer un Carnaval avec une amie brésilienne et la voir si heureuse, chanter et danser à l’unisson avec ses compatriotes, c’est comprendre que le Brésil n’a pas d’égal sur Terre.

Rivière de Janvier

Rivière ou baie de janvier. Saviez-vous que c’est la traduction littérale de Rio de Janeiro ? Voilà, c’était juste pour l’anecdote, juste pas très inventifs sur ce coup-là les Portugais !

Aller à Rio depuis Buenos Aires, c’est aller dans un paradis terrestre en 3 heures, plutôt tentant donc. Comme nous sommes à l’ère de la mondialisation, tu prends un vol direct de Buenos Aires à Rio avec la compagnie Emirates, tout juste venue de Dubai. Ce sont donc de jolies hôtesses de l’air vêtues à l’orientale qui te servent ton jus de mangue dans l’avion et le pilote te parle en arabe, c’est pas délirant ça ! J’ai adoré.

Forcément, tu ne comprends pas trop le plan de vol

Pour finir sur mon récit de vol, à l’arrivée à l’aéroport, j’ai vu cette pub excellente

Cette année j’ai donc foulé de nouveau pendant quelques jours le célèbre trottoir qui longe les plages de la « cidade carioca ».

J’ignore pourquoi, je dis souvent que le Brésil est une belle destination pour les vacances mais qu’en repartir ne m’a jamais brisé le cœur. Un peu comme les amours de vacances, quand on a 16 ans, ça sent bon l’été, le soleil et le sable chaud, l’odeur du monoï sur le paréo, mais sitôt rentré chez soi on oublie vite le prénom des baisers salés.
Cette année, blasée, je décrétais donc avant mon départ que oui, je revenais une fois de plus à Rio « pour voir des amis », que c’était « sympa », que je « connaissais déjà ». En réalité, j’avais oublié un petit détail. Rio est unique, Rio te retourne la tête, Rio c’est comme si Pele et Ronaldnho te faisaient dribbler le cerveau.
Toi qui me lis, tu as peut-être déjà voyagé dans toute la Terre, tu te considères comme un aventurier du monde, un champion des tampons sur le passeport, mais je te mets au défi de ne pas écarquiller les yeux et de ne pas remercier le ciel lorsque tu verras ça.
ou bien ça
Rio est un mix d’océan, de végétation luxuriante omniprésente, de rochers de granit qui se détachent de l’eau ou bien qui dominent la ville, de musique incessante et bien sûr de plages mondialement célèbres. Rio laisse aussi derrière son passage l’effluve d’une belle époque, d’un faste ancien, de jet-set, de fêtes à Copacabana à siroter de la caipirihna, de bossa nova et de chica d’Ipanema.



Souvenir d’une soirée surréaliste où je me suis retrouvée il y a de ça déjà quelques années,
avec happy-end inespéré : un lever de soleil sur Copacabana
 
 
Rio, ce n’est pas que les plages, c’est aussi des ruelles envahie par la Dame Nature

de veilles demeures, héritage de la colonisation portugaise,

des immeubles de style années 30

ou de style antique gréco-romain

des grattes-ciels, comme à New York

Enfin, New York, avec des palmiers quand même !
La comparaison a sa raison d’être, je ne vous raconte pas d’histoires !

Parfois, comme à Buenos Aires sur la plaza de Mayo, le colonial frôle Manhattan !
 
A Rio, amis cinéphiles, on retrouve aussi des stations de trains qui nous rappellent des souvenirs…

Bon j’ai bien compris que je vous avais déjà un peu saoûlés avec mes buildings, alors venons-en au vif du sujet, vous voulez de la fesse, je le sais, du torse, des chutes de reins cambrées, du bronzage et des cuisses galbées, alors direction la playa, c’est parti mon kiki.

A Rio le corps est roi, la cambrure est reine. Lorsqu’on marche près des plages, on a tout le loisir d’admirer les autochtones dans leur milieu naturel: en maillot de bain et en tongues, tout simplement. On voit des corps, beaucoup de corps, et plutôt pas trop mal faits. Des hommes sans tee-shirt, en toute innocence avec des dos xxx, des épaules xxx, une chute de reins xxx, enfin… je me comprends (soupir). On voit des femmes avec un short et juste le haut du bikini genre où est le problème. Pour les filles, c’est pas la mode des jambes toutes fines, au contraire, c’est plutôt cuisse de rugbywoman dans le style, avec ventre plat, petits seins et fessier prépondérant. Pour les hommes, c’est Musclor ou Monsieur Propre. Tout dans les biceps et les abdos. A noter, on reconnaît très vite les non-Brésiliens à leur maillots bermudas. Messieurs si vous voulez avoir l’air d’un local, optez pour un petit maillot moulant qui dessinera parfaitement votre anatomie. Les complexes on les laisse au vestiaire.
Avertissement: toute personne un peu sensible, un peu esseulée affectivement, ou pas forcément, peut développer des symptômes bizarres: envie de toucher voir si c’est vrai, de palper voir si on l’a rêvé, de caresser… Je t’ai prévenu, Rio ça retourne le cerveau.

Alerte a Rio !
 

FAQ des mauvaises langues
– Est ce que les hommes sur la plage ont tous ces dos et ces torses… la réponse est OUI
– Est-ce que les nanas ont toutes des maillots de 8 cm2 devant et 3 cm2 derrière, OUI.
Mesdames, vous allez me demander si tout ces popotins et décolletés sont vrai de vrai, je vous vois venir… Bien sûr on voit des faux seins, des fausses lèvres et des fausses joues, comme partout, mais bon, globalement, la brésilienne carioca (de Rio), because 2 heures de roller chaque dimanche et gymnasium tous les 2 jours, ben ouais, elle a la fesse ferme. CQFD.

Idem pour les mâles, on distingue de suite ceux qui passent plus de temps à lever des haltères qu’à aller à la bibliothèque. En même temps, quand on est sur la plage, on en demande pas tant, on veut du beautiful people, et on en a.

A lire prochainement sur le blog, « le carnaval de Rio » et  « Avoir une amie brésilienne« .


 

Ai-je rêvé ?

  • cette moiteur tropicale épuisante
    – mes retrouvailles avec Carmen 9 mois après son départ de BA, la sensation qu’on s’était quitté la veille
    – son appartement dans son quartier favelesque
    – les fourmis qui sortaient de nulle part dès qu’on faisait tomber un morceau de mangue sur le sol de sa cuisine
    – les fenêtres ouvertes la nuit pour respirer, qui nous laissaient entendre la vie nocturne de son quartier qui ne dort jamais, la musique non-stop, les conversations, les rares voitures, le coq des voisins, ce coq putain que j’avais envie d’égorger (ça me rappelle celui de la voisine maman)
    – cet après-midi inoubliable sur la terrasse du toit de son immeuble
    – notre amitié au sein de cette communauté italo/franco/israelo/brésilienne, la preuve vivante que tout est possible dans ce monde
    – nos conversations en anglais et en espagnol suivant les interlocuteurs pour se comprendre tous, alors que ce n’était la langue d’aucun d’entre nous, parce que personne ne parlait la langue de personne. Nos fous rires et nos traductions simultanées qui nous épuisaient en fin de soirée
    – notre chef israëlien maître de la cuisine chinoise, Carmen aux commandes pour les pâtes et moi pour les crêpes (j’avais amené ma poële, sic)
    – Itay nous corrigeant à tous notre accent en anglais, l’hijo de puta.
    – Carmen bilingue demandant « a pilow to not vomiting on the boat »
    – nos adieux et les pleurs sur la plage
    – toutes ces chansons dans cette langue que je ne comprenais pas, envoutantes, que je n’entends pas ici, que je n’entendrai plus, à moins que Carmen me fasse le CD qu’elle m’a promis mais j’ai comme un doute…
    – ces défilés de danseurs, de musiciens, de percussionnistes, ces explosions de sons, de couleurs, d’allégresse, de danse, de démesure, cette foule interminable
    – ces stars locales chantant leurs tubes depuis des estrades sur des camions géants avec maxi sono, maxi éclairages, avec équipes TV et fans sautant partout à leurs côtés
    – cette organisation étonnamment parfaite pour un événement de cette ampleur, digne d’un festival de Cannes mais puissance 10 000
    – ces cortèges qui suivent chaque camion/char
    – ces plats délicieux aux saveurs et noms inconnus
    – ces couleurs vives, partout, les vêtements, les fruits, les panneaux publicitaires, les bijoux des femmes, même leur ombre à paupière. Le beige, le bleu marine et le noir n’existent pas dans ce pays.
    – ces nombreux fruits dont j’ignorais l’existence, sous forme de jus, de cocktails sucrés dangereux qui te saoûlent sans que tu t’en aperçoives
    – ces rues pavées, ces maisons et bâtiments chargées d’histoire coloniale
    – les couleurs de peau qu’on ne voit pas en Argentine, toutes les variantes de bronzé, doré, café au lait, métis, blancs et noirs, témoins de l’histoire, de l’esclavage et parfois des yeux clairs qui jaillissent par surprise
    – ces corps de femmes incroyables, ces silhouettes parfaites à faire changer une blanche de trottoir pour ne pas souffrir de la comparaison
    – la musique omniprésente
    – la musique en continu
    – les favelas à perte de vue qui entourent la ville
    – l’eau de cette île encore plus chaude que celle du Mexique (perdon Mexico lindo mais j’ai trouvé plus chaud que toi)
    – ces corps de mâles soigneusement musclés toute l’année durant, aux torses imberbes méticuleusement épilés, des neurones qui ont passé plus de temps à transpirer sur des vélos d’appartement que dans des bibliothèques c’est certain
    – cet affichage de fric vraiment too much, cette exubérance féminine lors de mon escale à Sao Paolo, une concentration maximale de sacs et valises Vuitton au mètre carré, ces mains et pieds manucurées/pédicurés, ces lunettes de soleil sur le nez à 23h dans un aéroport, ces talons hyper-hauts, ces chaussures encore jamais vues, ces cheveux longs impeccables, ces archétypes vivants et clichés bien réels de la latina cheta (arg) / fresa (mex) / pija (esp) / posh (uk) / qui a du pèse et qui veux que ça se sache (fr), qui me faisait sentir une clocharde mochilera à côté d’elles. J’avais pas été prévenue qu’il fallait prendre l’avion sapée comme à un bal des débutantes.
    – ces Brésiliens de New York rencontrés à l’aéroport, qui rentrent au pays une fois par an, précisément à ce moment de l’année, parce qu’ils ne rateraient cet événement pour rien au monde…

    C’était le carnaval de Salvador de Bahia et je ne m’en suis pas encore remise.
    Le prochain sera ailleurs, là-bas si les orishas le veulent bien…

Le tube de l’été au Brésil, Rebolation