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Buenos Aires à vélo c’est rigolo, preuve en photos et vidéos

 

Je dois confesser qu’il y a un moment dans le mois qui me fait complètement régresser mentalement, c’est régulier, ça tombe toujours au même moment, le premier dimanche de chaque mois. Je redeviens alors comme une gosse de 6 ans qu’on emmène pour la première fois à Disney (démonstration en vidéo tout en bas, avec en cadeau mon rire discret). Ce moment bien précis correspond à la masa critica, version argentine que ce que l’on appelle masse critique en français ou Vélorution, c’est à dire ce regroupement de cyclistes qui se retrouvent pour le plaisir de pédaler ensemble pendant quelques heures dans la ville. Ces regroupements existent d’ailleurs dans toutes de nombreuses capitales de par le monde et, ce n’est pas un hasard, ce mouvement est né dans les années 90 à San Francisco.

A Buenos Aires le cérémonial est toujours le même. On se retrouve à l’Obelisco, j’ai entendu dire que nous sommes environ 2000, en fait je n’en sais rien, mais on est nombreux, très nombreux. Il existe aussi des Masa Critica nocturnes, une fois par mois, à la pleine lune.

Voici donc l’Obelisco de jour et de nuit

Les masa critica, de jour comme de nuit, font environ 40 km et durent 4 heures, donc de 17h30 à 21h30 le 1er dimanche de chaque mois ou de 22h30 à 02h30 du matin une fois par mois pour les masa nocturnes.

Départ et retour à l’Obelisco mais bien sûr on peut la quitter quand on veut.
Renseignements sur https://www.facebook.com/groups/masacriticabuenosaires/?fref=ts

Se croisent tous les profils, un peu hippies avec des fleurs sur les vélos, des fumeurs d’herbe qui s’en fument un dernier avant l’effort, certains vendant des « brownies feliz », comprendre des brownies qui rendent heureux grâce à des substances magiques, ou autres sandwichs et gâteaux fait maison. On voit des cyclistes qui ont des vélos de compétition, limite tunnés, et qui doivent coûter mon salaire mensuel. Certains mecs se la jouent pro, jambes rasées de près, mollets affutés et casques aérodynamiques. Et puis la majorité sont des cyclistes du dimanche, comme moi. Avant de partir ça boit de l’eau, de la bière, du coca-fernet, au choix. Puis au bout d’une heure, le son des klaxons de vélo commence à se faire entendre, on s’impatiente, puis finalement on se met en marche, tous ensemble. Le trajet est décidé sur le moment par une petite équipe de meneurs qui sont tout devant. Alors la meute que nous formons s’avance et s’engouffre dans les rues de Buenos Aires, sans s’arrêter, en les suivant.

La dernière masa critica nocturne fut vendredi soir dernier pour la Saint Valentin. Muy romantico !

En video de départ de l’Obelisco, nous occupons toute l’avenue de la 9 de Julio,  la plus grande artère de la ville.

La rue est à nous !  
 
 Tout est dans le style
 Voir le panneau de la rue JD Peron, avec Eva Peron dessinée sur l’immeuble blanc en fond
Une autre équipe s’occupe de couper les rues perpendiculaires pour que nous passions sans danger. Bien évidemment nous coupons le trafic quelques minutes, le temps que toute la meute passe. Une organisation parfaite qui nous permet de profiter des rues de Buenos Aires sans voiture, sans bruit.
Une sensation de liberté, une occasion  de profiter de la ville librement et une douce revanche sur les voitures: pour une fois ce sont elles qui doivent nous laisser passer et attendre et pas l’inverse. En plus Buenos Aires est tout plate donc c’est idéal à vélo.
On croise la route de quelques personnages un peu loufoques et originaux. On voit ceux qui pédalent avec le maillot de leur équipe de foot, puisque c’est aussi une occasion de parader dans la ville et de promouvoir son club et puis ça déchaîne des commentaires des passants qui supportent le même club.

 

Supporters du club San LorenzoD’autres se déguisent, mettent des perruques.
Photo de Giancarlo León PHIl y en a un qui est immanquablement en costard cravate.

D’autres d’un troisième genre se joignent à nous, des rollers, pas trop car beaucoup de rues sont pavées et c’est pas idéal, mais aussi des skateurs.

Photo de Giancarlo León PH

San Valentin oblige, vendredi dernier un gros coeur rouge faisait partie de la troupe
 

Photo de Alejandro C. Bermejo

Un ange blond était sur un mini-vélo traîné par un autre vélo

 

Enfin, pour le plaisir de tous, certains amènent à l’arrière de leur vélo une énorme radio qui nous permet de faire la masa critica en musique, ce qui, entre les cris, les klaxons de vélo et la musique fait que l’on se fait légèrement remarquer, c’est aussi un peu le but. La majorité des porteños ignore l’existence de cette manifestation et les passants et la badauds nous regardent passer sans trop y croire. On se fait photoghraphier et filmer avec les téléphones, c’est notre quart d’heure de gloire.

Pendant ces 4 heures, on pédale, on transpire bien sûr, on discute avec d’autres cyclistes, on regarde ceux qui sont déguisés et on se convainc qu’à la prochaine masa on osera sortir la perruque platine qui croupit dans le placard. On voit quelques chutes, on boit beaucoup d’eau, on prend des photos, on filme, en essayant de ne pas tomber accessoirement. Vendredi j’ai innové, j’ai réussi à faire une halte en route dans une heladeria (magasin de glace) et repartir sur mon vélo avec mon pot de glace, le but étant de la manger tout en pédalant. Je tenais d’une main mon guidon et de l’autre ma petite cuillère qui cherchait le pot que mon ami me tendait en l’air. Un peu périlleux mais on y est arrivé. Et surtout on a fait des envieux. Bici + helado = un buen combo !

Pour conclure cet hommage à la masa critica, vidéo souvenir du 2 février, un moment où nous étions arrêtés, ça arrive quand la masa s’est trop étendue et l’on attend alors quelques minutes que tous les cyclistes se regroupent. Ce jour-là, il faisait très chaud, c’est le coeur de l’été ici. On avait de chaque côté des immeubles et une bonne dizaine de personnes qui nous regardaient depuis leurs balcons. Certains cyclistes ont commencé à leur crier de nous asperger d’eau. On entend « Agua, agua » et même « cerveza ». De l’eau ou de la bière donc. Les voisins ont mis quelques secondes à comprendre puis ils se sont exécutés. Moi je regardais et filmais la scène, incrédule, jusqu’à que les premières trombes d’eau s’abattent sur nous. Un moment jamais vécu encore et une crise de rire irrépressible. 

Pour ceux qui en douteraient encore, on s’amuse bien en vélo àBuenos Aires !

Quand un taxi porteño te fait une leçon de rock argentin



Il y a une chanson qui me fait pleurer à tous les coups, « Pacto para vivir », de la Bersuit, un groupe bizzare qui chante en pyjama depuis les années 90 et qui compte comme l’un des plus célèbres groupes de rock argentin.

Un soir de la semaine dernière, en prenant un taxi, je suis tombée sur autre un fan de ce groupe qui m’a donné une belle leçon de rock argentin, avec explication des paroles, commentaires à l’appui et tout et tout.
Encore un bel exemple de ces trajets que j’affectionne tant, et dont j’ai parlé ici et ici, de ces paroles échangées avec des inconnus, quelques instants seulement, sans pudeur.

Buena onda, Eduardo, appelons-le Eduardo, il a eu envie de m’expliquer pourquoi la chanson « Vuelos » c’était sa chanson à lui de la Bersuit, celle qui le faisait pleurer.

Ici il n’y a pas d’heure pour parler de musique et de rock.
Ici rien ne te retient de parler de la chanson qui te fait pleurer.
Ici on n’attend pas de retrouver ses amis pour parler de sentiments.
Les petits charmes de la vie c’est finalement souvent juste le moment présent.

Démonstration en vidéo. Muchas gracias Eduardo.

Quand Buenos Aires t’embobine

Buenos Aires est une menteuse. Elle se la joue française, aves ses noms français, son architecture parisienne, son « je ne sais quoi » européen. Que nenni. C’est une latine qui t’embobine.
Certaines pâtisseries ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles de chez nous, elles en ont l’apparence, la texture, la couleur mais pas le goût. Je le savais déjà, mais hier, ma gourmandise étant trop forte, je ne suis laissée séduire par la panaderia/confiteria « la Burdelesa » (la Bordelaise donc). Elle m’a bien eue. La prochaine fois, j’irai chez la seule, chez la vraie, chez Cocu.
En rentrant chez moi j’ai regardé la vue depuis la fenêtre de ma cuisine. Je me suis dit que j’étais bien naïve. Buenos Aires sera toujours Buenos Aires, même sous ses faux airs.

Quand la presse en parle… ou séquence d’auto-promo assumée

Quand on parle du blog, de Buenos Aires et de l’Argentine dans la presse, me gusta me gusta me gusta !

La Dépêche du Midi édition Gers le 24 janvier 2014
http://www.ladepeche.fr/article/2014/01/24/1801775-fanny-la-gersoise-blogue-en-argentine.html

L’Express Styles le 3 février 2014
http://blogs.lexpress.fr/styles/top-blogs-styles/2014/02/03/destino-buenos-aires-les-deux-facettes-de-lexpatriation/

Pétards de Noël

Pour faire suite à mon récit de Noël, ici démonstration en image.

Petite envie de faire voler des fusées et de faire éclater quelques pétards pour fêter Noël ?
Pas de problème, ici on en trouve en vente dans la rue jusqu’à la nuit tombée.
ce soir Buenos Aires va nous mettre le feu, pendant des heures…

Noël à Buenos Aires… calor, fusées, pétards et gouttes pour le chien

Mon chien Salvador, décoré pour l’occasion

Noël à Buenos Aires, pour qui a passé ses 30 premières années dans l’hémisphère Nord, est un peu un non-événement, un No-Noël. C’est finalement davantage de savoir comment ça se passe au pays qui donne le bourdon. Car ici rien ne le rappelle vraiment. Décorations et éclairages dans la ville inexistants. Le concept de vitrine de magasins décorés pour l’occasion n’existe pratiquement pas. Et surtout, même quand on essaie de faire comme si, avec 3 stickers de Papa Noël qui se battent en duels collés aux fenêtres, ben ça donne pas grand chose…. Parce qu’il fait chaud, 50% d’humidité minimum, tu en viens en bénir les magasins climatisés où tu ne mets pas les pieds le reste de l’année.

C’est le mois où tu fais tes courses de Noël en fonction des partenariats entre les centres commerciaux et les banques. Les réductions sont annoncées dans les média quelques jours avant, le centre comercial Truc offre 30% de réduction tel jour pour les clients de la banque Machin. Au début tu trouves ça bizarre comme système, mais tu t’y fais, et tu te retrouves comme les autres, tels les boeufs, à passer ton dimanche dans le magasin, à claquer des centaines de pesos, parce que c’est ce jour-là et pas un autre, et que les rois du marketing t’ont convaincue qu’en fait, tu ne dépenses pas ton argent, au contraire, tu fais des économies…

Décembre est un mois qui ressemble à une dernière ligne droite avant l’explosion générale, Noël, le Nouvel An et les vacances d’été. Ici la fin de l’année civile marque à la fois la fin de l’année scolaire, universitaire (qui reprendra en février/mars), la fin de l’année pour les entreprises. Tu enchaînes le pot de Noël avec les collègues, les spectacles de fin d’année des écoles, la pièce de théâtre que ta copine a préparé toute l’année, les fêtes avec tes amis que tu ne reverras pas de quelques temps car ils partiront en vacances

C’est le mois où tout le monde ne parle que de ça, des vacances
– quand ? janvier, février, mars. La question est de savoir également si tu pars avant Noël, ou après, avant ou après le Nouvel An.
– où et comment, en bus ou en avion ? détail important quand on sait qu’ici on met 20h de bus pour arriver à Bariloche ou à Salta. Côté plage, ça de divise entre la côte atlantique archi bondée (qui ressemblerait aux Landes pour les paysages avec la fréquentation de la côte d’Azur au mois d’août), l’Uruguay, ou le Brésil pour les plus fortunés.

Cette année on prie tous pour ne pas avoir de nouveau le record de chaleur que l’on a connu le 24 décembre dernier, 40ºC et 45ºC de sensation thermique. Je me souviens l’année dernière d’avoir transpiré tout en mangeant, et en étant à côté de la clim, charmant.

Le 24 décembre est comme un jour férié, il faut gérer les magasins qui ne vont ouvrir que jusqu’à midi, les transports qui vont s’arrêter vers 16h, 17h, tu ne sais pas. Il faut prévoir comment se rendre là où tu dîneras. Si tu n’as pas de véhicule, tu dormiras certainement sur place car seuls quelques taxis travailleront cette nuit-là.

Le 24 au soir, si tu pars de chez toi, il faudra bien fermer les fenêtres avant de partir, car comme le 31 décembre, les pétards vont fuser et peuvent rentrer accidentellement dans les maisons. Pour comprendre cela, il faut expliquer qu’ici il existe un goût prononcé, voire une passion, n’ayons pas peur des mots, pour tout ce qui est pétards, fusées, ballons montgolfières et autres gadgets et accessoires qui volent dans le ciel et/ou font du bruit et de la fumée, et ce de 7 ans à 77 ans. Il me semble qu’en France on arrête d’y jouer vers les 17 ans (sauf mon ami John qui se reconnaîtra…), mais ici les pères de familles autant que leurs fistons, les filles et les plus grands s’y donnent à coeur joie. Les magasins remplissent leurs stocks et on achète sa fusée volante tout comme sa crèche ou sa petite étoile argentée pour le (faux) sapin.
Ca donne une cacophonie de pétards dès le 24 (ou 31) au matin, puis de fusées éclairantes et feux d’artifices à la nuit tombée. L’heure de pointe est de 23h à 1h du matin, et là, c’est la folie. Le ciel de Buenos Aires s’embrase. On ne s’entend plus, ça résonne dans les manzanas, les pleurs des bébés et jeunes enfants s’échappent des fenêtres.Ca commence à s’engueuler aussi, de balcon à balcon, on demande que ça s’arrête, qu’il y a des enfants ici qui ne peuvent pas dormir. Sauf que Gustavo et son fiston sur la terrasse d’à côté, il sont au taquet depuis 1 an. Il a fait le plein à Cotto (le supermarché) de tous ces gadgets, des nouvelles fusées volantes « encore plus de bruit encore plus loin »…et que cette année il veut en mettre plein la vue et plein les oreilles à ses voisins… Le bordel bien latino comme je les aime. Il faut le voir et surtout l’entendre pour le croire. A côté nos fêtes sont bien silencieuses en comparaison.

Comme chaque année, vers le coup des 22h, la chaîne Chronica à la télé parlera de tel père de famille qui se sera fait arracher la main en allumant sa fusée volante, l’enfant de 5 ans qui aura reçu un pétard dans l’oeil, l’incendie accidentel de la maison qui aura reçu une torche volante par la fenêtre, le folklore habituel quoi !
Et bien entendu, il faudra ajouter à cela le bruit des sirènes des ambulances, mains arrachées obligent, et le tableau sera complet. La bande sonore de la soirée sera digne d’un film de guerre.
Souvenir du nouvel an sur une terrasse d’Almagro…mais qui aurait pu être aussi un 24 décembre

Détail amusant, le 24 tout comme le 31, les animaux vont se terrer sous le lit toute la journée à cause du bruit et vont vivre une journée et une nuit apocalyptiques. On leur donnera donc des gouttes anti-stress, ou des somnifères, pour ne pas trop les traumatiser. Si tu oublies, pas de problème, il paraît que les promeneurs de chiens leur en donne dans tous les cas, véridique. Only en Buenos Aires !

Preuve que les Argentins se préoccupent de leurs chiens pendant les fêtes

Buenos Aires 7 ans plus tard…

Photo de Delphine Cathala, une autre amoureuse de Buenos Aires, et qui elle aussi reviendra 🙂

On dit souvent que 7 ans, c’est un cycle. Aujourd’hui je n’ai pas pu m’empêcher de sourire à la lecture de mon premier compte-rendu de voyage sur Buenos Aires, écrit il y a 7 ans tout juste sur mon premier blog Overglob, en décembre 2006.

Un regard frais et un brin naïf, un rapport détaillé de mes déambulations urbaines, mes premières émotions sur la nuit porteña, mes impressions sur les autochtones, déjà leur accent et leurs expressions me faisaient sourire, déjà je trouvais les Argentins charmants dans tous les sens du terme, déjà je m’y sentais bien et j’eus cette certitude : « je reviendrai un jour, c’est sûr ». On peut dire que j’avais vu juste !