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Buenos Aires by night

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Une des choses qui m’a le plus marquée dès mon premier séjour à Buenos Aires fut la vie nocturne. Et j’insiste sur la « vie » car c’est bien ainsi que je l’ai ressentie. J’ai été plus d’une fois été déçue et frustrée de la nuit à Paris, de ses codes, de ses horaires rigides, de ses prix, des transports inexistants (c’était avant l’ère du Velib), des taxis rarissimes, de ses mastodontes à l’entrée des boîtes ou bars de nuits qui ont le droit de refuser l’entrée parce qu’il n’y a pas assez de filles dans le groupe, parce que l’un n’a pas les chaussures/la gueule qu’il faut, des « vous êtes sur la liste ? » est ect. La nuit à Paris peut être tellement décevante pour qui n’est pas copain du patron/videur/gérant et qui surtout n’a pas beaucoup d’argent à dépenser.

Buenos Aires est à 15 000 km kilométres de la nuit parienne, c’est le cas de le dire. Le plus surprenant est sa diversité et l’existence de cette nuit parallèle, hors du circuit commercial.

Prenons l’exemple d’un vendredi soir « type » à Buenos Aires. Tu arrives chez toi vers les 19h. Tu ne sais pas ce que tu vas faire ce soir. C’est normal, ici on décide au dernier moment. Tu auras peut-être une invitation à un anniversaire, reçue seulement le lundi ou mardi, voire la veille. Ici le concept de plannification prend en général son sens à partir de J-2, voire J-1, voire n’existe pas du tout. Si tu as une invitation à plus d’une semaine, c’est souvent la soirée d’un étranger.
Il est donc vers les 20h /21h lorsque
– tu mates un film / la télé
– tu vas faire du sport, va courir, va au gymnasium (ca pullule dans la ville et j’en ai 3 dans un rayon de 500 m)
– tu fais une sieste « previa », c’est à dire que tu prends des forces pour ce qui va suivre. Ceux qui liront jusqu’a la fin comprendront pourquoi.

A 22h tu as finis ta sieste/jogging/film, tu penses à manger / « comer »
– tu commences à cuisiner
– tu dînes au restaurant. Dans ce cas tu auras certainement arrangé un rendez-vous avec tes potes « vers les 22h/22h30 ». Comprendre si le dernier arrive à 23h, c’est bon aussi, « esta todo bien ». Tu mangeras alors de la viande, des pizza, des empanadas, pâtes/raviolis ou alors des pizzas, pâtes/raviolis, des empanadas ou de la viande, capito ? Rarement des sushis, et ça sera certainement une soirée fille dans ce cas. On oublie le réflexe manger dans un resto indien, thai, chinois, arabe…. Ils existent mais ils sont très peu nombreux, putôt chers et fréquentés par une minorité d’argentins, par une clientèle étrangère ou touriste. Le plus original sera à tout casser la cuisine orientale dans un restaurant arménien. Mais à 80% tu mangeras de la viande, donc du boeuf (anecdote rigolote, ici on te demande si tu veux du poulet ou de la viande. Comprendre le poulet c’est sympa mais pas assez pour mériter le nom sacré de viande / « carne »). Bref dans le resto de base tu mangeras du boeuf grillé et tu ne t’en plaindras pas. Comme accompagnement tu auras des frites / »papas fritas » ou salade/ »ensalada mixta ». Comprendre laitue, tomates, oignons, dans l’ordre que tu veux. Si tu as de la chance des oeufs durs et des carottes. Des légumes ? Non ici c’est pas trop le style de la maison.
Tu sais qu’il n’y a pas de problème dans tous les cas pour manger jusqu’à minuit, voire 1h du mat. Tu prends pour acquis qu’on t’accueillera avec un grand sourire quelque soit l’heure et tu auras raison parce que c’est comme ça qu’on te recevra. La gueule de 3 km de long / « cara de orto » du restaurateur français qui te voit arriver à 22h n’existe pas. Les tables sont espacées, le concept parisien d’entendre les conversations des voisins n’existe pas, sauf peut-être parce qu’ils parlent fort mais vu que toi aussi c’est pas un problème.
– Tu invites chez toi. A savoir Buenos Aires est la capitale mondiale du « delivery », de la livraison à domicile. Jusqu’à 1h00 du mat tu peux te faire livrer facilement chez toi les plats précédemment cités, de la glace, des clopes, des boissons. Jusqu’à 23h/minuit des DVD, et même le Mac Donald. Ou tu organises un asado, donc un barcebue, avec devinez quoi ? Viande, poulet, parfois des abats. Il est courant alors de diviser la note à la fin du repas si tu as acheté de la viande, car tu peux facilement être 10 personnes invitées, ou 15. Pour les petits budgets on commande des empanadas à la viande, jambon fromage ou poulet, mais certainement à la viande.
– Tu invites ou es invité dans un ZUM. Le SUM est quelque chose que j’ai découvert ici. Ce sont les immeubles modernes et chers de la ville qui ont une salle commune, souvent au dernier étage, avec une terrasse et une parilla /barbecue en dur intégré dans la salle, une grande table et des chaises. Les habitants de l’immeuble peuvent ainsi recevoir des amis et organiser des asados, activité essentielle au bien-être de tout Argentin qui se respecte. Ca se réserve à l’avance auprès concierge de l’immeuble. Ce que je trouve extraordinaire est que ces salles sont souvent très grandes, parfois elles prennent la place d’un demi-appartement mais les promoteurs immobiliers les intègrent dans leur plan comme un élément normal. Si on ne peut plus faire un asado chez soi parce qu’on habite en ville où va-t-on ?
– Tu dînes parfois dans des restaurants « a puertas cerradas », à portes fermées donc. C’est la mode, les Argentins adorent ce qui peut paraître clandestin, caché, connu de peu et par le bouche à oreille. Et comme ils n’aiment pas non plus payer beaucoup d’impôts, c’est facile, on fait des restaurants chez soi et si c’est bon ça se remplit très vite.

Tu finis de dîner donc entre 23h30/minuit/1h00. Là tu sais comment la soirée continue, ou pas. Si tu n’as pas de plan défini, et c’est souvent le cas, tu appelles sans problème tes copains pour savoir ce qu’ils font ce soir, « en que andan ». Oui oui, il peut être 1h du mat un vendredi ou un samedi, « esta todo bien ».

Du coup si tu n’as pas eu de plan en première partie de soirée, c’est parfois trop long et bien pénible d’attendre minuit/1h avant de sortir de chez toi. Le coup classique est que tu t’endors chez toi à force d’attendre et ne te relève plus avant de lendemain (vécu).

A minuit l’hyme national résonne sur toutes les radios.

A minuit/1h00 tu vas donc aller prendre un verre. Les gens commencent à arriver. La soirée commence véritablement à partir d’1h je dirais. Tu attendras volontairement cet horaire avant de te rendre à une fiesta chez quelqu’un car tu sais qu’avant il n’y a personne. La plupart des soirées organisées et promues sur des flyer indiquent toujours « à partir de minuit ». Comprendre si tu te pointes à minuit tu es un gros naze. A 1h c’est normal. 2h c’est nickel, t’as tout bon. L’offre de bars cafés avec terrasse est immense.

Tu iras à un concert/ »recital » dans un bar ou « centro cultural » comme ils l’appellent, qui a de « cultural » qu’ils organisent des concerts, mais ce sont surtout des bars à concert. Ils ferment vers les 5h ou 6h ou plus. Tu peux parfois payer un droit d’entrée, genre 20 pesos (le prix de 2 coca-colas) ou tu rentres gratuitement. Le prix des boissons est raisonnable.

Tu iras quelques fois à un « salon de fiesta », ces lieux qui se louent pour des événements . Il y en a dans toute la ville et tous les quartiers. Ca se loue avec parfois DJ et serveurs intégrés pour des anniversaires, événements familiaux…Tu rentres sur liste et tu connais forcément l’organisateur de la soirée.

Ou tu iras dans ces lieux que je ne saurai nommer mais qui sont tout sauf « déclarés » et ici vient le charme de Buenos Aires. Tu connais facilement ou as entendu parler, toi ou tes potes, de la maison d’untel « reconvertie » en lieu de concert/bar/restaurant (empanadas ou pizzas), avec une terrasse, un patio. Ici l’espace n’est pas un problème, c’est l’avantage des villes « jeunes » et qui n’ont pas été construites depuis 4 siècles. Les Argentins adorent reconvertir des lieux quelconques en lieu de nuit. On est à mi-chemin entre le petit business pour s’arrondir les fins de mois et la soirée entre amis à la maison. L’un n’empêche pas l’autre disons et tout le monde y trouve son compte. C’est surtout aussi l’envie d’organiser un événement sans dépendre de la programation culturelle, musicale ou théâtrale des lieux commerciaux.  Ici aussi tu paieras 20 pesos max ou rien du tout. Tu as évidemment un bar qui te sert les boissons de base, éventuellement on te vend quelques empanadas. Tu peux avoir un DJ toute la nuit. Ou c’est plus varié et se succèdent des groupes de rock, de tango, un spectacle de stand-up humouristique. Entre chaque représentation un clown peut être amené a assurer l’animation et amuser la galerie. Buenos Aires a une très forte culture du clown / « pallaso », d’écoles de clowns ect. A tout les coups il y a une expo de photos, de peinture du cousin, de l’ami d’ami. On s’invite par Facebook, par connaissance, mais aucun de ces lieux n’est officiel, ne paie d’impôts, n’a la licence pour vendre de l’alcool, cela va s’en dire, ni n’est habilité par quelconque administration. Tu dois connaître l’adresse, et sonner. Tu rentreras même si personne ne te connaît. Le prix des boissons ou des empanadas est le même que celui d’un bar normal en journée. Si c’est une grosse fiesta une personne est embauchée pour la « sécurité » mais c’est en fait pour s’assurer que personne ne fait de bruit à la sortie et donc ne pas attirer l’attention des voisins et des flics. Il n’y a pas d’horaire de fermeture, ça finit quand la dernière personne part. La recette du bar est partagée par le propriétaire des lieux, l’organisateur de la soirée et ses potes qui sont venus l’aider. Cette offre comble tous les goûts et les porte-monnaie.

Tu veux aller danser ? A 2h commencent la queue pour rentrer en boîte, et ce jusqu’à 4h. 2h30/3h est la bonne heure pour rentrer. Tu rentreras toujours, même si tu n’es qu’un groupe de mecs, même si tu n’as pas le look à la dernière page. J’ai entendu parler seulement de 2 boîtes dans tout Buenos Aires avec un « physio » qui décide de te faire rentrer ou pas. Oui certaines ont des colosses à l’entrée mais qui s’en tiennent à la sécurité et pas au contrôle de faciès ou de tes chaussures. Ou tu iras dans ces bars dansants dont certains sont gratuits ou moins chers que les boîtes. Les uns comme les autres ferment à l’aube ou encore un peu plus tard. Tu passeras devant les discothèques / »boliches » de Palermo et trouveras normal que 50 personnes soient agglutinées devant l’antrée à 3.30 du matin. A 7h ou plus les gens rentrent chex eux.
A savoir que les boîtes, mis à part les boîtes électro les tubes internationaux classiques, du rock argentin et surout de la musique latino sud-américaine, reggaeton, cumbia et compagnie et 2/3 tubes brésiliens en fin de soirée. Elle ne passent aucunement les musiques actuelles alnlo-saxonnes que l’on écouteraient en France. Dans mon cas cela fait 3 ans que je n’ai aucune idée de ce qui se fait en Europe mis a part les 3 dernières chansons de David Guetta, un peu la honte 🙁
Ici les gens dansent, hommes comme femmes, les hommes ne sont pas cloués au bar comme chez nous.

Les boissons proposés de base sont : coca, bière, fernet coca cola. Le fernet cola est LA boisson indispensable à la nuit argentine. Dans les boîtes et bars plus évolués on sert les autres alcools les cocktails classiques

Tu veux acheter des cigarettes ? Pas de problème tu trouveras un « kiosco » ouvert toute la nuit, à 500 m maximum de là où tu es.

Tu veux te déplacer ? des centaines de lignes de bus fonctionnent 24h24 et quadrillent la ville. Coût du bus et du métro : 1.25 pesos par trajet, soit 20 centimes d’euros grâce à l’Etat argentin et la ville de Buenos Aires qui suvbventionne les transports. Les bus sont pris par tout le monde est est à moitié plein toute la nuit. Tu ne te sens aucunement en danger.
Tu veux prendre un taxi ? Dans les rues ou avenues passantes le temps d’attente est d’une minute au grand max, 24h24, et les prix en proportion sont une blague en comparaison de Paris, Londres… Tu t’habitueras au trafic, klaxons et aux embouteillages à 4h du matin sur l’avenue Corrientes ou Cordoba, ou dans les rues de Palermo. Comme tu peux te déplacer très facilement dans la ville et que tu peux rentrer dans beaucoup d’endroits sans payer, tu pourras aller dans 2 ou 3 lieux aisément dans la même soirée. Tu quittes sans peine un endroit puisque tu as d’autres alternatives gratuites ou pas chères si tu veux. Du coups les gens se mélangent et chaque lieu brasse des publics différents .

Le samedi matin à l’aube, vers les 06h/7h, quand tu rentres chez toi tu t’endors fatigué forcément mais content/e.Les nuits de Buenos Aires ont ce goût de liberté unique et tu penses en t’endormant que, comme le dit un dicton célèbre ici, « en Europa no se consigue ».
Dans mon cas personnel j’ai pas pu dormir ce matin avant de raconter tout ça. Maintenant il est 7h, Buenos Aires s’éveille et il est temps d’aller dormir !

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Parler d’amour avec les taxis porteños

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S’il y a une chose facile à faire, c’est bien de faire parler des Argentins.
De tout, de ce qu’ils savent ou pas bien ou pas du tout, de les faire commenter, disserter, opiner, relater, raconter, parler, parlare !!! L’influence italienne n’y est pas pour rien. A la différence de la France, ici on parle beaucoup plus de football, très peu de la météo (il fait soleil 320 jours par an, c’est donc un non-sujet), très peu du travail, beaucoup moins de vacances et « où on va partir en week-end » (forcément quand on n’a que 2 semaines par an le sujet est vite épuisé). En revanche on parle beaucoup d’activités extra-professionnelles (très souvent on m’a demandé ce que je faisais « en dehors de mon travail », partant du principe que les loisirs définissent autant une personne que son gagne-pain). On parle du présent, du passé, très peu du futur (généralement la plus longue échéance s’arrête au week-end prochain). Mais surtout, au croisement du 34° parallèle sud et du 58° méridien ouest de la mappemonde, on parle de sa vie privée, de sentiments, et d’amour. Cette particularité m’a fait vivre des moments uniques avec les chauffeurs de taxi porteños.

Depuis ces quasi 3 années passées ici, parmi les innombrables voyages effectués dans ces voitures jaunes et noires que j’affectionne tant, en plus des franches rigolades, des surprises musicales et autres conversations « buena onda », j’ai en mémoire beaucoup de confidences, d’histoires, et d’anecdotes qui tournent autour de « EL AMOR ». Voici les dernières dont je me souviens, véridiques et fidèlement retranscrites. Toute ressemblance avec une personne réelle n’est absolument pas fortuite.

  • Pablo est un rebelle. Son père, immigré du sud de l’Italie, lui a toujours parlé de la mère patrie et de comment étaient les paysages, le goût des tomates, les femmes de là-bas, le bleu de la Méditerranée etc. Tellement excédé par ces éternelles comparaisons avec le vieux continent, il a pris le contre-pied et n’a jamais voulu parler italien, même s’il comprend tout. Il demandait à son père pourquoi, si l’Italie était si bien, il en était parti. C’est qu’à l’époque, en Italie, son père ne mangeait pas à sa faim. Mais ça, le vieux ne l’admettait  pas. Pablo considère que l’Argentine a tout donné à ses parents et lui il est fier de son pays. De son enfance dans la province profonde il en a retiré une grande soif d’aventure. Il prit la route très jeune et a parcouru avec son poids-lourd toutes les routes du pays, celles du Paraguay et du sud du Brésil. Bien sûr, cela n’a pas aidé sa vie sentimentale. Il ne s’est jamais marié. Il n’est d’ailleurs jamais vraiment tombé amoureux dans sa vie. La seule femme qui lui plaisait un tant soit peu dans sa jeunesse, il n’a jamais osé l’aborder. Aujourd’hui, à 50 ans passés, il est heureux. Il a toujours plu aux femmes et a eu celles qu’il voulait, me raconta-t-il en toute modestie. Il s’est reconverti en chauffeur de taxi pour avoir une vie plus sédentaire. Et puis aussi parce que ça aide quand même pour les femmes ! Peut-être qu’un jour, tout bien réfléchi, il fera plaisir à son père qui le regarde de là-haut, et il ira faire un tour en Italie. Après tout, il comprendrait tout là-vas, et parlare ne doit pas être tant difficile.
    Le 24 juin 2011 en allant à la despedida de Carole, d’en bas de chez moi à Las Heras y Scalabrini Ortiz
  • Il y a celle aussi du 25 décembre 2010 au soir, entre les Bosques de Palermo et chez moi, quand je n’avais pas le moral et que le Gers me semblait trop loin. Je ne me rappelle plus ce qu’on s’est dit mais je me souviens que le chauffeur de taxi m’a fait passer des larmes au rire en 2 secondes chrono. Rien que pour ça je voulais lui rendre hommage.
  • David m’a demandé directement si c’était un homme qui m’avait fait rester en Argentine tout ce temps ou non. Devant mes soupirs désabusés il a m’a parlé de ses AMORES à lui. Il est resté 11 ans avec une femme, plus âgée que lui. Quand il l’a rencontrée, il était très jeune et a quitté ses parents et la maison familiale du quartier de Caballito, à l’âge où ses copains ne pensaient qu’au foot. Il est devenu un homme avec elle, il s’est mis à travailler de suite, comme taxi, pour faire vivre le ménage. Vers les 30 ans, il s’est séparé. Elle avait un caractère de chien et il n’en pouvait plus. Il lui a laissé la maison, tous les meubles et est reparti en slip vivre dans une pension. Puis, très vite, il a connu le vrai AMOUR avec sa 2ème femme, qui avait déjà 4 garçons, séparée. Avec elle, ce fut le coup de foudre. « Sabes cuando hay piel con una persona, hay piel, no podes hacer nada en contra ». Ils eurent 2 filles ensemble. Il peut dire qu’il a connu 29 ans d’amour et de bonheur, sans beaucoup d’argent, jusqu’à ce qu’un cancer emporte sa femme il y a 4 ans.  Il considère qu’il est toujours avec elle, la preuve, il m’a montré son alliance encore à son doigt. Il a emménagé avec elle un 28 novembre 1978 et considère donc qu’ils se sont unis à cette date précise. Dans la réalité ils n’étaient pas vraiment mariés car sa dernière conjointe n’a jamais officiellement divorcé. A l’époque, ça ne se faisait pas trop. Du coup pour l’état civil il est toujours un « jeune » célibataire et ça le fait marrer.
    Entre mon travail et Plaza Francia, le 28 septembre 2011
  • Il m’a demandé ce que je venais de faire ce soir-là, je lui répondis que je sortais d’un spectacle de tango et Edgar a enchaîné direct sur le thème du tango. Son père et sa mère étaient de grands amateurs et ont gagné plusieurs concours de danse, à l’époque où chaque quartier avait ses danseurs de compétition. Lui, il est raide comme un piquet et n’a jamais su trop danser quand il était jeune. Enfin, il est modeste. Parce que le minimum, il le sait. Il a eu 4 enfants avec sa première femme et s’est séparé, soulagé. Avec elle, pas de tango, pas le temps, il fallait travailler. Il s’est retrouvé célibataire à 50 ans, sans trop savoir comment approcher les femmes. Mais il s’est souvenu que le tango fait faire des rencontres. Il eût raison. A sa première sortie en célibataire, dans une milonga à l’angle de Corrientes et Riobamba, il a rencontré sa deuxième femme. Il avoue, avant de lui parler, il a surtout regardé ses jambes et sa robe noire moulante. Et le goût des femmes lui est revenu aussitôt. Comme c’était une danseuse très sollicitée, il s’est littéralement planté devant elle, a attendu patiemment que les autres danseurs lui laissent 2mn de répit et lorsque ce fut son tour il a tout donné. Visiblement, il ne s’est pas trop mal débrouillé car depuis 10 ans ils ne se lâchent plus. Justement, en parlant de tango, il s’est rappelé que ça faisait longtemps qu’il n’avait pas « sorti » sa señora un samedi soir pour aller danser, et que ça lui ferait certainement plaisir… Et oui « EL AMOR » ça s’entretient m’a-t-il dit.
    d’Abasto à chez moi un soir après un concert de tango, mercredi 21 septembre 2011
  • Enfin, je ne pouvais pas finir sans parler de GUSTAVO, le meilleur pour la fin, rencontré début 2009 soit quelques mois après mon arrivée. Il nous a emmenées, ma mère et moi, de l’Avenida de Mayo à la gare de Retiro pour prendre notre bus pour Cordoba. Gustavo nous a fait tant rire que je lui ai tout de suite demandé sa carte et lui ai donné mes coordonnées. Arrivées à Cordoba 10h plus tard, nous avions déjà un mail de lui nous demandant si nous avions fait bon voyage… Bien sûr, c’est lui que j’ai appelé pour qu’il emmène ma mère à l’aéroport d’Ezeiza à son retour en France. Et de l’aéroport il a eu la gentillesse de m’envoyer un texto pour me rassurer et me dire qu’il l’avait bien déposée…
    Depuis, Gustavo a transporté toutes mes affaires lors de mes divers déménagements et m’emmène toujours à l’aéroport. Mes amis d’ici, collègues et connaissances l’ont tous appelé au moins une fois. De la même façon, mes amis de France venus en visite à Buenos Aires sont tous repartis avec lui à l’aéroport. Il a rajouté tout ce petit monde sur Facebook et  leur envoie régulièrement ses amitiés, en français s’il vous plaît, depuis qu’il a découvert Google Translator. Maintenant, les amis de mes amis l’appellent et lui disent qu’ils ont eu son numéro par une certaine Fanny qu’ils ne connaissent pas directement. La réputation de la buena onda de Gustavo m’a donc dépassée ! Ce soir il m’a envoyé une photo prise avec son portable, pendant qu’il conduisait. Une boulangerie qui s’appelle « La Francesa d’Almagro » (Almagro est un quartier de Buenos Aires). Sans blague la voici.
Franchement, ces taxis porteños, c’est pas des amours ? Pour lire d’autres histoires sur les taxis porteños, c’est par ici
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Comme d’habitude

C’est vrai que sans s’en apercevoir on s’adapte, on change, on perd les anciennes habitudes et on en prend de nouvelles, on les fait siennes, parce que les mois et les années passent de ce côté-ci de l’océan. On n’oublie pas pas pour autant comment c’est, là-bas, à 15h d’avion, mais les références passées sont un peu rangées dans un tiroir à coté du passeport. Je remarque que je remarque de moins en moins justement, et que je ne m’étonne déjà plus de beaucoup de choses. J’avoue que ça me fait perdre un peu l’inspiration pour ce blog. Signe d’intégration comme dirait mon cher Sarko.

Mais lorsqu’une visite de France s’immisce dans ma vie porteña quelques jours, je revois la ville avec un regard de touriste.
– Oui la population est très jeune ici, par rapport à chez nous. Oui on se demande où ils ont mis leurs vieux.
– Oui l’extrême pauvreté côtoie les beaux quartiers. On « s’habitue » aux cartoneros triant les poubelles sur le trottoir, et remplissant leurs carrioles – parfois tirées par des ânes- avec leurs enfants dedans.
– Oui on ne peut pas marcher plus de 3 mètres sur le trottoir sans contourner un petit trou, ou un gros, les déblais des travaux continuels, petits ou grands, qui font partie du paysage urbain.
– Oui l’architecture de la ville est un melting-pot étrange. Coupole Art-nouveau à côté d’un immeuble style parisien devant une église coloniale derrière une tour de verre…
– Oui au supermarché ce n’est pas vraiment comme chez nous. Oui on achète le lait en sachet souple. Comme le jus de fruit, qui existe en version chimique à diluer. Une variété de courgettes ont la forme de petite boule ronde. Ici la coquille des oeufs est toujours blanche.
– Oui c’est un combat lorsqu’on a des grosses coupures car personne n’accepte les gros billet, personne n’a jamais de monnaie.
– Oui les portions ici sont souvent pour 2 dans les restaurants.
– Oui on paye toujours tout en cash car la CB n’est quasi jamais acceptée.
– Oui les Argentins sont vraiment très sympa et buena onda.
– Oui les hommes ont ce je ne sais quoi qui manquent aux Français.
– Oui les filles sont très féminines, ont souvent les ongles faits et les cheveux longs immanquablement.

C’est un peu les impressions des nouveaux arrivés que j’entends à chaque fois et qui me rafraîchissent la mémoire. Moi aussi lors de mon premier séjour ici en 2006, tout ceci m’étonnait. Mais je n’aurai jamais parié que ces détails feraient partie de mon quotidien un jour !

Etre une femme à Buenos Aires, mode d’emploi

PIERNAS Y BANDONEON © 2004 por daniel machado

Parlons des femmes, des hommes, d’amour, de drague, de sexe et de rock’n’roll ! Beaucoup à dire, beaucoup à raconter, mais commençons par le commencement.

« Femmes je vous aime » pourrait bien résumer mon propos.
1- Ici femme tu es, de l’instant que tu franchis la porte de chez toi le matin et jusqu’au soir. Tu n’es pas dans le métro à Paris. Te ne passeras jamais inaperçue. Transparente tu ne seras pas, même pas la nuit sur un trottoir mal éclairé.
2 – Ici tu es una mina, una piba, una chica, una mujer, una señorita, una señora. Ici ta féminité prend tout son sens, prépare-toi. En ton honneur on a même appelé le pont le plus célèbre de la ville le « puente de la Mujer ». Pour te dire.
3 – Si tu es jolie et/ou que tu as de bonnes fesses (una linda cola), et/ou des seins (lolas) qui se remarquent tous seuls ou que tu montres un tant soit peu, tu es hermosa, muy linda, un bombon
4 – Tous les hommes de 7 à 77 ans te perçoivent, te voient et te regardent. Tous. C’est la tradition, la culture, dans les gênes, comme tu voudras mais c’est un fait. Si tu es déjà allée un jour en Italie du sud, dans des pays sud-américains ou arabes, tu sais ce que je veux dire.

Etre une femme te donne donc quelques avantages et passe-droits, alors autant en user.
– on te cède facilement la place dans le métro ou dans le bus
– on te laisse monter la première dans le wagon de métro ou dans le bus
– parfois le chauffeur de colectivo veut te montrer que tu ne lui déplais pas et ne te fait pas payer le ticket (vécu)
– ou il s’arrête pour te faire descendre juste là où tu lui as dit que tu comptais aller, même s’il n’y a pas d’arrêt (vécu)
– ou il s’arrête dans la rue pour te faire monter, même s’il n’y a pas d’arrêt (vécu)
Ceci est aussi possible pour les hommes mais ça marche moins systématiquement. D’ailleurs, sans réfléchir, j’ai voulu tenter la même chose lors de mon dernier séjour en France, tellement habituée, j’ai voulu héler un bus dans la rue comme on hèlerait un taxi ! Je me suis bien ramassée comme une vieille chaussette
– tu peux négocier de super tarifs au vidéoclub, et rendre les films plus tard que prévu, avec un sourire ça s’arrange toujours (vécu)
– d’une manière générale, personne ne te parle mal ou n’est agressif.

Tous les hommes argentins de 7 à 77 ans donc, potentiellement, peuvent se retourner sur ton passage, arrêter  deux secondes leur conversation, te lancer un compliment, te demander un numéro de téléphone, te suivre quelques mètres dans la rue…. Ils ont partout dans le monde cette réputation de tombeurs et après 2 ans ici je peux témoigner que c’est bien mérité. On l’aura compris, inactif et timide, l’homme argentin n’est pas. Bien au contraire, il avance et ne recule jamais de peur de se prendre un « NO ». Ici  un dicton célèbre dit « El no ya lo tenes », littéralement « Le non tu l’as déjà », donc tu ne peux que gagner un oui. Bien vu, non ? Donc pas d’orgueil mal placé, ou de peur du ridicule, on essaie, on tente, et que le meilleur séducteur gagne. Te voilà prévenue.
Illustrations concrètes : tu ne seras pas surprise que ton élève de français de 24 ans tente sa chance auprès de toi, prof trentenaire, tout comme celui qui en a 60 (vécu). Pas plus que si un médecin te propose à la fin de la consultation d’aller boire une bière un de ces 4, tout en portant une belle alliance (vécu). Ou qu’un fonctionnaire te cherche et te rajoute en ami sur Facebook environ 2h après l’avoir vu dans un bureau (vécu).

Les argentins, homme et femmes, ont un don inné pour la conversation, ils s’intéressent à toi, te posent toujours des questions etc. Donc le séducteur argentin n’a aucun mal à nouer le contact, imagine-toi. Tu ne l’as pas vu arriver qu’il est déjà à côté de toi. (Il faut savoir par ailleurs qu’il peut disparaître aussi vite qu’il est rentré dans ta vie, mais là n’est pas le sujet). Il vient généralement t’aborder sans trop attendre, seul, ou en groupe accompagné de congénères. Je n’ai jamais encore entendu ici l’histoire d’une fille qui ait eu besoin de faire le premier pas. Pour les timides, c’est assez pratique. Il paraît même qu’avant les hommes étaient encore plus entreprenants. 2 amis m’ont raconté comme s’étaient connus leur parents. Pour l’un, le père a flashé sur la mère dans le colectivo, est descendu au même arrêt qu’elle et l’a suivie dans la rue pour lui demander son numéro de téléphone. Pour l’autre, son père était en train de conduire quand il a vu sa mère rentrer dans un magasin, s’est arrêté, y est rentré lui aussi, s’est rendu compte qu’elle y travaillait et l’a attendue le soir à la sortie. Ca laisse rêveur non ?

Le prédateur argentin est toujours très démonstratif, très expressif, toujours. Ajoutez à cela que l’argentin moyen a oublié d’être moche (c’est mon avis), cela crée parfois un cocktail explosif. Attention aux nouvelles arrivées (et mêmes aux vétérantes), risque accru de perdre la tête, gardez la tête froide ! Il embrasse sans gêne (qui n’a pas vu un couple de porteños se rouler des pelles en public n’a rien vu). Et il aime embrasser. J’ai remarqué d’ailleurs une certaine obsession pour le « beso ». On entendra facilement « me das un beso ? » ou « te puedo robar un beso ? ». Cela semble au début un peu enfantin, passé l’âge de la puberté, mais on s’y habitue. Le premier beso accordé lui donne un avant-goût de victoire.

L’argentin manie l’art du piropo, du compliment, plus ou moins subtilement, mais toujours très spontanément (et avec toutes les nanas tu penses bien). Que lindos ojos, que boca preciosa, sos mas linda que el Obelisco, du plus classique au plus kitch.
L’apothéose de cet art se démontre tous les jours dans la rue. Tu t’habitues aux sifflements et commentaires du style « me enamore », « me caso con vos », « te quiero dar 3 hijos » bla bla bla. Un test qui réussit à tous les coup, tu passes devant un chantier en construction. Effet push-up auto-estime assuré ! Si aucun homme ne te fait de commentaire, de compliment ou ne te siffle, alors fais-toi du soucis.(voir liste plus bas de compliments à la sauce argentine )

Détail croustillant, comme partout en Amérique du sud, il existe à Buenos Aires une offre pléthorique de « télos » (verlan de hôtel), qui se reconnaissent aux néons rouges le soir et à leur entrée de parking souterrain, toute en discrétion. Dans ses hôtels on loue des chambres à l’heure, à la demi-nuit, à la nuit. des hôtels de passe on dirait chez nous, saut que c’est pour Monsieur et Madame tout le monde. Du plus basique au plus chic, avec jacuzzi, matelas à eau, miroir au plafond, chambres à thème. Tout est question de budget. On en trouve dans tous les quartiers, avec une forte proportion dans les quartiers de bureaux, comme par hasard. Tout le monde y va, le petit frère de 16 ans qui n’a nulle part où emmener sa petite amie, les jeunes adultes qui n’ont pas les moyens de quitter la maison de papa maman, le couple qui vient de se rencontrer en boîte, les amants, maîtresses, patrons, secrétaires, collègues de bureau de 5 à 7. Amours adolescentes, amours fugaces, amours clandestines, amours occasionnelles ou histoires fraîches, tout le monde va au télo. Toi parfois tu marches dans la ville, tu reconnais leur devanture si spéciale, tu penses à ce qui se passe à l’intérieur et ça te fait sourire…
Tu vas voir, Sexy Aires va te plaire, on parie !

ps : Voir la suite de ce billet : le Mode d’emploi de survie sentimentale à Buenos Aires à l’usage des âmes romantiques

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L’art du piropo
Trouvés sur internet, les meilleurs « piropos » (compliments) argentins:
Detrás de una mujer hay un enigma y vos tenés un flor de misterio.
¿Vos existís o yo te estoy inventando?
Por vos subiría al cielo en bicicleta y bajaría sin frenos.
Dejaré de volar el día que aterrices en mi vida.
¡Nena, con esa delantera ganamos el mundial!
Estoy con fiebre y encontré el antibiótico justo
Si no creés en el amor a primera vista esperá que vuelvo a pasar
Encandilame con esos faroles así chocamos de frente.
Tus ojos son dos luceros que iluminan mi camino, pero un día los cerraste y me hice bosta contra un pino
Esta maceta necesita de una flor como vos
Realmente estoy luchando contra la necesidad de hacerte esta noche la mujer más feliz del mundo.
Estoy buscando Diosas para una nueva religión… Y acabo de elegirte.
Hola. Soy un ladrón y lo primero que quiero robar es tu corazón.
Perdona, ¿no tendremos algún amigo en común para que nos pueda presentar?
Sos el complemento ideal para terminar de decorar mi dormitorio.
¿Me dejás sacarte una foto?
Quiero enviársela a mis amigos y demostrarles que los ángeles existen.
Hermosa, Tienes que estar mareada de dar tantas vueltas en mi cabeza.
Tengo que comprarme un diccionario, desde que te vi me he quedado sin palabras!
 ¿Te molesta si te observo un ratito?
Es que quiero recordar bien tu cara para mis sueños.
Sos tan dulce, que solo con mirarte me duele la muela.
Disculpa, ¿Vos existís o yo te estoy inventando?
Quisiera ser gato, para pasar 7 vidas a tu lado.
¿Te hiciste daño al caer del cielo?
¡Vos con esas curvas y yo sin frenos!
Eres tan dulce que sólo con mirarte engordo.
 ¿De qué juguetería te escapaste muñeca?
¡Cómo avanza la tecnología… porque hasta las flores caminan!
 Sos la rueda de auxilio de mi corazón en llanta.
¡Policía, policía! No persigan al ladrón, persigan a ese chico que me ha robado el corazón.
En que estarían pensando los piratas, cuando abandonaron semejante tesoro.
 ¿Sabes que es lo más bonito de dormir?… El saber que puedo soñar contigo…. Y lo más bonito de despertar es que no eres un sueño, sino que eres real.
Si la felicidad es agua y el amor es fuego,
¡Como me gustaría ser tu bombero!
Me gustaría ser tu ropa para poderte abrazar y decirte todos los días lo buena que estás.
Si tuviera que regalarte algo te regalaría un espejo por que después de ti lo mas hermoso es tu reflejo.
Rubita, sol de los soles, tu cara es una custodia; y tu pecho una escalera para subir a la gloria.
Se te cayó un papel.El que te envuelve, bombón.
Ser esclavo de tu amor, es tener como prisión el Paraíso.
Sources
http://www.foroamor.com/piropos-argentinos-25756/
http://chenegro.com.ar/2009/02/coleccion-de-piropos-argentinos.html
http://www.piroposcortos.com/piropo/category/piropos-argentinos/

Faites la fête !



Quand lundi soir à minuit passé Alfonso m’a demandé si je comptais sortir, j’ai pensé qu’il était fada !
Il m’expliqua qu’on était le 21 septembre.
-Et alors ?
-Et alors c’est le jour du Printemps !
-Et donc ?
-Et donc on sort le soir du 20 au 21 pour fêter le printemps !
-Première nouvelle…
Oui, ici on fête le jour du Printemps, on sort dès minuit. Le 21 certains offrent des fleurs, on voit les chanceuses pavaner dans la rue avec leur bouquet, on reçoit des textos de ses amis « Feliz primavera ». Le Jour du Printemps est aussi le Jour des Etudiants, qui n’ont pas cours ce jour-là et qui de toute manière ne seraient pas en l’état d’y aller, vu les festivités prévues chaque année le 20 septembre au soir et le 21 toute la journée dans les parcs de la villes : concerts, fêtes ect.

Si je vous disais qu’il y a presque un jour de fête pour chaque profession (voir liste plus bas) et que bien souvent c’est un jour férié, me croiriez-vous ? Certaines fêtes sont internationales, d’autres un pur produit de la fantaisie argentine. La première fois que j’ai entendu que les banques étaient fermées car c’était le jour des banquiers, j’y ai pas cru, et pourtant… Idem lorsqu’un jour le kiosque était vide car c’était le jour des employés de la presse, et les journaux n’étaient pas distribués de la journée.
Le 11 septembre c’était le jour des enseignants, férié pour eux.
Le 14 août, celui des employés du Ministère de la Justice, férié pour eux aussi.
Etc, etc

Le 20 juillet, c’est le Dia del Amigo, le Jour des Amis. On leur dit qu’on les aime par mail, téléphone, cartes, et surtout on les retrouve le soir, on les serre très fort dans les bras, on les embrasse et c’est encore un prétexte à fiesta. C’est un événement que même les grandes marques célèbrent à coup de spot TV spécialement dédiés à cette occasion. C’est de loin la plus jolie fête, bien argentine, ma préférée, la plus tendre et la plus populaire, un jour où il est bon d’être ici, un jour qui rend nostalgique les argentins qui vivent loin.

Janvier
05 Día del Fotógrafo
06 Día de Reyes.
19 Día del Cervecero
23 Día Mundial de la Libertad
24 Día del Periodista

Febrero
04 Día del Guardavidas
14 Día de los Enamorados / San Valentín
15 Día del Redactor Publicitario

Marzo
01 Día del Tranporte
02 Día del Matrimonio
04 Día de Los Hermanos
06 Día del Escultor
08 Día Internacional de la Mujer
24 Día del Diplomático
25 Día del Niño por nacer
27 Día del Aeronáutico
31 Día del Comportamiento Humano

Abril
Primer Domingo de Abril Día de la Novia
Tercer Domingo de Abril Día de Los Padrinos
Cuarto Domingo de Abril Día del Matrimonio
03 Día de la Modelo
07 Día de la Salud
09 Día del Investigador
12 Día del Decorador
13 Día del Kinesiólogo
21 Día del Traductor
26 Día del Librero
27 Día del Agente de Viajes
29 Día del Animal

Mayo
1° de Mayo Día Internacional del Trabajador
Segundo Domingo de Mayo Día del Ahijado y Nieto
06 Día del Taxista
07 Día del Gráfico
08 Día de Nuestra Señora de Luján
10 Día de los Medios de Comunicación
11 Día Internacional de la Enfermera
17 Día Internacional de las Telecomunicaciones
17 Día de la Armada
15 Día del Docente Universitario
20 Día del Futbolista
26 Día del Visitador Médico
27 Día del Marketing

Junio
02 Día del Graduado de Cs. Económicas
07 Día del Periodista
12 Día del Vecino
13 Día del Escritor
15 Día del Bioquímico
16 Día del Ingeniero
18 Día del Empresario
19 de Junio Día del Banquero
Tercer Domingo de Junio Día del Padre

Julio
02 de Julio Día del Editor de revista
03 de Julio Día del Locutor y del Dirigente de Empresa
05 de Julio Día de la Empleada
08 de Julio Día del Inventor
10 de Julio Día del Comerciante
20 de Julio Día del Amigo
21 de Julio Día universal del derecho
27 de Julio Día de la Cultura
28 de Julio Día del Promotor Publicitario

Agosto
Segundo Domingo de Agosto Día del Niño
Tercer Domingo de Agosto Día del Abuelo
02 Día del Trabajador Gastronómico
06 Día del Agrónomo y del Veterinario
11 Día del Dentista
12 Día de la Televisión
14 Día del Empleado Judicial
17 Día del Abuelo
20 Día del Despachante de Aduana
25 Día del Peluquero y del Trabajador de la Indumentaria
26 Día del Actor
26 Día de la Medicina
29 Día del Abogado

Septiembre
Primer Domingo de Septiembre Día de la Tía
02 Día de la Industria
04 Día de la Secretaria
11 Día del Maestro
16 Día Mundial de la Paz
17 Día del Profesor
21 Día de la Primavera, Día de los Estudiantes y del Economista
24 Día del Novio
26 Día del Empleado de Comercio
27 Día Mundial del Turismo
28 Día del Rector
29 Día del Patrono de Entre Ríos: San Miguel
30 Día del Traductor, Día del Jubilado

Octubre
3 Domingo Día de la madre
01 Día del Vendedor
03 Día del Odontólogo
05 Día mundial de los docentes
06 Día Universal del Niño
07 Día del Comercio
Segundo Domingo de Octubre Día de la Abuela
09 Día del Farmacéutico
10 Día del Panadero
11 Día del Martillero Público
12 Día de la Raza
13 Día del Psicólogo
18 Día del Fotógrafo
Tercer Domingo de Octubre Día de la Madre
20 Día del Pediatría
24 Día del Diseñador Gráfico
25 Día de la Policía Federal
26 Día de la Suegra
29 Día de la Prefectura Naval Argentina
31 Día de Haloween

Noviembre
Segundo Domingo Día de la Abuela
01 Día de Todos los Santos
02 Día de Todos los Muertos
06 Día del Bancario
06 Día Nacional del Comercio
07 Día del Periodista Deportivo
08 Día del Arquitecto
10 Día del Dibujante
14 Día del Amor
16 Día del Deportista
22 Día del Músico
24 Día del Trabajador del Plástico
25 Día del empresario
26 Día del Químico
27 Día del Jubilado
30 Día del librero
30 Día del Teatro Nacional

Diciembre
01 Día del ama de casa
02 Día del Legislador
03 Día del Médico
04 Día de la Publicidad
05 Día de la Ama de Casa
07 Día del Agente Bursátil
08 Día de la Amistad
08 Día de la Inmaculada Concepción
10 Día Universal del Hombre
11 Día Ejecutivo
17 Día del Contador
20 Día del Reportero Gráfico
24 Día de Noche Buena
25 Día de Navidad
28 Día de Los Inocentes
31 Fin de Año

Argentine anti-blues

photo de linternaute.com

Si un jour cela doit t’arriver toi aussi,
prendre un avion sans trop savoir pourquoi,
traverser l’océan et laissser derrière tes parents, tes mamies, ton brother et tes meilleurs amis
voyager toujours seul(e) sans personne à côté
savoir qu’à l’aéroport personne ne t’attend,
ressentir le blues du gitan, le vague à l’âme du voyageur, le tournis,
arrange-toi ce jour-là pour que ce soit destino Buenos Aires, aéroport d’Ezeiza.

 

Démonstration n°1:
Me voilà de retour après une longue pause estivale, chaude et régénératrice made in France. Arrivée à l’aéroport de Buenos Aires à 4.25 du matin, un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid soudain (10°C) après la chaleur de Barcelone, envie de me coucher, c’est tout.
Je me dirige vers la douane et me rends compte que j’ai oublié le petit papier distribué dans l’avion pour l’immigration. C’est mon tour, je passe devant la cage en verre du douanier, et lui dis que je n’ai pas le formulaire, j’ai dû le laisser dans l’avion.
De l’autre côté du verre il y a Pablo le douanier, appelons-le Pablo, d’une cinquantaine d’année, qui voit passer la 200ème touriste de la nuit, moi. Il a dû se lever à 2h du mat peut-être, ou il ne s’est pas couché du tout. Il ne fait pas un boulot passionnant, tamponner des passeports dans une cage en verre. Toute sa vie il aura vu passer des voyageurs qui sortent de l’avion, avion qu’il n’a certainement jamais pu prendre vu ce qu’il doit gagner. Mais il s’en fout, parce que Pablo, même un matin d’hiver à 5h du mat, il a le SMILE, la patate, l’envie de déconner, la gentillesse, le mot qui fait rire, il est argentin.
Il a dû penser que j’avais un air de chien battu, alors il s’est dit qu’il allait essayer de me dérider.
Il me regarde et me dis :
– « Ah toi, je sais, t’as perdu la tête, t’es amoureuse, et du coup tu perds tout, les papiers etc » !
Il guette ma réaction et évidemment je souris, il m’a eue. Je ne m’y attendais pas à celle-là. Je ne rentre pas dans les explications du pourquoi je perds tout et que c’est héréditaire et que y’a qu’à voir ma mère et ma grand-mère et que mon frère a le pompon de la famille, non, il s’en fout.
Je souris, et il me dit
– « Ma poupée t’en fais pas, prends ce papier et complète-le moi ».
Je le remercie d’être si gentil. Un peu de réconfort ce matin-là n’était pas de trop.
Je lui ramène le papier et il me demande combien de temps je reste. Ayant mon visa de travail périmé, je suis cette fois-ci touriste (charme de la bureaucratie argentine) et demande poliment d’avoir 3 mois, le maximum.
Et là Pablo il se dit qu’il a tout compris, on la lui fait pas à lui, la nana seule qui débarque et qui demande 3 mois, et s’écrie
– « Ca y est, j’ai compris, tu as trouvé un fiancé argentin !!! Bravo !!! Je te félicite ! T’es trop forte ! Mais attention aux fiancés argentins, c’est des filous, je t’aurais prévenue ! Vraiment je te félicite ! Bravo ! Je suis content pour toi !  »
Ses collègues des cages en verre à côté se retournent, me regardent, je ne sais pas trop où me mettre, et ils me sourient, rient en regardant Pablo, et reprennent leur tamponnage de passeport.
Et là je me suis franchement marrée, à 5h05 un matin d’hiver, un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid soudain et envie de me coucher. Pablo, il était trop fort. Ici tu ne peux pas être triste, c’est pas admis et ils ont bien raison. Car à la réflexion, mes petits soucis ce matin-là n’étaient juste qu’une petite fatigue d’une nana bien gâtée par la vie.

 

Démonstration n°2
5 mn après avoir laissé Pablo et retrouvé mes bagages, je pars dans un taxi. J’ai le temps de marcher quelques mètres et de ressentir le charme des températures hivernales de Buenos Aires, en d’autres mots de me cailler les miches, et là je tombe sur le taxi Jorge, avec sa doudoune et sa bonne bouille. Sitôt démarré qu’il allume le poste radio et met un CD d’Aventura, la bachata dominicaine qui me fait toujours si chaud au coeur. J’hallucine, car en Argentine ce n’est pas hyper courant, et voilà qu’une grande conversation s’engage avec Jorge après l’avoir félicité pour sa musique.
– « Mais oui je les adore aussi, Aventura c’est les meilleurs, je les ai vus en concert au Luna Park en juin, tu y es allée aussi ? Tu sais qu’ils vont se séparer, c’était leur dernière tournée ensemble ! »
Je réponds que je les ai ratés, je suis dégoutée, il me dit qu’il va me mettre le dernier CD. Là il baisse le pare-soileil, et je vois une rangée de 15 CD gravés, que de la bachata. Il en prend un, le passe et me dit
– « Ecoute ça ma chérie ! »
Et là c’est parti mon kiki, 5h30, Aventura au taquet dans la voiture, et Jorge qui chante  » mi amor, mi corazon », emmitouflé dans sa doudoune, en conduisant son taxi pourri. Lui non plus il n’a peut-être pas dormi de la nuit, pas plus que Pablo, il prendra jamais l’avion non plus. Mais ici, y’a pas d’heure pour être heureux. Je me pince, me dis que l’Argentine me donne une bienvenue incroyable et que j’ai trop de chance.
Je lui demande de me passer « Alexandra ». Pas de soucis, il change de CD, prend le 9ème sur la gauche derrière son pare-soleil, sans se tromper, et me la passe. Oui, ma chanson adorée !
Et là ben comme il la chante, je la chante aussi, bref nous chantons. Il est 6h, Buenos Aires s’éveille, le jour se lève et dans un taxi jaune 2 fans de bachata s’éclatent, Jorge et moi. Moi qui pourtant une heure avant était un peu défoncée, triste, mauvaise humeur, froid envie de me coucher c’est tout, ben ça y est, je suis contaminée à mon tour, j’ai moi aussi le SMILE, la patate, l’envie de déconner, la gentillesse, le mot qui fait rire ! S’en suivent un échange de mail, la promesse qu’il va m’envoyer les prochaines soirées de salsa et bachata dont il entend parler, les dates des concerts du groupe de salsa dans lequel il joue…. et le CD.
Ben oui, parce que Jorge il est content, il m’a dit qu’il n’avait jamais chanté de bachata avec un passager, et encore moins si tôt un matin, alors le CD il me me l’offre et que c’est lui qui me remercie. Jorge il est comme ça, ici c’est comme ça, des fois ça me donnerait envie de chialer.

 

Des anecdotes comme ça chacun ici en a 10 000. J’ai encore la chance de m’en émouvoir à chaque fois, d’observer ces Argentins à la façon d’un anthropologue car l’Argentine me fascine toujours et encore. Et du coup je me suis souvenue de pourquoi j’avais pris cet avion.

 

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Le tango du collectivo

C’est un sport pratiqué de tous à Buenos Aires, pour qui prend les bus de ville, les collectivos.
Le tango du collectivo n’a pas comme bande son Gardel ou un autre chanteur des années 30, non, rien à voir. Ca se pratique au son de la circulation, des sirènes, des klaxons, d’une insulte échappée d’une voiture qui double par la droite, d’un « hijo de puta » laché par le conducteur… c’est beaucoup plus vivant comme musique ! La musique est saccadée, rythmée au gré des nids de poule et des rues défoncées (nombreuses ici), des amortisseurs du bus qui jadis existèrent, des coups de freins et des accélérations intempestives.

Le tango du collectivo consiste à monter dans un bus, qui redémarre sitôt que l’on monte la marche, à payer, s’assoir, tout en tanguant, mais sans s’étaler par terre. On se cramponne donc au premier objet qui passe, la personne devant, la vitre, le premier siège libre. On atteint tant bien que mal la machine à avaler le peu de monnaie qui nous reste, car oui, en 2010 à Buenos Aires, on paie son trajet de 1,25 pesos en petites pièces sonnantes et trébuchantes. Pas de carte magnétique comme dans le métro, ce serait trop simple et donc ce ne serait pas l’Argentine. Non, des pièces, alors que dans ce pays on en manque cruellement, mais passons. Là commence l’acrobatie artistique. La main gauche appuyée où on peut, moi je mets carrément un bras autour d’un des piliers métalliques, le porte monnaie dans une main tandis que de l’autre cherche péniblement les 1,25 pesos. On cherche, on se stresse, le collectivo roule à  vive allure, je ne préfère pas savoir à combien, on prie pour avoir assez de monnaie, si on n’a pas de bol on a 2 personnes qui attendent derrière nous, on reprie pour ne pas faire tomber le porte-monnaie ni tomber soi-même. On insère les pièces, le chauffeur freine comme un enfoiré, y’a pas d’autre mot, on se tient comme une malade au pilier, on reprend sa respiration, on en était à 90 centimes, donc on cherche les petites pièces manquantes, on retrouve des pièces chiliennes, voir des centimes d’euro, on comprend pas, on continue à fouiller dans le porte-monnaie, ça re-accélère, on se tient encore plus au pilier, on trouve enfin, mince la dernière pièce n’a pas été acceptée, on commence à avoir une crampe au bras gauche, on la reglisse enfin dans la machine, OUF ça passe, OUF on récupère ce petit billet blanc !!!

A ce moment-là, la première crise cardiaque évitée, la deuxième partie de plaisir commence. On cherche maintenant à atteindre un siège libre tandis que le collectivo roule, et plutôt comme un dératé à très vive allure. Par chance, on trouve un siège pour poser son derrière et on étale littéralement notre masse dessus. On se fiche de savoir si notre assise n’est pas des plus gracieuses, c’est ça ou on tombe par terre, because le collectivo vient justement de rouler sur un trou béant dans la chaussée. Des travaux sûrement…ou pas forcément. Peut-être une course poursuite avec le collectivo de devant, qui sait, tout est possible. On respire. On est content d’être enfin assis . On savoure son trajet et on prie qu’aucune femme enceinte ou vieillard ne monte après nous pour qu’on n’ait pas à leur céder la place. C’est laid mais c’est ce qu’on pense, avouons-le.

Tango 3ème round. On s’approche de notre destination alors on se lève, et le rodéo tango recommence, comme au Texas quand on monte des chevaux sauvages. On marche direction le fond du collectivo qui roule toujours comme un dératé, y’a toujours pas d’autre mot. La main droite sur un siège à droite, la main gauche sur un siège un peu plus loin à gauche, on marche en canard comme ça, les bras crispés. On appuie sur la sonnette pour indiquer qu’on veut descendre au prochain arrêt.

Là vient la partie rigolotte, un vrai sketche à la Benny Hill. Les portes arrières s’ouvrent, alors qu’on roule encore à je ne sais pas combien, je ne veux toujours pas savoir. On est exactement pile poil en face des portes grandes ouvertes, à deux marches au dessus, à se dire que si nos poignets lâchent on va dévaler le mètre qui nous sépare du trottoir à la vitesse de l’éclair. Marrant, non ? Pourquoi on n’attend pas d’être à l’arrêt pour les ouvrir ? T’en poses des questions toi ! Dangereux ? Mais naaaaaaaan, ah ces Européens chochottes du primer mundo, un rien ne les effraie ! Non, on les ouvre bien avant, quand tu es bien tout devant, comme ça on te donne des petits frissons tout plein avant de rentrer chez toi. Ici on n’a pas besoin de Space Montain chez Disney, l’aventure tu l’as pour 1,25 pesos, le goût du risque, avec en bon-cadeau surprise le risque réel, bien réel même, de te casser un bras, une jambe, les deux, les quatre… C’est d’la balle le tango du collectivo !!! Je t’avais dit, c’est l’Argentine.

Je descends donc, mes bras contracturés peuvent se relâcher, ils ont fait le sport de la matinée. Je marche la dernière cuadra avant d’arriver chez moi en imaginant la scène, m’explosant les fesses en tombant d’un collectivo en marche. Même pas choquée, je me marre même carrément toute seule. Et là je me dis que je me suis argentinisée !

PS : dédicace à Viki, Gaby, Lucia 1, Lucia 2, Caro, Amina…mes franco-argentines !

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