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Comment Blablacar a changé ma façon de voyager

@http://roomseventeenstyle.blogspot.fr
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Je ne pensais pas un jour écrire un billet sur une marque autre que Nutella, mon seul amour. Comme quoi tout arrive. Aujourd’hui je souhaitais vous parler d’un service que j’utilise intensivement depuis ces quelques mois passés en France: le covoiturage. Il n’existe pas que Blablacar. Il y a aussi covoiturage-libre.fr sans aucune commission, d’où son nom, laroueverte.com sur le même principe, karzoo.fr, covoiturage-dynamique.eu. Même la SNCF a le sien, que je ne citerai pas, parce si je fais du covoiturage en tant que passagère pour chacun de mes déplacements, c’est aussi parce que je refuse de donner un seul centime à une entreprise qui me facture 15 euros un trajet de 80 km assuré en 1h20 (ie Auch-Toulouse).

C’est aussi par économie donc, mais pas que. A bien y réfléchir je ne vois pas de meilleure opportunité de rencontrer des personnes d’horizons divers et variés, de tous âges, de toutes professions, et d’avoir une conversation spontanée qui peut durer de quelques minutes à plusieurs heures. Cela me rappelle  un peu mes chers taxis de Buenos Aires, ces moments de bavardages et de confidences que j’affectionne tant. Je retrouve ce plaisir de parler avec un(e) inconnu(e), un peu par politesse au début, pour rompre le silence pour rendre le voyage plus agréable, puis finalement par plaisir. La voiture et son espace confiné a ceci de bon qu’elle nous oblige à sociabiliser, exercice que nous ne pratiquons pas souvent finalement. Quelle est la dernière fois que vous avez parlé 30 minutes avec un/e inconnu/e ?

Mon premier covoiturage il y a 6 ans de cela m’avait amenée à rencontrer un étudiant d’histoire marseillais, ex marin et futur ami. Dernièrement j’ai connu d’autres belles surprises, des rencontres pleines d’humanité. Des chanteuses australiennes en tournée en Europe et qui ont chanté quelques morceaux sur une aire d’autoroute. François, chef d’entreprise, qui a bravé la tornade qui s’est abattue mardi soir sur Montpellier et a finalement réussi à me déposer à domicile. Sinon il envisageait de nous offrir, à ma co-passagère malgache et moi, le toit et couvert chez sa cousine qui habitait à proximité. Hier soir, Corinne, une retraitée hyper-active, m’a conduite jusqu’à chez moi après m’avoir raconté les histoires d’amour de ses enfants et à quel point elle se sentait gâtée par la vie après que son fils handicapé lui ait donné un petit-fils. Ce matin, se souvenant que je n’étais pas parvenue à joindre ma mère durant notre trajet et que cela m’avait paru étrange, elle m’a envoyé un message me demandant si tout allait bien.Sic. Je me souviens aussi d’un trajet Nice-Florence avec Maurizio, un italien qui s’est arrêté en chemin et nous a fait découvrir, ma co-passagère cubaine et moi, une spécialité culinaire de San Remo. Razvan, un musicien roumain de l’orchestre de Malaga, m’a raconté sa vie de musicien itinérant du fin fond de l’Andalousie jusqu’à Madrid. J’ai promis à Sophie de Toulouse de la revoir pour prendre un verre et lui parler de l’Argentine, et à Cyril de lui faire signe si je passais à Barcelone.

Rencontres éphémères, conversations passagères, distances que l’on ne voit pas défiler… Blablacar embellit ma manière de voyager et ces quelques lignes sont pour remercier ces conducteurs de m’avoir transportée, au sens littéral et figuré !