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Darin le retour

Après une première photo il y a quelques mois… Aujourd’hui le revoici dans le restaurant où je déjeunais ! J’avoue que je fais un peu une fixation sur ce Monsieur, ces dames me comprendront. Je l’ai croisé 4 fois dans mon quartier, pour la 2ème fois j’ai réussi à demander une photo, enfin plus exactement la personne qui m’accompagnait a demandé une photo pour moi.

Cette fois-ci, je me suis sentie complètement impressionnée quand Ricardo m’a fait signe de m’approcher et de prendre une photo avec lui. Je ne sais même plus si je lui ai fait la bise ou non, si je lui ai parlé ou non.

En revanche je me souviens parfaitement de me rendre compte, lorsque j’ai voulu enclencher l’appareil photo depuis mon téléphone portable et que Ricardo était exactement contre moi, que sur ce même téléphone j’avais notre première photo en fond d’écran… Ou comment j’ai failli avoir la honte de ma vie s’il s’en était aperçu. Je pense que même sa femme, qui était à côté, ne pousse pas le romantisme jusque là. Moi si.

J’ai donc très vite donné mon téléphone à quelqu’un, j’ignore encore qui, j’ai souri comme une gamine à côté de Mickey, brouillard total, j’ai remercié, je crois, suis revenue à ma table et j’ai demandé à mon compagnon de déjeuner si on pouvait sortir. J’avais les joues en feu et besoin d’air frais.

Alors voilà, il fallait que je partage cette 2ème photo…juste pour me faire des ennemies 🙂

Je compte d’ailleurs en faire une série. On parie que j’aurai une 3ème photo avec lui très bientôt  ?

3 expressions argentines « foutage de gueule »

 

 

L’autre soir, avec des amis argentins dont certains vivent en France et étaient de passage à Buenos Aires, on a exploré ces expressions typiquement argentines bien « foutage de gueule » (pardonnez moi le manque de poésie), une autre facette bien rigolote de l’ArgentinAttitude. En voici 3, largement employées, pour décrire des situations socialement acceptées ici mais qui rendraient chèvre n’importe quel français en France.

 

« Me colgue », littéralement « je me suis pendu »
Comprendre « j’ai été dans un état de lévitation, songe ou rêverie tel que j’ai oublié le monde qui m’entourait. Expression utilisée pour dire

  • que tu es resté faire quelque chose pendant longtemps (tu as passé 2 heures dans la salle de bain)
  • ou que tu as tardé ou oublié de faire quelque chose. Et c’est dans ce contexte que cette expression me rend dingue. Ce quelque chose pouvant être un service que l’on devait rendre à quelqu’un, un travail que l’on devait remettre, un rendez-vous où l’on est arrivé en retard, ou que l’on a directement oublié, un coup de téléphone que l’on devait passer. En français avouer que l’on a oublié c’est déjà admettre une faute, ici dire « me colgue » est comme une justification de l’oubli.
    Application dans la vie de tous les jours
    « Me colgue mirando la tele, perdon »: comprendre mon film était bien plus intéressant que ce que j’avais à faire, c’est à dire venir te voir à 15h, du coup c’est pour cela que j’arrive à 16h.
    « Uy, me colgue, me olvide de darte la plata, perdon »: comprendre je te prends pour un(e) con(nne) et je veux te faire croire que pendant 15 jours j’ai oublié de te rendre l’argent que je te devais

 

« Se me complico », littéralement « les choses se sont compliquées »
Comprendre « j’ai eu des problèmes mais je ne vais pas m’abaisser à te les raconter ».
Expression socialement acceptée et qui se suffit à elle-même. Encore plus forte que « me colgue ». Là, quand on te dit ça, tu ne demandes même plus d’explication, voir limite tu vas demander à ton interlocuteur s’il va bien. Il est déjà d’ailleurs tout à fait pardonné, il n’a pas à s’expliquer sur ce qui lui est arrivé. Se le complico, pobrecito. Punto. Expression encore plus foutage de gueule que la précédente. Mais personne n’insiste pour demander ce qui s’est passé exactement. Marche à tous les coups, à dire avec un air triste pour bien faire pitié et faire croire que tu as enterré 3 grand-mères dans la même semaine.

 

« Se cayo el systema« , littéralement « le système (informatique) est tombé »
Comprendre « mon ordinateur rame, il y a un bug, je vais devoir redémarrer, je ne sais pas si ça va marcher après, mais dans le doute que je te dis « se cayo el systema » pour que tu rentres chez toi car j’ai pas envie d’avoir 10 clients qui attendent dans mon bureau ».
Cela arrive tous les jours à Buenos Aires, à la banque, lorsque tu viens payer une facture de gaz, électricité, à une billeterie de spectacle, dans n’importe quel magasin qui facture depuis un ordinateur. Quand on te dit ça, après 30 mn d’attente debout, sans climatisation, quand la transpiration commence à dessiner un petit ruisseau dans ton dos, tu peux

  • faire la française, gueuler pour te décharger, menacer de mettre le feu et rentrer chez toi.
  • ou bien faire à l’Argentine, plaisanter avec ton voisin dans la file que décidément c’est pas ta journée et rentrer chez toi.
    La solution 2 te prenant moins d’énergie, c’est bien évidemment celle qui est la plus répandue ici.

Cela ne viendra à l’esprit de personne de rester un peu dans le bureau en question pour voir si éventuellement le système informatique ne redémarre pas dans 5 mn. C’est socialement accepté que le problème ne sera pas résolu avant le lendemain et que donc il faut rentrer chez soi, c’est comme ça.

 

Conclusion, avec le temps, on s’argentinise, après s’être énervé contre ces expressions on apprend à les utiliser soi-même, et lorsqu’on voit que ça passe comme une lettre à la poste, j’avoue qu’on jubile un peu de l’intérieur…

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Me encanto !

Un jour une copine t’envoie un message pour te dire que tu apparais dans une vidéo réalisée par la Mairie de Buenos Aires en 2012 sur leur festival de Tango.

– option nº1 : Tu es la reine de la milonga, et tu danses tellement bien le tango que tu t’es fait filmer > impossible
– option nº2 : Ta copine prend des substances étranges > option écartée, elle ne boit que du maté
– option nº3 : Tu as un sosie dans la ville > Why not ?

 En fait non, c’est bien toi, sortant d’un spectacle dont tu ne te souviens même plus et tu deviens célèbre en seulement 2 mots « me encanto », à la 1mn15

Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES

Voilà une petite vidéo prise hier dans un taxi. 
Quand j’ai compris à qui j’avais affaire, j’ai pas pu résister et j’ai sorti mon téléphone pour filmer ça. 
Franchement, il y a une autre ville au monde où on se marre autant dans les taxis ?

Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES me dijo ayer un taxista. 

Y lo filme. A los que me preguntan porque me gusta Buenos Aires, les contesto que me quede por culpa de este tipo de personajes y por esos momentos de buena onda unicos


Buenos Aires à vélo c’est rigolo, preuve en photos et vidéos

 

Je dois confesser qu’il y a un moment dans le mois qui me fait complètement régresser mentalement, c’est régulier, ça tombe toujours au même moment, le premier dimanche de chaque mois. Je redeviens alors comme une gosse de 6 ans qu’on emmène pour la première fois à Disney (démonstration en vidéo tout en bas, avec en cadeau mon rire discret). Ce moment bien précis correspond à la masa critica, version argentine que ce que l’on appelle masse critique en français ou Vélorution, c’est à dire ce regroupement de cyclistes qui se retrouvent pour le plaisir de pédaler ensemble pendant quelques heures dans la ville. Ces regroupements existent d’ailleurs dans toutes de nombreuses capitales de par le monde et, ce n’est pas un hasard, ce mouvement est né dans les années 90 à San Francisco.

A Buenos Aires le cérémonial est toujours le même. On se retrouve à l’Obelisco, j’ai entendu dire que nous sommes environ 2000, en fait je n’en sais rien, mais on est nombreux, très nombreux. Il existe aussi des Masa Critica nocturnes, une fois par mois, à la pleine lune.

Voici donc l’Obelisco de jour et de nuit

Les masa critica, de jour comme de nuit, font environ 40 km et durent 4 heures, donc de 17h30 à 21h30 le 1er dimanche de chaque mois ou de 22h30 à 02h30 du matin une fois par mois pour les masa nocturnes.

Départ et retour à l’Obelisco mais bien sûr on peut la quitter quand on veut.
Renseignements sur https://www.facebook.com/groups/masacriticabuenosaires/?fref=ts

Se croisent tous les profils, un peu hippies avec des fleurs sur les vélos, des fumeurs d’herbe qui s’en fument un dernier avant l’effort, certains vendant des « brownies feliz », comprendre des brownies qui rendent heureux grâce à des substances magiques, ou autres sandwichs et gâteaux fait maison. On voit des cyclistes qui ont des vélos de compétition, limite tunnés, et qui doivent coûter mon salaire mensuel. Certains mecs se la jouent pro, jambes rasées de près, mollets affutés et casques aérodynamiques. Et puis la majorité sont des cyclistes du dimanche, comme moi. Avant de partir ça boit de l’eau, de la bière, du coca-fernet, au choix. Puis au bout d’une heure, le son des klaxons de vélo commence à se faire entendre, on s’impatiente, puis finalement on se met en marche, tous ensemble. Le trajet est décidé sur le moment par une petite équipe de meneurs qui sont tout devant. Alors la meute que nous formons s’avance et s’engouffre dans les rues de Buenos Aires, sans s’arrêter, en les suivant.

La dernière masa critica nocturne fut vendredi soir dernier pour la Saint Valentin. Muy romantico !

En video de départ de l’Obelisco, nous occupons toute l’avenue de la 9 de Julio,  la plus grande artère de la ville.

La rue est à nous !  
 
 Tout est dans le style
 Voir le panneau de la rue JD Peron, avec Eva Peron dessinée sur l’immeuble blanc en fond
Une autre équipe s’occupe de couper les rues perpendiculaires pour que nous passions sans danger. Bien évidemment nous coupons le trafic quelques minutes, le temps que toute la meute passe. Une organisation parfaite qui nous permet de profiter des rues de Buenos Aires sans voiture, sans bruit.
Une sensation de liberté, une occasion  de profiter de la ville librement et une douce revanche sur les voitures: pour une fois ce sont elles qui doivent nous laisser passer et attendre et pas l’inverse. En plus Buenos Aires est tout plate donc c’est idéal à vélo.
On croise la route de quelques personnages un peu loufoques et originaux. On voit ceux qui pédalent avec le maillot de leur équipe de foot, puisque c’est aussi une occasion de parader dans la ville et de promouvoir son club et puis ça déchaîne des commentaires des passants qui supportent le même club.

 

Supporters du club San LorenzoD’autres se déguisent, mettent des perruques.
Photo de Giancarlo León PHIl y en a un qui est immanquablement en costard cravate.

D’autres d’un troisième genre se joignent à nous, des rollers, pas trop car beaucoup de rues sont pavées et c’est pas idéal, mais aussi des skateurs.

Photo de Giancarlo León PH

San Valentin oblige, vendredi dernier un gros coeur rouge faisait partie de la troupe
 

Photo de Alejandro C. Bermejo

Un ange blond était sur un mini-vélo traîné par un autre vélo

 

Enfin, pour le plaisir de tous, certains amènent à l’arrière de leur vélo une énorme radio qui nous permet de faire la masa critica en musique, ce qui, entre les cris, les klaxons de vélo et la musique fait que l’on se fait légèrement remarquer, c’est aussi un peu le but. La majorité des porteños ignore l’existence de cette manifestation et les passants et la badauds nous regardent passer sans trop y croire. On se fait photoghraphier et filmer avec les téléphones, c’est notre quart d’heure de gloire.

Pendant ces 4 heures, on pédale, on transpire bien sûr, on discute avec d’autres cyclistes, on regarde ceux qui sont déguisés et on se convainc qu’à la prochaine masa on osera sortir la perruque platine qui croupit dans le placard. On voit quelques chutes, on boit beaucoup d’eau, on prend des photos, on filme, en essayant de ne pas tomber accessoirement. Vendredi j’ai innové, j’ai réussi à faire une halte en route dans une heladeria (magasin de glace) et repartir sur mon vélo avec mon pot de glace, le but étant de la manger tout en pédalant. Je tenais d’une main mon guidon et de l’autre ma petite cuillère qui cherchait le pot que mon ami me tendait en l’air. Un peu périlleux mais on y est arrivé. Et surtout on a fait des envieux. Bici + helado = un buen combo !

Pour conclure cet hommage à la masa critica, vidéo souvenir du 2 février, un moment où nous étions arrêtés, ça arrive quand la masa s’est trop étendue et l’on attend alors quelques minutes que tous les cyclistes se regroupent. Ce jour-là, il faisait très chaud, c’est le coeur de l’été ici. On avait de chaque côté des immeubles et une bonne dizaine de personnes qui nous regardaient depuis leurs balcons. Certains cyclistes ont commencé à leur crier de nous asperger d’eau. On entend « Agua, agua » et même « cerveza ». De l’eau ou de la bière donc. Les voisins ont mis quelques secondes à comprendre puis ils se sont exécutés. Moi je regardais et filmais la scène, incrédule, jusqu’à que les premières trombes d’eau s’abattent sur nous. Un moment jamais vécu encore et une crise de rire irrépressible. 

Pour ceux qui en douteraient encore, on s’amuse bien en vélo àBuenos Aires !