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Des (nouveaux) seins, ça se fête !

Quel est le point commun entre Buenos Aires et New York ?
– On confie son chien tous les matins à un promeneur de chien,
– On va chez le psy toutes les semaines et on le dit sans honte,
– On se fait refaire les seins et on le fête entre amis ! Ce dernier point sera le sujet du jour.

Ici en Argentine, comme je l’ai déjà expliqué, on vit très décomplexé, fait nº1.
On aime célébrer un peu tout et n’importe quoi, fait nº2.
Les femmes argentines sont bien plus soumises que les françaises au dictat de la femme jolie / cheveux longs / minces / seins qui tiennent droit jusqu’à 50 ans. Du coup les opérations esthétiques sont très répandues, fait nº3.
Ajoutez  nº1+ nº2+ nº3 et vous obtiendrez un résultat étonnant: de nouveaux seins, c’est banal et ça se fête !

On encourage, on rassure et on se file les bonnes adresses
Je ne parle pas des miens, non, mais ceux de ma chère E, que je considère comme ma soeur argentine. E a informé sa famille de sa décision de se faire poser des implants mammaires, puis l’a raconté à ses ami(e)s proches, qui l’ont tous encouragée. Elle aurait obtenu un nouveau job ou une promotion que les félicitations auraient été les mêmes. Puis elle a expliqué à son chef, sans sourciller, qu’elle serait absente 2 jours du travail pour une opération de ce type.
Nombre de ses copines lui ont donné multitudes d’exemples d’autres amies, de soeurs ou de cousines qui étaient passées par la même opération, et qui en étaient très satisfaites. A les écouter, j’avais l’impression qu’elles se recommandaient le meilleur coiffeur ou le meilleur masseur de la ville. Non, elles parlaient juste d’un chirurgien qui découpe tes 2 tétons pour pouvoir faire passer 2 prothèses idéalement situées sous tes glandes mammaires, puis qui recoud tes 2 tétons par dessus, ni vu ni connu. Une chose très courante en somme…

Après l’opération, c’est un sujet de conversation comme un autre, on en parle, on le commente, on en rit et on trinque. Quelques jours après son opération, nous étions invitées à un mariage, et les amis de E qui étaient dans la confidence, hommes et femmes, lui ont demandé comment elle allait, si elle était contente du résultat, lui ont fait quelques blagues bon enfant au passage et tout le monde rigolait. J’en ai conclu que j’étais résolument française de mentalité, soit une sacrée coincée du string, et que si j’avais étais à la place de E j’aurais préféré l’écartelation en public plutôt que de répondre à des questions sur mes seins. La différence entre E et moi, est qu’E, elle, est argentine. Du coup avec ses amis on a trinqué à ses nouveaux seins (cf #ArgentinAttitude).

Pourquoi s’en priver quand la mutuelle offre l’opération !
Je fus l’une des premières personnes à être au courant du projet de E. J’étais assez perplexe, grande chochotte que je suis devant le bistouri, mais mon amie m’a expliqué qu’en cotisant auprès de sa mutuelle à un forfait un peu plus élevé que le mien (nous avons la même mutuelle), elle « avait droit » au bout d’un an à une opération esthétique. Elle dit vrai, voir ici l’offre de sa mutuelle. Alors pourquoi s’en priver ! Ses nouveaux seins lui ont coûté environ 12.000 pesos (à raison de 1.000 pesos par mois pour une couverture de santé complète pendant 1 an), soit 1.500 euros (au taux de change officiel, donc beaucoup moins encore au taux de change parallèle), et elle fut opérée dans l’une des meilleures cliniques du pays. Vus les tarifs, on comprend donc qu’il existe un tourisme de chirurgie esthétique, comme au Brésil, du genre package « Nouveau seins + 4 cours de tango » ou quelque chose dans le genre.

La médecine publique ici est excellente, et j’ai entièrement confiance en les hôpitaux publics de Buenos Aires en cas d’urgence. Les médecins argentins possèdent l’équivalence pour travailler dans les hôpitaux espagnols, et la médecine argentine est à la pointe en plusieurs domaines dont entre autres la chirurgie esthétique et les traitements de fertilité.
En revanche, consulter un spécialiste ou une opération non urgente demande une attente de plusieurs mois dans un hôpital public. Aussi, comme de nombreux argentins, je paie un forfait mensuel auprès d’une mutuelle qui me permet de consulter tous les médecins que je veux (parmi une liste immense de spécialistes agréés), autant que je veux et quand je veux (délais d’attentre très courts, bien plus courts qu’en France). Ce forfait prend également en charge tous les examens (prise de sang, scanner, radiographie, échographies ect), l’hospitalisation parmi une sélection des meilleures cliniques de la ville et pour les forfaits les plus onéreux les opérations de chirurgie esthétique, comme pour E.

Les cliniques privées, pour qui est habitué(e) aux hôpitaux français, sont un concentré de luxe difficilement imaginable. Ce qui m’a marquée à l’Hospital Suizo ou à l’Hospital Diagnostico, ce sont les halls de réception, les chambres spatieuses avec suite, le personnel soignant en uniforme tout droit sortis d’un grand hôtel, les mille et un services proposés aux patients. On choisit son menu ainsi que celui de la personne accompagnante. Cette dernière aura droit à un lit dans la même chambre, à un dîner et à un petit-déjeuner. Lorsqu’on quitte la maternité, on offre « un livre du bébé » aux parents, on peut choisir des photos parmi celles que le photographe de l’hôpital a prise de votre enfant. Et la liste de ces petites faveurs est encore longue.
Anecdote rigolote, le jour de l’opération de E à l’Hospital Diagnostico, comme toutes les chambres étaient occupées, on a lui donné la suite présidentielle, rien que ça ! C’est donc là où j’ai dormi pour l’aider pendant la nuit. Démonstration en image ci-dessous (photos de la suite, la chambre elle était dans une autre pièce à côté). Avec cela, Mesdames, vous prendrez bien une petite opération esthétique, non ?

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