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3 expressions argentines « foutage de gueule »

 

 

L’autre soir, avec des amis argentins dont certains vivent en France et étaient de passage à Buenos Aires, on a exploré ces expressions typiquement argentines bien « foutage de gueule » (pardonnez moi le manque de poésie), une autre facette bien rigolote de l’ArgentinAttitude. En voici 3, largement employées, pour décrire des situations socialement acceptées ici mais qui rendraient chèvre n’importe quel français en France.

 

« Me colgue », littéralement « je me suis pendu »
Comprendre « j’ai été dans un état de lévitation, songe ou rêverie tel que j’ai oublié le monde qui m’entourait. Expression utilisée pour dire

  • que tu es resté faire quelque chose pendant longtemps (tu as passé 2 heures dans la salle de bain)
  • ou que tu as tardé ou oublié de faire quelque chose. Et c’est dans ce contexte que cette expression me rend dingue. Ce quelque chose pouvant être un service que l’on devait rendre à quelqu’un, un travail que l’on devait remettre, un rendez-vous où l’on est arrivé en retard, ou que l’on a directement oublié, un coup de téléphone que l’on devait passer. En français avouer que l’on a oublié c’est déjà admettre une faute, ici dire « me colgue » est comme une justification de l’oubli.
    Application dans la vie de tous les jours
    « Me colgue mirando la tele, perdon »: comprendre mon film était bien plus intéressant que ce que j’avais à faire, c’est à dire venir te voir à 15h, du coup c’est pour cela que j’arrive à 16h.
    « Uy, me colgue, me olvide de darte la plata, perdon »: comprendre je te prends pour un(e) con(nne) et je veux te faire croire que pendant 15 jours j’ai oublié de te rendre l’argent que je te devais

 

« Se me complico », littéralement « les choses se sont compliquées »
Comprendre « j’ai eu des problèmes mais je ne vais pas m’abaisser à te les raconter ».
Expression socialement acceptée et qui se suffit à elle-même. Encore plus forte que « me colgue ». Là, quand on te dit ça, tu ne demandes même plus d’explication, voir limite tu vas demander à ton interlocuteur s’il va bien. Il est déjà d’ailleurs tout à fait pardonné, il n’a pas à s’expliquer sur ce qui lui est arrivé. Se le complico, pobrecito. Punto. Expression encore plus foutage de gueule que la précédente. Mais personne n’insiste pour demander ce qui s’est passé exactement. Marche à tous les coups, à dire avec un air triste pour bien faire pitié et faire croire que tu as enterré 3 grand-mères dans la même semaine.

 

« Se cayo el systema« , littéralement « le système (informatique) est tombé »
Comprendre « mon ordinateur rame, il y a un bug, je vais devoir redémarrer, je ne sais pas si ça va marcher après, mais dans le doute que je te dis « se cayo el systema » pour que tu rentres chez toi car j’ai pas envie d’avoir 10 clients qui attendent dans mon bureau ».
Cela arrive tous les jours à Buenos Aires, à la banque, lorsque tu viens payer une facture de gaz, électricité, à une billeterie de spectacle, dans n’importe quel magasin qui facture depuis un ordinateur. Quand on te dit ça, après 30 mn d’attente debout, sans climatisation, quand la transpiration commence à dessiner un petit ruisseau dans ton dos, tu peux

  • faire la française, gueuler pour te décharger, menacer de mettre le feu et rentrer chez toi.
  • ou bien faire à l’Argentine, plaisanter avec ton voisin dans la file que décidément c’est pas ta journée et rentrer chez toi.
    La solution 2 te prenant moins d’énergie, c’est bien évidemment celle qui est la plus répandue ici.

Cela ne viendra à l’esprit de personne de rester un peu dans le bureau en question pour voir si éventuellement le système informatique ne redémarre pas dans 5 mn. C’est socialement accepté que le problème ne sera pas résolu avant le lendemain et que donc il faut rentrer chez soi, c’est comme ça.

 

Conclusion, avec le temps, on s’argentinise, après s’être énervé contre ces expressions on apprend à les utiliser soi-même, et lorsqu’on voit que ça passe comme une lettre à la poste, j’avoue qu’on jubile un peu de l’intérieur…

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Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES

Voilà une petite vidéo prise hier dans un taxi. 
Quand j’ai compris à qui j’avais affaire, j’ai pas pu résister et j’ai sorti mon téléphone pour filmer ça. 
Franchement, il y a une autre ville au monde où on se marre autant dans les taxis ?

Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES me dijo ayer un taxista. 

Y lo filme. A los que me preguntan porque me gusta Buenos Aires, les contesto que me quede por culpa de este tipo de personajes y por esos momentos de buena onda unicos


Les insultes en Argentine



Une chose que j’aime par dessus tout ici ce sont les insultes, ou comment s’enerver en « castellano » soit l’espagnol d’ici, exprimer sa colère, insulter celui qui manque de t’écraser quand tu traverses la rue, le prétendant qui ne te rappelle pas, la personne sur qui tu as envie de te défouler en général. L’Argentin utilise beaucoup d’insultes, son accent italien chantant les rend encore plus vivantes et moi à les écouter je me marre profondément.

Le premier mot qui ponctue les phrases des jeunes et moins jeunes réunis en bande est le fameux boludo qui n’est pas vraiment une insulte en soi, car sinon le pays entier serait boludo/boluda, mais qui serait l’équivalent argentin de « man » des Américains ou de « mec/gars » en français. Le boludo est un petit con, la boluda petite conne, mais c’est gentil et persone ne se vexe. Vous me suivez ? A noter que l’équivalent chilien et péruviens huevon et colombien marica.

Quand on est un peu plus énervé le boludo se transforme en pelotudo. Là ça fait plus mal, et c’est plus méchant

Quand on est hyper énervé alors l’autre est un sorete, un pedazo de mierda,  un infeliz. Là on peut s’attendre à une bonne engueulade et/ou une baston.

L’insulte qui réconcilie tout le monde, c’est le fameux hijo de puta, ce qui sonne le mieux à mes oreilles, soit « fils de pute » en français. C’est pratique, c’est multi emploi, car c’est à la fois une insulte light mais ça peut être aussi admiratif : « Quoi, t’as gagné au loto, que hijo de puta ! »
A remarquer que 2 frères (ou soeurs) peuvent se le dire entre eux, ça ne choquera personne.

Quand on me demande ici comment on le dirait en français, j’ai beau chercher, je ne trouve que « connard », ce qui me paraît du coup bien fade ! Non, l’hijo de puta, avec le « rrr » qui racle la gorge, le P que l’on accentue un peu, y’a pas à dire, c’est la meilleure insulte

Illustration en video

A cela il faut ajouter les expressions pour envoyer balader quelqu’un de manière expéditive, l’équivalent du « va te faire… » se dit ici  anda a la concha de la lora, soit littéralement « va voir la chatte du perroquet », (chatte =sexe féminin en langage imagé, pour les étrangers qui me lisent). La légende dit que l’origine de la lora provient du lunfardo (l’argot de Buenos Aires). La lora était une manière de nommer les prostituées à l’époque. Une femme, lassée des avances répétées de son mari, lui aurait un jour balancé cette phrase « va voir la chatte de la prostituée », phrase qui aurait fait fureur depuis.

Cette phrase est le pendant argentin de anda a la concha de tu madre / de tu hermana, qui existe aussi bien sûr en Argentine et qui est plus connu et plus utilisé dans toute l’Amérique du Sud

La puta que te pario,c’est à dire « la pute qui a accouché de toi » est aussi un grand classique, devenu encore plus à la mode depuis la mise en ligne de cette video il y a quelque mois, dans laquelle un supporter de l’équipe de River voit son club de foot redescendre en 2ème division…