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Noël à Buenos Aires… calor, fusées, pétards et gouttes pour le chien

Mon chien Salvador, décoré pour l’occasion

Noël à Buenos Aires, pour qui a passé ses 30 premières années dans l’hémisphère Nord, est un peu un non-événement, un No-Noël. C’est finalement davantage de savoir comment ça se passe au pays qui donne le bourdon. Car ici rien ne le rappelle vraiment. Décorations et éclairages dans la ville inexistants. Le concept de vitrine de magasins décorés pour l’occasion n’existe pratiquement pas. Et surtout, même quand on essaie de faire comme si, avec 3 stickers de Papa Noël qui se battent en duels collés aux fenêtres, ben ça donne pas grand chose…. Parce qu’il fait chaud, 50% d’humidité minimum, tu en viens en bénir les magasins climatisés où tu ne mets pas les pieds le reste de l’année.

C’est le mois où tu fais tes courses de Noël en fonction des partenariats entre les centres commerciaux et les banques. Les réductions sont annoncées dans les média quelques jours avant, le centre comercial Truc offre 30% de réduction tel jour pour les clients de la banque Machin. Au début tu trouves ça bizarre comme système, mais tu t’y fais, et tu te retrouves comme les autres, tels les boeufs, à passer ton dimanche dans le magasin, à claquer des centaines de pesos, parce que c’est ce jour-là et pas un autre, et que les rois du marketing t’ont convaincue qu’en fait, tu ne dépenses pas ton argent, au contraire, tu fais des économies…

Décembre est un mois qui ressemble à une dernière ligne droite avant l’explosion générale, Noël, le Nouvel An et les vacances d’été. Ici la fin de l’année civile marque à la fois la fin de l’année scolaire, universitaire (qui reprendra en février/mars), la fin de l’année pour les entreprises. Tu enchaînes le pot de Noël avec les collègues, les spectacles de fin d’année des écoles, la pièce de théâtre que ta copine a préparé toute l’année, les fêtes avec tes amis que tu ne reverras pas de quelques temps car ils partiront en vacances

C’est le mois où tout le monde ne parle que de ça, des vacances
– quand ? janvier, février, mars. La question est de savoir également si tu pars avant Noël, ou après, avant ou après le Nouvel An.
– où et comment, en bus ou en avion ? détail important quand on sait qu’ici on met 20h de bus pour arriver à Bariloche ou à Salta. Côté plage, ça de divise entre la côte atlantique archi bondée (qui ressemblerait aux Landes pour les paysages avec la fréquentation de la côte d’Azur au mois d’août), l’Uruguay, ou le Brésil pour les plus fortunés.

Cette année on prie tous pour ne pas avoir de nouveau le record de chaleur que l’on a connu le 24 décembre dernier, 40ºC et 45ºC de sensation thermique. Je me souviens l’année dernière d’avoir transpiré tout en mangeant, et en étant à côté de la clim, charmant.

Le 24 décembre est comme un jour férié, il faut gérer les magasins qui ne vont ouvrir que jusqu’à midi, les transports qui vont s’arrêter vers 16h, 17h, tu ne sais pas. Il faut prévoir comment se rendre là où tu dîneras. Si tu n’as pas de véhicule, tu dormiras certainement sur place car seuls quelques taxis travailleront cette nuit-là.

Le 24 au soir, si tu pars de chez toi, il faudra bien fermer les fenêtres avant de partir, car comme le 31 décembre, les pétards vont fuser et peuvent rentrer accidentellement dans les maisons. Pour comprendre cela, il faut expliquer qu’ici il existe un goût prononcé, voire une passion, n’ayons pas peur des mots, pour tout ce qui est pétards, fusées, ballons montgolfières et autres gadgets et accessoires qui volent dans le ciel et/ou font du bruit et de la fumée, et ce de 7 ans à 77 ans. Il me semble qu’en France on arrête d’y jouer vers les 17 ans (sauf mon ami John qui se reconnaîtra…), mais ici les pères de familles autant que leurs fistons, les filles et les plus grands s’y donnent à coeur joie. Les magasins remplissent leurs stocks et on achète sa fusée volante tout comme sa crèche ou sa petite étoile argentée pour le (faux) sapin.
Ca donne une cacophonie de pétards dès le 24 (ou 31) au matin, puis de fusées éclairantes et feux d’artifices à la nuit tombée. L’heure de pointe est de 23h à 1h du matin, et là, c’est la folie. Le ciel de Buenos Aires s’embrase. On ne s’entend plus, ça résonne dans les manzanas, les pleurs des bébés et jeunes enfants s’échappent des fenêtres.Ca commence à s’engueuler aussi, de balcon à balcon, on demande que ça s’arrête, qu’il y a des enfants ici qui ne peuvent pas dormir. Sauf que Gustavo et son fiston sur la terrasse d’à côté, il sont au taquet depuis 1 an. Il a fait le plein à Cotto (le supermarché) de tous ces gadgets, des nouvelles fusées volantes « encore plus de bruit encore plus loin »…et que cette année il veut en mettre plein la vue et plein les oreilles à ses voisins… Le bordel bien latino comme je les aime. Il faut le voir et surtout l’entendre pour le croire. A côté nos fêtes sont bien silencieuses en comparaison.

Comme chaque année, vers le coup des 22h, la chaîne Chronica à la télé parlera de tel père de famille qui se sera fait arracher la main en allumant sa fusée volante, l’enfant de 5 ans qui aura reçu un pétard dans l’oeil, l’incendie accidentel de la maison qui aura reçu une torche volante par la fenêtre, le folklore habituel quoi !
Et bien entendu, il faudra ajouter à cela le bruit des sirènes des ambulances, mains arrachées obligent, et le tableau sera complet. La bande sonore de la soirée sera digne d’un film de guerre.
Souvenir du nouvel an sur une terrasse d’Almagro…mais qui aurait pu être aussi un 24 décembre

Détail amusant, le 24 tout comme le 31, les animaux vont se terrer sous le lit toute la journée à cause du bruit et vont vivre une journée et une nuit apocalyptiques. On leur donnera donc des gouttes anti-stress, ou des somnifères, pour ne pas trop les traumatiser. Si tu oublies, pas de problème, il paraît que les promeneurs de chiens leur en donne dans tous les cas, véridique. Only en Buenos Aires !

Preuve que les Argentins se préoccupent de leurs chiens pendant les fêtes

Costumbres argentinas

En une semaine j’ai découvert de nouvelles coutumes argentines

Cette année premières fêtes de fin d’année en Argentine, 1er Noël en (belle-)famille. On me prévient  de m’organiser asez tôt pour venir car dès la fin de l’après-midi, le 24 comme le 31 décembre, les commerces ferment beaucoup plus tôt, les bus passent au compte-goutte, plus de métro à partir de 20h… La ville et sa frénésie s’arrêtent quelques heures. Et ce n’est pas pour me déplaire que le système, à défaut de s’arrêter complètement,  ralentisse. Et que les chauffeurs de bus et de métro puissent manger en famille, comme moi.
Noël ici ça donne qu’on est tout transpirant, on arrive avec sa bouteille d’eau, on se retrouve en tongues autour du sapin, à se mettre du Off (l’anti-moustique) sur les jambes, c’est franchement surréaliste. On pense qu’au pays les routes sont bloquées par la neige, que sa mère doit être les fesses scotchées au radiateur et que le frérot en Lituanie doit être à moins 20°C. On essaie d’imaginer mais on n’arrive pas trop à réaliser. Par chance on échappe ici au matraquage publicitario-commercial des affaires/offres/idées cadeau de Noël dans les magasins. Pas non plus de vitrine redécorée en rouge et papa Noël comme chez nous, quasi pas de guirlande dans la ville, juste un sapin blanc pseudo-enneigé sur l’avenida 9 de Julio au pied de l’Obelisco, qui semble être tombé d’un avion tellement on n’y croit pas une seconde.
Maintenant que le décor est planté je rentre dans le vif du sujet. 1ère découverte, tout d’abord, le goût, voire la passion ici pour les pétards, fusées, ballons montgolfières et autres gadgets et accessoires qui volent dans le ciel et/ou font du bruit et de la fumée. Il me semble qu’en France on arrête d’y jouer vers les 17 ans (sauf mon ami John qui se reconnaîtra…), mais ici les pères de familles autant que leurs fistons, les filles et les plus grands s’y donnent à coeur joie. Ca donne une cacophonie de pétards dès le matin, puis de fusées éclairantes et feux d’artifices à la nuit tombée, le 24 et le 31 décembre. L’heure de pointe est de 23h à 1h du matin, et là, c’est la folie. On ne s’entend plus, ça résonne dans les manzanas, les pleurs des bébés et jeunes enfants s’échappent des fenêtres… Chez ma belle-soeur, chaque année le chat se cache sous le lit toute la journée et toute la nuit. Il connaît la musique attend que ça passe…pobrecito. Ca commence à s’engueuler aussi, de balcon à balcon, on demande que ça s’arrête, qu’il y a des enfants ici qui ne peuvent pas dormir. Sauf que Gustavo et son fiston sur la terrasse d’à côté, il est au taquet depuis 1 an. Il a fait le plein à Cotto (le supermarché) de tous ces gadgets, des nouvelles fusées volantes « encore plus de bruit encore plus loin »…et que cette année il veut en mettre plein la vue et plein les oreilles à ses voisins… Le bordel bien latino comme je les aime. Il faut le voir et surtout l’entendre pour le croire, à côté nos fêtes sont bien silencieuses en comparaison ! Et bien entendu, dès 1h du mat on entend quelques ambulances et sur la chaîne TV Chronica, on donne les premières infos sur les premiers accidents, premiers blessés, premières mains brûlées de l’année… Inévitable !

Souvenir du nouvel an sur une terrasse d’Almagro…

Ensuite, autre petite anecdote, celle 30 décembre. Le matin en partant travailler je trouvais les rues particulièrement sales, ou plus exactement jonchées de petits papiers blancs, et pensais que les rues n’avaient pas été nettoyées depuis la veille… Erreur, c’est la coutume ici pour les employés de bureau de jeter des milliers de petits papiers par les fenêtres pour fêter la fin de l’année !

Ce qui donnait ça vu de mon bureau :

Enfin, vu sur les plages ce week-end, alors que j’étais sur le point de m’endormir, j’ai entendu un groupe de personnes tout près de moi applaudir, puis les gens derrière, puis devant, puis partout, tous debout les yeux fixés vers le rivage. Plusieurs secondes je me suis demandée pourquoi, impressionnée par un tel spectacle, jusqu’à ce que l’on m’explique que c’était la coutume, un geste solidaire, lorsque des parents perdaient leur enfant sur la plage, où qu’un enfant se manifestait après s’être perdu, de faire passer un message d’alerte pour que les familles se retrouvent. Chaque parent retrouve sa marmaille et scrute si un enfant se trouve seul… Je ne pense pas que ce soit typiquement argentin mais plutôt sud-américain. En tout cas c’est un spectacle assez angoissant quand on connaît pas, qu’on comprend pas, cet applaudissement qui n’en finit pas, assourdissant, qui dure et qui dure, jusqu’à l’heureux dénouement.
Chacun ensuite retrouve sa serviette, son maté, repart se baigner comme si de rien n’était. Il restait juste une boluda émue devant tout ça, encore et toujours plus convaincue qu’ici décidément, certaines choses de passent bizzares, étranges, exemplaires et touchantes.

un exemple de scène trouvée sur youtube

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