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Mundial 2014 – Pensées sur le foot made in Argentina

Destino Buenos Aires

Avec les années on prend l’Argentine pour acquise, on pense qu’on la connaît par coeur et qu’elle ne peut plus nous surprendre… Sauf que  le Mundial ranime les passions, un peu comme une lune de miel à laquelle on ne s’attendait pas.  Et lorsque ces 7 lettres résonnent dans les conversations, c’est l’esprit argentin qui resurgit comme jamais.

L’Argentine n’a pas la meilleure équipe, mais avec le Brésil je pense que c’est celle qui la défend le mieux. Durant ce mois le patriotisme footballistique est injecté en intra-veineuse à tous les argentins, à n’importe quelle heure de la journée : une conversation avec des amis, la presse, les images à la télé, les commentaires à la radio, les pubs faites spécialement pour le Mundial par les grandes marques, des messages, gags et blagues sur internet. Les couleurs du drapeau, omniprésentes, les drapeaux qui flottent aux balcons. Les enfants qui portent déjà le maillot en guise de tee-shirt, 1 mois avant. Football, Mundial, Messi, Di Maria, Lavezzi, Fantino, Iran, Suisse, Brésil, Maradonna, des mots vus, lus, entendus, écoutés et répétés tant de fois, comme si tout le reste n’existait pas. C’est merveilleux, c’est à croire qu’en juin/juillet il n’y a pas eu d’inflation et plus de problème avec les fonds vautour. Nous vivons en ce moment dans un monde blanc et bleu, avec un soleil au milieu.  Tout n’est que football, Quilmes, asados et célébrations. Pendant 4 semaines, tous les 4 ans, tout un peuple est suspendu à un ballon rond. Et il adore ça.

Le football, c’est avant, pendant et après le match. C’est une influence 24h24. C’est les magasins qui ferment 1h avant les matches parce que le business reste moins fort que ce sport. C’est le trafic de voitures qu devient inexistant. C’est les réunions qui sautent, les cours qui s’annulent. C’est un stress latent, des prédictions, des paris, des « Où vas-tu regarder le match ? », « Avec qui ? ». Le lieu et la compagnie, rien n’est laissé au hasard.

Pendant les matches, je souffre à l’unisson, jure, insulte, exulte et hurle en parfaite synchronisation. La passion des argentins pour le foot est très contagieuse. Leur équipe me fait me ronger tous les ongles quand Messi attend la 88ème minute avant de marquer le but contre l’Iran, ou quand Di Maria attend les 3 dernières minutes avant les tirs au but pour marquer contre la Suisse.  Pendant ce temps-là, les chats et les chiens se cachent sous les lits, terrassés de peur par les cris.

Séquence filmée à Buenos Aires lorsque l’équipe d’Argentine marqua contre la Suisse hier.

J’aime leur enthousiasme, leur joie, leurs chansons. J’aime leurs colères, leurs insultes, leur passion. Parce que le football fait ressortir les enfants qui sommeillent en eux, parce qu’ils s’abandonnent complètement, parce que l’équipe représente leur pays, exulte leur fierté, leur honneur. Parce qu’un but marqué leur donne des souvenirs et de la joie pendant 4 ans en attendant le prochain Mundial.

Commentaires du célèbre journaliste sportif argentin Fantino,  lorsque l’équipe d’Argentine marqua contre l’Iran

Commentaires de Fantino,  lorsque l’équipe d’Argentine marqua contre la Suisse

Commentaires de Fantino,  lorsque l’équipe d’Argentine marqua contre la Belgique

Quant aux brésiliens, je les maudis lorsqu’ils affichent les couleurs des équipes adverses à l’Argentine. Ce rapport de force Argentine/Brésil, cette concurrence de deux géants sud-américains et quasi-voisins touche à son paroxysme cette année avec un Mundial côté brésilien. Côté Brésil, la défaite est tout simplement inenvisageable mais si défaite il y a, l’humiliation suprême serait que ce soit les Argentins qui remportent la coupe. Côté argentin, une victoire volée aux brésiliens serait un jour qui deviendrait férié et  jour national ! Que dire des milliers d’argentins qui ont littéralement envahi les villes où se jouaient les matches de l’Argentine et qui ont carrément inventé une chanson « Brazil decime que se siente » pour narguer les brésiliens ?

Le jour d’après les matches, vient le moment du debriefing et des blagues. Comme après la nomination du pape François, la créativité et l’humour argentin envahissent la toile en moins de 24 heures. 996132_524396934357020_5043702493510749293_n 10448829_10203190370912612_1614683485688662816_n 10456054_524397027690344_1860882517589659098_n 10510312_10152345537784219_1515630128_n 10487368_723473481023410_5553406383433204024_n
Le football made in Argentina, ça marche même à distance, depuis la France. Quand les bars argentins réunissent leurs compatriotes et que durant 90mn on se sent comme au pays, sur cette terre du bout du monde.

Séquence filmée au bar argentin « Volver » à Paris lors du match de l’équipe d’Argentine  contre la Suisse hier

En conclusion, je reprendrais simplement les mots d’un chroniqueur de foot qui a écrit aujourd’hui : « Personne ne les aime, personne ne les admire. Leur huitième finale contre la Suisse ne méritait pas qu’on en fasse des favoris à la victoire finale. Mais les Argentins s’en fichent, ils sont déjà champions du monde. Du style. »

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