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Quand un taxi porteño te fait une leçon de rock argentin



Il y a une chanson qui me fait pleurer à tous les coups, « Pacto para vivir », de la Bersuit, un groupe bizzare qui chante en pyjama depuis les années 90 et qui compte comme l’un des plus célèbres groupes de rock argentin.

Un soir de la semaine dernière, en prenant un taxi, je suis tombée sur autre un fan de ce groupe qui m’a donné une belle leçon de rock argentin, avec explication des paroles, commentaires à l’appui et tout et tout.
Encore un bel exemple de ces trajets que j’affectionne tant, et dont j’ai parlé ici et ici, de ces paroles échangées avec des inconnus, quelques instants seulement, sans pudeur.

Buena onda, Eduardo, appelons-le Eduardo, il a eu envie de m’expliquer pourquoi la chanson « Vuelos » c’était sa chanson à lui de la Bersuit, celle qui le faisait pleurer.

Ici il n’y a pas d’heure pour parler de musique et de rock.
Ici rien ne te retient de parler de la chanson qui te fait pleurer.
Ici on n’attend pas de retrouver ses amis pour parler de sentiments.
Les petits charmes de la vie c’est finalement souvent juste le moment présent.

Démonstration en vidéo. Muchas gracias Eduardo.

Toi mon tacho

Ce soir il fallait que je te le dise,
parce que tu es quasi-toujours une bonne surprise.
Avec toi où je me laisse (trans)porter
et regarde la ville sous mes yeux défiler.

J’adore lorsque tu m’autorises à fumer,
et me concèdes ce luxe le temps d’un petit trajet.
Alors je me sens libre et rebelle !
Merci pour cette petite subversion qui rend la vie plus belle.

J’aime lorsque tu m’interromps dans mes pensées
les rares fois où je n’ai pas envie de causer,
et que tu me parles d’amour, de foot, de politique,
comme si j’étais une porteña véridique.

Fidèle compagnon de jour mais surtout de nuit,
infaillible, toujours là pour moi et mes amis.
Royal, je n’ai qu’à lever le petit doigt
et tu apparais au coin de la cuadra.

Tu te prends souvent pour Fangio,
ignores les stops, les feux rouges, les panneaux.
Quand tu es « libre », c’est avec toi que je prends la fuite,
toi mon as de la conduite.

Tu as plusieurs noms d’oiseaux: chofer, taxista, tacho.
Merci pour toute ta gouaille et tes bons mots.
Mon petit luxe, mon petit plaisir dans ma vie à Buenos Aires,
sur ta banquette arrière j’oublie toutes mes misères.