Uruguay

Tout d’abord ce nom, si poétique, que j’adore, Uruguay, un peu comme celui de ma rue à Buenos Aires, Uriburu. Ensuite ce drapeau, qui semble avoir été dessiné par un enfant. C’est un pays qui me laissait rêveuse avant même de le connaître et d’y aller pour la première fois il y a deux ans.

Coincé entre ses deux geants de voisins, l’Argentine et le Brésil, il serait un peu ce que la Belgique est à la France, le « petit » pays d’à coté, celui dont on se moque parfois dans les blagues. Tout plat et tout vert, il me fait penser à une feuille de salade que l’on aurait posée là au bord de l’océan. De Buenos Aires on s’y rend en bateau en quelques heures en traversant la rivière qui sépare les deux pays, le rio de la Plata. Tant que je n’aurai pas de visa de travail, ce sera aussi mon petit voyage trimestriel, un aller-retour d’une journée pour faire tamponner mon passeport et gagner encore 3 mois de touriste en Argentine.

Le contraste venant de Buenos Aires est frappant, ici tout est plus calme et serein, les gens parlent moins fort, sont moins exubérants et semblent avoir pris des leçons de conduite une fois dans leur vie. On passe du peso argentin au peso uruguayen, « boludo » ne ponctue plus les phrases, et on retrouve les mêmes tentations culinaires argentines – auxquelles j’ai soi-disant renoncé pour commencer un hypothétique régime – à savoir les glaces, la milanesa, une viande du tonnerre et la specialité du pays en plus, le chivito, autre plat que ma balance me déconseille.

A la sortie du ferry à Colonia, on a pris un bus pendant 5h pour gagner Punta del Este, LA station balnéaire de l’hémisphère sud où la bourgeoisie d’Argentine, du Brésil et d’un peu partout se rend pendant l’été ici. Le centre de Punta del este est plutôt moche selon mes goûts, un semblant de Costa Brava bétonnée bling bling indécente avec des gratte ciels au bord de la plage, des restaurants chics et des boutiques de luxe, inaccessibles bien sûr pour la majorité du continent, mais la minorité de fortunés suffit apparemment à maintenir ce semblant de St Tropez ou d’Ibiza. Des qu’on sort de la ville, on apercoit des villas de dingue, comme on me peut pas en faire construire en France, ultra modernes, le luxe sauce latino. En tout cas ce qui est sûr, c’est que c’est très fashion de venir ici, d’y avoir un appartement ou une maison, et d’y venir pour les fêtes de fin d’année. Et ce qui est sûr selon moi, c’est que d’y passer deux heures suffit amplement, l’Uruguay a beaucoup mieux à offrir, Cabo Polonio, parait-il. Ce sera pour la prochaine fois.

Nous, notre destination finale était tout près de là, à Manantiales, dans cette auberge de jeunesse qui m’avait tant plue il y a deux ans, une maison blanche entre des pins et des villas à 500 m de la plage, au calme, sans bar ni restaurant à l’horizon, juste une épicerie pour faire ses courses. Avec Christina on a retrouvé cette ambiance « dortoir international » qui nous plait toujours autant. Peut-etre n’a-t-on pas eu notre dose de colonies de vacances dans notre enfance, étions-nous faites pour etre en pension, en tout cas je ne m’en lasse pas et je ne connais pas de meilleur endroit pour rencontrer d autres personnes. Quand j’y pense, les amis que j’ai ici à Buenos Aires sont casi tous des argentins voyageurs sac à dos rencontrés pendant mon premier voyage en america latina, dans des auberges de jeunesse et des bus, comme quoi…


Je termine sur le meilleur de ces quelques jours, j ai pu revenir et faire decouvrir a Chris et Flavie Casa Pueblo, la maison et musée du peintre uruguayen Carlos Paez Vilaró, un copain de Picasso. Un bijou que je pourrai revoir encore 10 fois, voyez par vous-memes…

A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2014: convaincre un éditeur ❤

4 commentaires pour “Uruguay

  1. Hé bééééééééé.. t’as pas attendu longtemps pour prendre des couleurs, toi ! Assurément, les mois de février argentin et français n’ont pas la même teneur météorologique !!!
    Bisous.

  2. une feuille de salade que l’on aurait posée là au bord de l’océan…

    C’est aérien…bonito comme tout.

    Bienvenida en extrême occident, alors.

    Je prends le pari avec toi, devant l’Histoire (la grande comme la petite), che, que tu ne resteras pas que 6 mois en ces terres.

    Bonne route à toi.

    Patxi, ex tavernier de la Place des Carmes

  3. Bienvenue par ici ! Pour information, le chivito, tellement bon, savoureux, et dangereux pour les pantalons serrés, se trouve aussi dans la région de Mendoza, où d’ailleurs le mois dernier il a eu droit à sa fête nationale ! 1001 cabris grillés à la croix ! Profites donc, et le maté compensera !

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