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A propos de Fanny

Poulette du Gers 100% coeur de canard. Expatriée en Argentine depuis 2009. Je livre mes anecdotes sur cette capitale du bout du monde, mes pensées sur la vie à l'étranger et quelques récits de voyages en Amérique du sud sur le blog Destino Buenos Aires. Challenge 2019: convaincre un éditeur

Me encanto !

Un jour une copine t’envoie un message pour te dire que tu apparais dans une vidéo réalisée par la Mairie de Buenos Aires en 2012 sur leur festival de Tango.

– option nº1 : Tu es la reine de la milonga, et tu danses tellement bien le tango que tu t’es fait filmer > impossible
– option nº2 : Ta copine prend des substances étranges > option écartée, elle ne boit que du maté
– option nº3 : Tu as un sosie dans la ville > Why not ?

 En fait non, c’est bien toi, sortant d’un spectacle dont tu ne te souviens même plus et tu deviens célèbre en seulement 2 mots « me encanto », à la 1mn15

Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES

Voilà une petite vidéo prise hier dans un taxi. 
Quand j’ai compris à qui j’avais affaire, j’ai pas pu résister et j’ai sorti mon téléphone pour filmer ça. 
Franchement, il y a une autre ville au monde où on se marre autant dans les taxis ?

Los argentinos somos IN-CO-RRE-GI-BLES me dijo ayer un taxista. 

Y lo filme. A los que me preguntan porque me gusta Buenos Aires, les contesto que me quede por culpa de este tipo de personajes y por esos momentos de buena onda unicos


Buenos Aires à vélo c’est rigolo, preuve en photos et vidéos

 

Je dois confesser qu’il y a un moment dans le mois qui me fait complètement régresser mentalement, c’est régulier, ça tombe toujours au même moment, le premier dimanche de chaque mois. Je redeviens alors comme une gosse de 6 ans qu’on emmène pour la première fois à Disney (démonstration en vidéo tout en bas, avec en cadeau mon rire discret). Ce moment bien précis correspond à la masa critica, version argentine que ce que l’on appelle masse critique en français ou Vélorution, c’est à dire ce regroupement de cyclistes qui se retrouvent pour le plaisir de pédaler ensemble pendant quelques heures dans la ville. Ces regroupements existent d’ailleurs dans toutes de nombreuses capitales de par le monde et, ce n’est pas un hasard, ce mouvement est né dans les années 90 à San Francisco.

A Buenos Aires le cérémonial est toujours le même. On se retrouve à l’Obelisco, j’ai entendu dire que nous sommes environ 2000, en fait je n’en sais rien, mais on est nombreux, très nombreux. Il existe aussi des Masa Critica nocturnes, une fois par mois, à la pleine lune.

Voici donc l’Obelisco de jour et de nuit

Les masa critica, de jour comme de nuit, font environ 40 km et durent 4 heures, donc de 17h30 à 21h30 le 1er dimanche de chaque mois ou de 22h30 à 02h30 du matin une fois par mois pour les masa nocturnes.

Départ et retour à l’Obelisco mais bien sûr on peut la quitter quand on veut.
Renseignements sur https://www.facebook.com/groups/masacriticabuenosaires/?fref=ts

Se croisent tous les profils, un peu hippies avec des fleurs sur les vélos, des fumeurs d’herbe qui s’en fument un dernier avant l’effort, certains vendant des « brownies feliz », comprendre des brownies qui rendent heureux grâce à des substances magiques, ou autres sandwichs et gâteaux fait maison. On voit des cyclistes qui ont des vélos de compétition, limite tunnés, et qui doivent coûter mon salaire mensuel. Certains mecs se la jouent pro, jambes rasées de près, mollets affutés et casques aérodynamiques. Et puis la majorité sont des cyclistes du dimanche, comme moi. Avant de partir ça boit de l’eau, de la bière, du coca-fernet, au choix. Puis au bout d’une heure, le son des klaxons de vélo commence à se faire entendre, on s’impatiente, puis finalement on se met en marche, tous ensemble. Le trajet est décidé sur le moment par une petite équipe de meneurs qui sont tout devant. Alors la meute que nous formons s’avance et s’engouffre dans les rues de Buenos Aires, sans s’arrêter, en les suivant.

La dernière masa critica nocturne fut vendredi soir dernier pour la Saint Valentin. Muy romantico !

En video de départ de l’Obelisco, nous occupons toute l’avenue de la 9 de Julio,  la plus grande artère de la ville.

La rue est à nous !  
 
 Tout est dans le style
 Voir le panneau de la rue JD Peron, avec Eva Peron dessinée sur l’immeuble blanc en fond
Une autre équipe s’occupe de couper les rues perpendiculaires pour que nous passions sans danger. Bien évidemment nous coupons le trafic quelques minutes, le temps que toute la meute passe. Une organisation parfaite qui nous permet de profiter des rues de Buenos Aires sans voiture, sans bruit.
Une sensation de liberté, une occasion  de profiter de la ville librement et une douce revanche sur les voitures: pour une fois ce sont elles qui doivent nous laisser passer et attendre et pas l’inverse. En plus Buenos Aires est tout plate donc c’est idéal à vélo.
On croise la route de quelques personnages un peu loufoques et originaux. On voit ceux qui pédalent avec le maillot de leur équipe de foot, puisque c’est aussi une occasion de parader dans la ville et de promouvoir son club et puis ça déchaîne des commentaires des passants qui supportent le même club.

 

Supporters du club San LorenzoD’autres se déguisent, mettent des perruques.
Photo de Giancarlo León PHIl y en a un qui est immanquablement en costard cravate.

D’autres d’un troisième genre se joignent à nous, des rollers, pas trop car beaucoup de rues sont pavées et c’est pas idéal, mais aussi des skateurs.

Photo de Giancarlo León PH

San Valentin oblige, vendredi dernier un gros coeur rouge faisait partie de la troupe
 

Photo de Alejandro C. Bermejo

Un ange blond était sur un mini-vélo traîné par un autre vélo

 

Enfin, pour le plaisir de tous, certains amènent à l’arrière de leur vélo une énorme radio qui nous permet de faire la masa critica en musique, ce qui, entre les cris, les klaxons de vélo et la musique fait que l’on se fait légèrement remarquer, c’est aussi un peu le but. La majorité des porteños ignore l’existence de cette manifestation et les passants et la badauds nous regardent passer sans trop y croire. On se fait photoghraphier et filmer avec les téléphones, c’est notre quart d’heure de gloire.

Pendant ces 4 heures, on pédale, on transpire bien sûr, on discute avec d’autres cyclistes, on regarde ceux qui sont déguisés et on se convainc qu’à la prochaine masa on osera sortir la perruque platine qui croupit dans le placard. On voit quelques chutes, on boit beaucoup d’eau, on prend des photos, on filme, en essayant de ne pas tomber accessoirement. Vendredi j’ai innové, j’ai réussi à faire une halte en route dans une heladeria (magasin de glace) et repartir sur mon vélo avec mon pot de glace, le but étant de la manger tout en pédalant. Je tenais d’une main mon guidon et de l’autre ma petite cuillère qui cherchait le pot que mon ami me tendait en l’air. Un peu périlleux mais on y est arrivé. Et surtout on a fait des envieux. Bici + helado = un buen combo !

Pour conclure cet hommage à la masa critica, vidéo souvenir du 2 février, un moment où nous étions arrêtés, ça arrive quand la masa s’est trop étendue et l’on attend alors quelques minutes que tous les cyclistes se regroupent. Ce jour-là, il faisait très chaud, c’est le coeur de l’été ici. On avait de chaque côté des immeubles et une bonne dizaine de personnes qui nous regardaient depuis leurs balcons. Certains cyclistes ont commencé à leur crier de nous asperger d’eau. On entend « Agua, agua » et même « cerveza ». De l’eau ou de la bière donc. Les voisins ont mis quelques secondes à comprendre puis ils se sont exécutés. Moi je regardais et filmais la scène, incrédule, jusqu’à que les premières trombes d’eau s’abattent sur nous. Un moment jamais vécu encore et une crise de rire irrépressible. 

Pour ceux qui en douteraient encore, on s’amuse bien en vélo àBuenos Aires !

Quand un taxi porteño te fait une leçon de rock argentin



Il y a une chanson qui me fait pleurer à tous les coups, « Pacto para vivir », de la Bersuit, un groupe bizzare qui chante en pyjama depuis les années 90 et qui compte comme l’un des plus célèbres groupes de rock argentin.

Un soir de la semaine dernière, en prenant un taxi, je suis tombée sur autre un fan de ce groupe qui m’a donné une belle leçon de rock argentin, avec explication des paroles, commentaires à l’appui et tout et tout.
Encore un bel exemple de ces trajets que j’affectionne tant, et dont j’ai parlé ici et ici, de ces paroles échangées avec des inconnus, quelques instants seulement, sans pudeur.

Buena onda, Eduardo, appelons-le Eduardo, il a eu envie de m’expliquer pourquoi la chanson « Vuelos » c’était sa chanson à lui de la Bersuit, celle qui le faisait pleurer.

Ici il n’y a pas d’heure pour parler de musique et de rock.
Ici rien ne te retient de parler de la chanson qui te fait pleurer.
Ici on n’attend pas de retrouver ses amis pour parler de sentiments.
Les petits charmes de la vie c’est finalement souvent juste le moment présent.

Démonstration en vidéo. Muchas gracias Eduardo.

Quand Buenos Aires t’embobine

Buenos Aires est une menteuse. Elle se la joue française, aves ses noms français, son architecture parisienne, son « je ne sais quoi » européen. Que nenni. C’est une latine qui t’embobine.
Certaines pâtisseries ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles de chez nous, elles en ont l’apparence, la texture, la couleur mais pas le goût. Je le savais déjà, mais hier, ma gourmandise étant trop forte, je ne suis laissée séduire par la panaderia/confiteria « la Burdelesa » (la Bordelaise donc). Elle m’a bien eue. La prochaine fois, j’irai chez la seule, chez la vraie, chez Cocu.
En rentrant chez moi j’ai regardé la vue depuis la fenêtre de ma cuisine. Je me suis dit que j’étais bien naïve. Buenos Aires sera toujours Buenos Aires, même sous ses faux airs.

Quand la presse en parle… ou séquence d’auto-promo assumée

Quand on parle du blog, de Buenos Aires et de l’Argentine dans la presse, me gusta me gusta me gusta !

La Dépêche du Midi édition Gers le 24 janvier 2014
http://www.ladepeche.fr/article/2014/01/24/1801775-fanny-la-gersoise-blogue-en-argentine.html

L’Express Styles le 3 février 2014
http://blogs.lexpress.fr/styles/top-blogs-styles/2014/02/03/destino-buenos-aires-les-deux-facettes-de-lexpatriation/